Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/11/2017

L'Art de Suzanne Brut de Mickael Stampe

 

Suzanne-B.debout.jpg

 

 

 

THEATRE des DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Du mardi au samedi à 19h30

 

 

Du 31 OCTOBRE au 23 DECEMBRE 2017

 

 

Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon

 

 

avec Marie-Christine Danède

 

 

Suzanne-pensive.jpg

 

 

Il existe parfois chez certains peintres, un point de non retour quand l'évidence ( et la lucidité surtout ) leur permet de reconnaître qu'ils ne créeront rien et que leur Art n'est que la pâle copie de ce qui fut fait par ceux qui les précédèrent.

A contrario et par pulsion instinctive, Suzanne demande à la peinture de remplacer la parole qu'elle a perdue suite à un drame lourdement traumatisant.

Cet être simple fait donc feu de tout bois ( support choisi ) pour créer des visages sans nez et sans bouche mais dotés d'immenses yeux verts car c'est là son mode d'expression.

Elle est désormais servante dans un couvent situé en Dordogne, l'action se déroulant durant l'occupation allemande et quand elle ne vaque pas à ses occupations ou n'erre pas dans la nuit noire, cette femme s'enferme dans sa cellule pour peindre ...

Les soeurs ne sont pas tendres avec cette pensionnaire dont elles redoutent peut-être la sourde animosité ? … Car Suzanne est capable du meilleur comme du pire, son passé l'a prouvé.

 

 

Suzanne-Brut-1.jpg

( photos : Pierre François )



Le reste du temps et comme son esprit est un peu dérangé, notre héroïne devise mentalement bien sûr mais nous aurons le privilège de l'entendre s'entretenant avec Jeanne ( qui n'est pas unique à percevoir des voix ) ainsi qu'avec la Vierge Marie.
Les religieuses auraient mauvaise grâce à critiquer cette lubie, elles qui font de même dans le huis-clos de leur cellule respective !

Marie-Christine Danède se tient debout sur une sorte de piédestal évoquant une énorme pierre sur laquelle est posé un prie-Dieu qu'elle utilisera parfois comme une vulgaire chaise.
De superbes projections viendront ponctuellement illustrer le curieux édifice sur lequel elle est juchée.

Certains ne manqueront pas d'évoquer Séraphine, rôle joué par Yolande Moreau dans le film de Martin Provost et la comparaison n'est certes pas injurieuse car ces deux comédiennes rivalisent de talent.

Quant aux modes picturaux exprimés : " Art naïf / Art brut " - la différence est subtile ...

Le médecin attitré du lieu découvrira le filon et jouera ponctuellement les Ambroise Vo … leur. Suzanne le laissera faire, feignant d'être dupe car ayant parfois des éclairs de lucidité.

Là, il me faut tenir mon enthousiasme en bride pour ne pas vous en dire plus et ainsi ne pas compromettre le plaisir que vous aurez à découvrir ce texte dit de façon aussi particulière que magistrale.

C'est n'en doutons pas une réelle composition que l'interprète nous offre ici et l'un de ces rares spectacles que l'on aimerait déjà revoir alors même que les applaudissements crépitent encore.




Simone Alexandre 

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

09:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent