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04/12/2017

POPECK : Même pas mort !

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L'ARCHIPEL

 

17, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

Loc. 01 73 54 79 79

 

Pl. de 24 à 29€

 

https://www.larchipel.net/

 

les Vendredi à 19h

 

& Samedi à 17h

 

de et par : POPECK

 

Durée : 1h15

 

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( photo : Pascal ITO )

 



Avant que le mot de stand up, c’est-à-dire le spectacle du comique de scène durant lequel un homme (ou une femme), seul, face au public, raconte des histoires plus ou moins vraies, ou des moments de sa vie, soit inventé, et popularisé jusqu’à la nausée, Popeck le pratiquait.


Certainement  pas  pareil à M. Jourdain qui ignorait la forme grammaticale de son expression, Popeck savait très bien ce qu’il faisait, et le faisait bien. Il est toujours aussi bon.

Petit personnage juif grincheux, un peu agressif, vaguement misogyne, jamais dupe et franchement roublard, plein d’esprit, Popeck est de nouveau sur scène et, disons-le , c’est une vraie joie de le retrouver, toujours alerte, toujours vif, pour répondre au titre de son nouveau spectacle « Même pas mort ! » qui a le double mérite d’être punchy et provocateur.

Dans la grande tradition du genre, qui ne se perd pas, parce qu’elle est globalement déjà perdue, et il suffit pour s’en convaincre d’assister à ce que certains nomment une performance et qui n’est que l’affligeant spectacle d’une médiocrité que l’inculture domine, ramenant à l’humour de la cour de récréation de l’école maternelle, Popeck dessine à petits coups de pinceau, à petites touches verbales parfois cyniques, parfois tendres un monde particulier.

Naturellement nous ne pouvons éviter un petit tour du côté du schmattès, et n’aurions-nous aucune allusion au monde de la friperie de la part de Popeck, que nous ressentirions une sorte de frustration.

L’humour très particulier de ce petit personnage éternellement vieux et vieux pour l’éternité a cela de particulier qu’il est un humour du quotidien, mais pas à la façon des chansonniers anciens ( Maurice Horgues, Jean Amadou ou Jacques Maillot, le malheureux, démodé depuis ses débuts et qui semble continuer de l’ignorer ). Il puise dans la vie courante des formules piquantes et relève les contradictions ou les jeux de mots inattendus, et nous regarde sans qu’un trait de son visage trahisse quoi que ce soit de ses émotions. Il a ce côté vaguement Buster Keaton qui lui confère une aura particulière.

 

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( photo : Rod-Morris )

 



Bien sûr il force le trait de l’humour yiddish - et Laurent Spielvogel, dans son spectacle « Les Bijoux de famille » n’est pas loin de l’égaler sur ce terrain -  mais n’est-ce pas un peu, et même surtout, pour cela que nous allons l’entendre, parce que ce sera fin, intelligent,  sans agressivité et tout en légitimité ?

Popeck nous livre là un seul en scène très émouvant, très drôle aussi, ne boudons pas ce plaisir !, où il est souvent question de son père, de la dureté des temps anciens, de la vie néanmoins si forte qui continue et qui va.


Ce n’est pas sans une certaine nostalgie qu’il convient d’aller applaudir ce charmant Monsieur un peu suranné, qui mêle des textes anciens à d’autres plus récents, qui sourit parfois emporté par l’élan et qui  prouve vraiment  qu’il n’est même pas mort.

Et c’est tant mieux.


© Frédéric Arnoux

10:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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