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27/11/2017

Psy 2 cause (s) de Josiane PINSON

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L' ARCHIPEL

 

17, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

Loc. 01 73 54 79 79

 

Pl. 27€ - T.R. 20€

 

https://www.larchipel.net/

 

Metteur en scène : Gil GALLIOT

 

Auteur-interprète : Josiane PINSON

 

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( photo : Aïda DIAGNE )

 

On peut toujours jouer sur le titre et se dire que Psy 2

Cause (s) n’est pas sans annoncer que nous aurons affaire à des problèmes avec la mère, cela se vérifiera, mais le rapprochement avec Norman Bates s’arrête là.


Dans sa nouvelle mouture, Josiane Pinson nous donne à voir une flopée de personnages plus ou moins « almodovariens » ( et le suffixe de cet adjectif inventé nous ravit ! ), tous peu ou prou au bord de la crise, de nerfs, de la quarantaine, de la vieillesse, de la post adolescence… Ce n’est parfois pas exempt de certaines longueurs mais mettons qu’elles soient voulues.

Ce spectacle écrit par une femme, interprété par une femme ( la même ! ), pour une femme, s’adresse aux femmes, et il est difficile pour un homme de s’y retrouver, comme de se retrouver. Les hommes ont un rôle pas très sympathique, coincés entre la veulerie, la lâcheté parfois, l’intérêt souvent, la lubricité, l’inconséquence, qui est l’autre nom,  pénalisant, pour la légèreté.

On peut y entendre un spectacle d’humour, et certains traits font sourire, mais sur le fond, c’est surtout une représentation de la dérive d’une femme plus très jeune, pour qui tout fait question, tout pose problème, et qui, en dépit du niveau que sa profession est censé lui conférer, est totalement larguée dans la vie, comme un naufragé sur sa planche , qui n’est pas même de salut.

On pourra trouver dans ses espoirs des accents à la Yvette Guilbert , croyant avoir trouvé en Raoul l’homme de sa vie et qui subit de nouveau, un « Quand on vous aime comme ça » très pathétique. En gros, rien jamais ne va, et rien ne peut aller.

Ce faux monologue, car en écho, en bande son, nous sommes avec les autres personnages ou avec la pensée de la comédienne est davantage anxiogène que réellement amusant.


Le monde dépeint est un monde de petites personnes qui sont souvent de petites gens, et la situation sociale ne change rien à cette approche, pleines qu’elles sont de contradictions, pleines de certitudes, pleines d’espoir et de crainte face au temps qui passe, et ces femmes, car ce sont surtout des femmes, renvoient une image atrocement inquiétante.

Louis XIV avait surnommé Madame de Maintenon « Votre Solidité » ; ces femmes pourraient être  appelées « vos fragilités » tant elles semblent toutes être au bord du désarroi, proches de l’abandon, par les autres et d’elles-mêmes, toujours dans l’attente de ce à quoi on leur a fait croire, enfant : l’arrivée d’un prince Charmant et une vie comme une promenade en barque, au soleil sur un lac immobile.

C’est en cela qu’elles ne peuvent qu’être déçues, et amères, et rechercher dans les plaisirs pour les uns, la futilité pour d’autres, ou le déni de tout, ou l’inconséquence pure et simple un remède qui permette de patienter en attendant la fin.

Ce n’est pas à proprement parler un spectacle d’humour que Gil Galliot met en scène, mais davantage un spectacle d’humeurs, que l’on pourrait, comme il y a quelques siècles affubler de qualificatifs divers pour  faire ressortir le caractère caché des maladies, et malaises,  qu’elles révèlent.

C’est au théâtre de l’Archipel, le mercredi à 21 heures et le samedi à 17h.




