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19/09/2017

Marco Polo et l'hirondelle du Khan de Eric Bouvron

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, Rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° Saint-Georges)

 

Loc. 01 48 74 76 99

 

Pl. de 22 à 28€

 

www.theatrelabruyere.com

 

Du mardi au samedi à 21h

 

Samedi, matinée à 15h30

 

 

Texte et mise en scène : Eric BOUVRON

 

avec,

 

Jade Phan-Gia, la femme tatouée

 

Laurent Morel, Kublaï Khan

 

Kamel Isker en alternance avec Eliott Lerner, Marco Polo

 

Ganchimeg Sandag , Bouzhigmaa Santaro, Cécilia Meltzer et Didier Simione : musique et chants.

 

 

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Eric Bouvron semble avoir entendu l'appel de la steppe.

Certains d'entre nous, les plus sauvages sans doute, y sont obscurément sensibles. Qui n'a été transporté par les exploits du grand Gengis Kahn ? Ici nous découvrons son petit fils, monarque sexagénaire aux moeurs orientales.

Marco Polo était jeune alors ( 20 ans ) et reçu par le terrible conquérant ne tarde pas à être fasciné par la quatrième épouse de l'empereur mongol, laquelle danse à ravir et dont le corps semble couvert de fabuleux tatouages ...

L'espace scénique a été réalisé avec une grande sobriété faisant ainsi la part belle à l'imagination du spectateur qui se laisse agréablement porter par la musique, le chant et la beauté des costumes.

L'empereur est un vieux lion malade qui recherche l'apaisement auprès de cette épouse favorite qu'il nomme son hirondelle mais l'homme d'expérience est lucide et comprendra très vite ce qui se passe … Alors un jeu trouble et dangereux prendra place entre ces trois personnages que vingt années séparent les uns des autres si on les considère individuellement.

La superbe créature féminine qui fut enlevée alors qu'elle avait dix ans, partage la vie du guerrier depuis trente années et ce jeune homme la trouble forcément mais l'aventure comporte les plus grands risques.

 

 

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( photos : Marc O Carion )

 



Laurent Maurel fournit au personnage de Kublaï Khan sa puissance d'expression ajoutée à une indéniable présence scénique.

Face à lui, le jeune Kamel Isker semble timide, presque effacé, une ébauche d'homme en action que l'attraction de cette femme tatouée ( superbe Jade Phan Gia, remarquée lors d'un précédent spectacle dans un rôle tout différent mais où elle excellait déjà ) se révèle d'autant plus attirante car humainement vulnérable.

Ici, deux civilisations se rencontrent … l'européenne ( comme chacun sait, Marco Polo est vénitien ) et l'asiatique, celle des farouches mongols, stratégie commerciale d'un côté, force guerrière de l'autre.

Le jeune chrétien est suivi de près par son ange gardien incarné par Cécilia Meltzer, mezzo-soprano à la voix aussi ample qu'aérienne faisant contraste avec le choeur mongol composé de deux interprètes : Ganchimeg Sandag et Bouzhigma Santaro ce, afin d'alimenter le dépaysement total.

En cette histoire ici racontée de façon épique, une scène précise s'avèrera plus dramatique que les autres mais je me garderai bien de vous en dire plus …

Ce spectacle paraît très court ( trop ) ce qui en soi constitue un compliment.




Simone Alexandre

 

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13:45 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

15/09/2017

MARCO POLO et l'hirondelle du Khan

 

 

www.theatrelabruyere.com

11:11 Publié dans Annonces | Lien permanent

14/09/2017

AU BUT de Thomas Bernhard

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THEATRE de POCHE

MONTPARNASSE

 

75, bld du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. de 10 à 38€

 

du mardi au samedi à 21h

 

le dimanche à 15h

 

 

jusqu'au : 5 NOVEMBRE 2017

 

 

Texte français : Claude PORCELL

 

Mise en scène : Christophe PERTON

 

avec  Dominique VALADIE (la mère) - Léa BREBAN (la fille) - Yannick MORZELLE (l'auteur) - Manuela BELTRAN (la bonne)

 

 

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Durant toute sa vie, Thomas Bernhard ce râleur impénitent a réglé ses comptes tant avec l'Autriche sa patrie qu'il dénigrait en permanence mais dont il ne pouvait se passer et le théâtre

( celui des autres ) sur lequel il vomissait volontiers, car peuplé de marionnettes, selon lui.

Les premières années de sa vie s'étaient déroulées chez ses grand-parents, sa mère lui a donc fait cruellement défaut en cette période précise où l'enfance a tellement besoin d'affection maternelle d'où, sans nul doute, la présence de cette mère abusive que nous découvrons ici, monstrueusement possessive, sorte de compensation pour lui, aussi haineuse que réparatrice.

Dominique Valadié qui joue le rôle de la mère ressasse constamment ses rancoeurs comme le font souvent les alcooliques. Le thé qu'elle reproche à sa fille de ne pas savoir préparer est en quelque sorte l'antidote provisoire à cette situation dans laquelle elle reste engluée.

Mère et fille sortent le soir pour distraire leur ennui issu du fait qu'elles demeurent constamment rivées l'une à l'autre. Elles sont passées sans transition des spectacles d'opérettes à l'art dramatique en ignorant l'opéra et la mère critique désormais tout ce qu'elle voit de façon acerbe mais sait-elle faire autrement ?

 

 

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( Photos : Scènes & Cités )



Mariée par intérêt, elle détestait son époux dont elle eut tout d'abord un fils qu'elle cachait à tous tant elle le trouvait laid et qui ne vécut pas longtemps. Ce fut pour elle une délivrance. Maintenant, elle garde interminablement auprès d'elle ce second enfant, cette fille qu'elle tyrannise avec une cruauté incroyable laquelle supporte ce fardeau grâce à un fatalisme assez déconcertant avec parfois - en guise de soupape de sécurité - un rire aussi subit que surprenant.

Après une représentation qui enthousiasma la fille et pour laquelle la mère ne trouve pas de termes trop forts pour dépeindre ses réticences voire sa répugnance, l'auteur sera tout à trac invité par elle à les accompagner en villégiature.

La décision fut inopinément prise lors de la signature d'autographes et acceptée d'emblée par cet inconnu illustre, de façon tout aussi incroyable ! ...

Toute la pièce repose sur les épaules de la mère, et la première partie a valeur de quasi monologue. Le dialogue - tout relatif - ne s'installera qu'en seconde partie quand les trois personnages seront réunis en cette demeure de Katwijk où le jeune auteur s'est laissé inviter.

Avant cette rencontre, le spectacle auquel mère et fille assistèrent s'intitulait : " Sauve qui peut "

( tout un programme ! ) et le projet suivant aura pour titre

" Au but " tant il est évident que ceux qui écrivent en ont presque toujours un, avouable ou pas.

Les inconditionnels de Thomas Bernhard trouveront ici de quoi se réjouir bien que la pièce soit assez longue ( 2 heures ) et surtout déséquilibrée puisque la seconde partie ne réserve aucune surprise, tout ou presque ayant déjà été dit ou suggéré avant.

Il n'importe, la férocité du propos est comme toujours particulièrement jouissive et les écrits de cet auteur méritent incontestablement le détour.

Ainsi, pour parodier le père et son éternel : " Tout est bien qui finit bien " disons que chez Thomas Bernhard tout est au diapason dans le pire des mondes.


Simone Alexandre

 

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15:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent