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02/10/2017

La rafle du Vel' d'Hiv' de Maurice Rajsfus

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MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron

 

 

75018 PARIS

 

(M° Abbesses)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 19h

 

Interprétation et mise en scène : Philippe OGOUZ

 

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On peut penser que le sujet est rebattu, mais il importe de sans cesse en garder la mémoire vive .

 

D’après les ouvrages de Maurice Rajsfus,  adaptés par lui-même, Philippe Ogouz se met en scène dans un récit à hauteur d’enfant qui vise moins à décrire l’horreur de la rafle et de l’entassement de milliers de nos compatriotes, qu’à faire prendre conscience de la bascule du temps.

Il y a le jour d’avant, plein de l’insouciance des gamins de Paris, avec ce que cela charrie d’images un peu toutes faites, entre Francisque (sic) Poulbot et Robert Doisneau, et le jour d’après, qui est le début d’un saut dans le vide qui dure toute la vie.

Le jour d’avant, c’est le 15 juillet 1942,  et il est sans histoire particulière pour les prochaines victimes, mais il est celui de la dernière mainmise à ce forfait absolu pour l’administration policière française qui en assume, pour l’éternité, la responsabilité devant l’Histoire.

Ces hommes, ces femmes, ces enfants, dont les autorités nazies n’avaient pas demandé qu’ils fussent joints à la rafle, choix direct de Pierre Laval et de Philippe Pétain, sont des citoyens à part entière qui vont devoir s’’effacer, comme si,  par un procédé visuel, on les estompait peu à peu avant de les faire disparaître tout à fait. Stigmatisés dans un premier temps, puis écartés de la vie sociale et professionnelle, puis parqués puis déportés pour être tués.

Comment ne pas être effaré de cela ?

A hauteur d’enfant, c’est l’incompréhension du monde des adultes, la quasi sidération des uns et des autres, de ces stupéfactions qui laissent le gibier immobile face à son chasseur, l’effroi de constater que les parents ne sont pas des surhommes et que la peur peut également les saisir. De ce moment, chacun perçoit son extrême fragilité propre face au rouleau compresseur de la machine policière, aveugle, sourde mais hurlante.

Ce qui est abominable est de penser que ces personnes n’étaient coupables que d’être. A la manière de Fontenelle sur son lit de mort disant qu’il ressentait « une difficulté d’être », les Juifs ressentaient le danger d’être.


On lira avec intérêt l’ouvrage récent, publié aux éditions de l’Eclat, de Georges-Arthur Goldschmidt, intitulé « Un Destin » qui interroge beaucoup sur l’identité juive et l’appartenance à une communauté. On y songe tout au long de ce récit.

Philippe Ogouz fait très bien remonter ces questions, au travers d’un texte d’une heure dix où se mêlent l’histoire de ce jeune garçon  et la mise en œuvre des rouages de cette rafle nommée par l’administration « Vent printanier ».

 

On est difficilement plus cynique.

 

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Le comédien partage la scène avec Paul Predki à l’accordéon, instrument d’immémoriale origine asiatique, devenu le quasi emblème sonore d’un Paris un peu canaille, et bien lointain, mais collant à l’époque.
Dans une sorte de dialogue avec Philippe Ogouz, l’accordéon prend toute sa part à ce spectacle et vient aussi parfois marquer la scansion nécessaire à la fluidité du texte.

 

C’est très réussi.

C’est à la Manufacture des Abbesses et il importe d’aller entendre ces deux artistes afin que notre mémoire, notre vigilance, nos alertes ne se relâchent jamais. Le sujet n’est pas rebattu, il est répété. C’est cela la pédagogie.


© Frédéric Arnoux

 

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13:44 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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