© Frédéric Arnoux

 

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11:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/11/2017

Une femme extraordinaire d'Arthur VERNON

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A LA FOLIE THEATRE

 

6, rue de la Folie Méricourt

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Saint-Ambroise)

 

LOC. 01 43 55 14 80

 

Pl. 22€ - T.R. 17€

 

http://www.folietheatre.com/

 

les jeudi, vendredi, samedi à 21h30

 

 

jusqu'au : 27 JANVIER 2018

 

 

Texte et mise en scène : Arthur VERNON

 

avec : Anna STERN et Daniel HEDERICH

 

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Les français étaient jadis volontiers libertins voire licencieux et de surcroit, fiers de l'être or il semble bien qu'un vent de puritanisme venu d'outre-Atlantique remette en cause depuis quelque temps cet état d'esprit.

Ceux que l'on nommaient jadis avec complaisance " des hommes à femmes " ont bien du souci à se faire, les proverbiales

" gauloiseries " n'étant plus de mise, la notion de harcèlement faisant une entrée fracassante auprès de celles qui vont grossir la meute des " chiennes de garde " envahissant les réseaux sociaux.

En raisonnant comme elles " le bon roi Henri " alias " Le vert galant " devient un vulgaire porc ( aillé de surcroît ! ) et Sacha Guitry un méprisable et médisant collectionneur de femmes.

Or pourquoi ces dernières seraient elles les seules victimes ?



Le sexe dit fort avoue rarement s'être laissé piéger par une Messaline ayant des objectifs qu'elle n'hésitera plus désormais à renier pour se plaindre une fois la victoire acquise et si le marchandage dénoncé manque de noblesse son utilisation n'en est pas moins méprisable.

 

Le libre arbitre n'existerait-il plus ?

Comme chacun sait, la passion est aveugle  et beaucoup

( homme ou femme ) se laissent prendre à ce petit jeu au moins une fois dans leur vie ( sinon plus ) a fortiori, quand la ruse s'immisce dans les relations.

 

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Par conséquent et vu le climat de délation ( n'ayons pas peur des mots ) qui règne actuellement, Arthur Vernon en digne héritier de Choderlos de Laclos a fort bien fait d'écrire cette pièce érotique ( porno diront certains ) afin d'analyser la psychologie d'un homme pris au piège de cet amour physique mais pas seulement.

- Ah !  " les égarements du coeur ( ? ) et de l'esprit " ...

 
Certes, je ne vous conseillerai pas d'assister à ce spectacle en famille mais que celui ou celle qui ne s'est encore jamais fait prendre à ce petit jeu, leur jette la première pierre !

Il est vrai que nous ne sommes pas habitués à ce mode d'expression au théâtre, réservé jusqu'alors au cinéma avec plus ou moins de bonheur …

Pourtant le schéma est classique, une jeune et belle femme - superbe même - a décidé de se rendre irrésistible afin d'en profiter. Pour cela, elle ne reculera devant rien. Les outils fournis par internet permettent toutes les supercheries et elle va en user et abuser afin de tisser sa toile en direction de ses victimes et de celle-ci en particulier. Comme la dame est mythomane, l'action ne manquera pas de rebondissements !

Je ne vais certes pas entrer dans les détails … non parce que le sujet est sulfureux mais tout simplement parce que m'étant demandé de bout en bout comment tout cela allait finir je ne voudrais pas vous priver du suspens dont j'ai bénéficié.

( cathos coincés s'abstenir.)

 

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( photo : Olivier PARENT )



Daniel Hederich s'implique complètement dans ce rôle d'homme victime d'une trop grande attraction pour cette femme belle à damner un Saint mais dont le manque de scrupules lui tient lieu de moteur pour mettre à exécution ses plans.

Ce personnage féminin interprété par Anne Stern est mis en valeur par son expérience de danseuse et chanteuse ce qui tombe bien puisque la supercherie utilisera le chant pour ajouter un prétexte supplémentaire à la démarche ...

Le soir où j'ai assisté au spectacle, nos deux équilibristes avaient un peu trop tendance à accélérer le rythme au préjudice de la diction mais il faut bien reconnaitre que ce qu'ils font là n'est pas facile et je ne doute pas qu'ils trouvent leur vitesse de croisière très rapidement.

En tout cas, l'esthétisme général est bien au rendez-vous d'autant que vu l'énergie déployée, l'homme ne tardera pas à perdre ses imperceptibles poignées d'amour …
Les spectateurs quant à eux risquent juste de se sentir un peu voyeurs mais au théâtre c'est permis, non ? Aussi foin d'hypocrisie, n'allez pas bouder votre plaisir !




Simone Alexandre

 

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11:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/11/2017

LES MONSTRUEUSES de Leïla ANIS

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Maison des Métallos

 

94, rue Jean-Pierre Timbaud

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Couronnes ou Parmentier

 

Loc. 01 47 00 25 20

 

Tarifs : de 5 à 15€

 

(Etablissement culturel de la Ville de Paris)

 

 

http://www.maisondesmetallos.paris/

 

Du 21 NOVEMBRE au 2 DECEMBRE 2017

 

 

mardi, mercredi, vendredi à 20h

sauf vendredi 24 novembre à 14h

jeudi et samedi à 19h

dimanche à 15h

 

Durée : 1h10

 

Texte et interprétation : Leïla ANIS

(Lansman Editeur)

 

Mise en scène et interprétation : Karim HAMMICHE

 

 

Dans le cadre du focus " Femmes ! "

 

 

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Leila Anis, auteur et comédienne incarne Ella, jeune femme de 30 ans, pour qui l'annonce de sa proche maternité va créer un choc émotionnel qui l'amènera à évoquer cette double lignée de femmes dont elle est issue.

C'est certes, une lapalissade que de rappeler que nous sommes tous les descendants d'une double chaîne qui s'est perpétuée au fil des temps laquelle a peut-être créé une mémoire génétique, prônée par certains, décriée par d'autres …

Ici, il est permis de supposer que la mémoire d'Ella est composée de témoignages recueillis, grappillés ça et là, parfois en confidence car les familles ont toujours été jalouses de leurs secrets.

Seule en scène - en dehors des interventions ponctuelles de Karim Hammiche, metteur en scène et interprète du rôle du médecin, cette jeune femme apparemment fragile puisera sa force dans l'évocation de ses ancêtres féminines ainsi que des épreuves qu'elles ont dû obligatoirement traverser.

 

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( photos : Pierre FRANCOIS )

 



Chaque peuple possède une mythologie qui lui est propre.
 
Ici la Majnouna, cette femme folle qui fend l'air en coupant la nuit en deux, flairant l'odeur de l'enfant à peine sorti du ventre de sa mère, prête à bondir comme une hyène monstrueuse a hanté les mémoires du Yémen au fil des générations.

En apprenant la concrétisation de ce qu'elle espérait tout en le redoutant mais n'est-ce pas là le sort commun à toute femme ? Ella fut victime d'un malaise, d'une perte de conscience qui la fera échoir en cet hôpital où pendant plusieurs jours elle plongera en un délire évocateur.

Elle se confondra alors avec ces femmes des deux lignées qui tout au long du 20ème siècle l'ont précédée tandis que le médecin, complètement dépassé la croira prise de démence. Quand elle émergera de cette plongée en ses origines, sa combativité prouvera qu'elle est bien la jeune femme en parfaite symbiose avec son époque.

Ce superbe texte vient à point nommé nous rappeler que nous ne devons jamais oublier nos racines en ce siècle où les repères ont quelque peu tendance à disparaître. Ce spectacle est tout à la fois sobre et puissant, émouvant aussi et programmé à la Maison des Métallos jusqu'au 2 décembre.

Par conséquent, faites vite car vous regretteriez sans nul doute de ne pas l'avoir vu.




Simone Alexandre

 

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17:14 Publié dans THEATRE | Lien permanent