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15/01/2018

Les Reines de Normand Chaurette

Sophie-Daull.jpg

 

 

MANUFACTURE DES OEILLETS

 

Théâtre des Quartiers d'IVRY

 

1, Place Pierre Gosnat

 

94 IVRY-sur-SEINE

 

 

(M° Mairie d'Ivry)

 

 

LOC. 01 43 90 11 11

 

 

http://www.theatre-quartiers-ivry.com/

 

mercredi, vendredi, lundi à 20h

jeudi à 19h

samedi à 18h

dimanche à 16h

 

du 12 au 29 JANVIER 2018

 

CREATION -

 

Texte éditions Léméac / Actes Sud-Papiers

 

Mise en scène : Elisabeth CHAILLOUX

 

 

avec,

Bénédicte CHOISNET ( Anne Baxter ) 

Sophie DAULT ( la duchesse d'York ) 

Pauline HURUGUEN ( Isabelle Warwick ) 

Anne LE GUERNEC ( la reine Elisabeth ) 

Marion MALENFANT ( Anne Warwick ) 

Laurence ROY ( la reine Marguerite )

 

Durée : 1h45 -

 

patins-à-roulettes.jpg

 

 

Profondément plongé dans les traductions de Shakespeare, Normand Chaurette a puisé dans Richard III l'idée de cette uchronie mettant en scène uniquement les femmes, mères, épouses et soeurs de rois ou futurs rois d'Angleterre.

L'action se déroule à Londres en 1483 lors d'une tempête de neige qui ressemble à une fin du monde. Dans le même temps Edouard IV agonise et les intrigues de cour et autres rivalités vont bon train, chacune de ces femmes haïssant farouchement les autres car ayant toutes le même objectif qui est de conserver le pouvoir ou d'y accéder ne fût-ce que quelques secondes ! ...

Cette fiction qui puise ses racines dans la Guerre des Deux Roses et oppose bien évidemment le clan des York à celui des Lancastre fait ici cohabiter quelques personnages morts depuis quelques années ( l'existence d'Isabelle Warwick prit fin en 1477 et c'est le fantôme d'Anne Baxter qui apparaît et dialogue avec la duchesse d'York puisque la duchesse d'Exeter n'est plus depuis 1476)

La psychologie de ces femmes qui ne seraient rien en dehors du statut d'épouse - à une exception près - celle de Cécile Neville femme de Richard Plantagenet, pratiquement centenaire laquelle a donné naissance à de nombreux enfants dont Edouard IV et le futur Richard III ne doivent le pouvoir qu'aux hommes dont on parle beaucoup mais que l'on ne voit jamais. Nous entendrons juste le pas claudiquant de Richard qui résonne ponctuellement comme une sourde menace.

 

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( photos : Nabil Boutros )

 



Elisabeth Woodville qui est sur le point de perdre son roi et ses deux enfants mâles hystérise à juste titre la situation. 

La reine Marguerite qui n'est plus rien ayant perdu son époux et son fils, après un premier exil est revenue en Angleterre et ne pense qu'à repartir mais ne peut s'y résoudre.

Laurence Rey joue ce personnage de façon altière et sa confrontation avec la duchesse d'York interprétée magistralement par Sophie Daull constitue le meilleur moment de la pièce, chacune mesurant sa puissance d'expression au contact de l'autre.

Quelques anachronismes bien sûr ( comment y échapper ? ) avec l'utilisation de patins à roulettes ( ! ) inspirée par cet immense couloir qu'est devenu l'espace scénique où les spectateurs sont face à face, l'incroyable transport des enfants nouveaux nés tels des foetus en des bocaux de laboratoire, lesquels n'échapperont pas à la cruauté de Richard et des costumes intemporels soit blancs soit noirs, lesquels se veulent symboliques du sort qui a frappé.

La mise en scène d'Elisabeth Chailloux reste schématique mais le texte est percutant au possible et en dit long sur la férocité des moeurs de l'époque où de façon dérisoire, les préoccupations commerciales s'inscrivaient en filigrane dans la recherche de suprématie.




Simone Alexandre

 

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11:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent