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26/01/2018

Mademoiselle Julie de Strindberg

 

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THEATRE de POCHE

 

75 boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

LOC.01 45 44 50 21

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Du mardi au samedi à 21h

 

Dimanche à 15h

 

 

jusqu'au : 18 MARS 2018

 

 

Traduction et mise en scène de NILS OHLUND

 

avec : Jessica VEDEL ( Julie ) - Caroline PECHENY ( Kristin ) - Fred CACHEUX ou Nils OHLUND ( Jean, en alternance )

 

 

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Au moment où des écarts abyssaux se creusent en cette société mondialisée, où gagnants et perdants n'ont jamais été aussi visibles ( depuis la chute de l'Ancien Régime, bien sûr … ) où l'on essaie de donner le change ( en théorie ) concernant l'égalité des sexes, décider de jouer ce texte de Strindberg tombait à point nommé.

Mademoiselle Julie, cette moderne amazone, cette jeune femme dominatrice mais en réalité vulnérable et fragile est ici confrontée à cette synthèse de Rastignac et Ruy-Blas ( Jean ) qui, à force de cirer quotidiennement les bottes du comte nourrit le mépris de sa caste ainsi qu'une admirative attirance teintée de haine pour la classe dominante.

L'action se déroule au moment du solstice d'Eté période correspondant au " soleil de minuit " dans les pays nordiques où les hivers sont longs, très longs et où le retour à la lumière déclenche une fête célébrée par tous quelque soit le milieu social car la joie est alors unanime.

Il est notoire que Jean est lié à Kristin, la cuisinière ( du reste, ils vont à l'église ensemble ) tandis que Mademoiselle Julie vient de rompre brutalement avec son fiancé. Or voilà qu'en toute liberté, la fille du comte invite le valet à danser.

Certes, l'homme restera respectueux le plus longtemps possible mais Mademoiselle Julie a décidé de s'amuser et en pareille circonstance, rien ni personne ne lui résiste. C'est ainsi que danse et alcool aidant, il adviendra ce qui devait arriver …

Tout en écrivant cette pièce moderne ( à l'époque ) pour ne pas dire subversive, August Strindberg a rigoureusement respecté la règle des trois unités. Toute l'action se déroule en cette lumineuse nuit et dans la cuisine où Kristin officie habituellement.

Là, les projets les plus fous verront le jour et l'irréparable sera commis.

La scénographie réalisée par Lauriane Scimeni est volontairement austère.  L'espace scénique est principalement occupé par cette longue table rectangulaire à laquelle Jean et Julie prendront place, face à face en une symbolique distance laquelle sera de courte durée, le rapprochement de ces deux êtres s'avérant aussi inéluctable qu'explosif !

Symboliquement, là aussi, l'utilisation de la troisième personne s'intercalera dans le langage qu'il s'agisse de Kristin s'adressant à Jean qui est pourtant son égal et de façon intermittente et nettement condescendante quand Mademoiselle Julie a l'intention de rappeler la différence qui existe entre elle et l'employé de son père.

 

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( Photos : André MULLER )

 



Je ne vais certes pas vous raconter l'histoire qui est du reste connue de beaucoup mais sachez que l'interprétation et la mise en scène de Nils Ohlund ont sur le public un impact inégalé.

Jessica Vedel est une Mademoiselle Julie tout à la fois insolite avec ses cheveux bruns et d'une puissance d'expression qui nous rive à son jeu de façon incroyable !

Sans aucun artifice, Carolina Pécheny investit le personnage de Kristin alliant le sens moral à l'assujettissement de sa fonction.

Cette " tragédie naturaliste " comme la définissait son auteur, n'a jamais été mieux servie qu'ici et l'enthousiasme des applaudissements est parfaitement justifié.

Longue vie à cette Mademoiselle Julie !


Simone Alexandre

 

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http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

14:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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