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12/09/2017

Marcel Proust : A l'ombre de Combray ! par Eric Chartier

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THEATRE DE L'ILE

SAINT-LOUIS-PAUL REY

 

39, Quai d'Anjou

 

75004 PARIS

 

 

(M° Pont-Marie)

 

Loc. 01 46 33 48 65

 

Pl. 15€ - T.R. 10€ (- de 25 ans)

 

http://www.theatre-ilesaintlouis.com/

 

du mercredi au samedi à 18h30

 

le dimanche à 15h

 

Le vendredi séance supplémentaire à 21h

 

 

jusqu'au : 17 DECEMBRE 2017

 

 

Interprétation et mise en scène : ERIC CHARTIER

 

 

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Il est tout à fait surprenant d'entendre le trépident Eric Chartier, à la gestuelle active, dont le tempérament semble plus proche de Péguy que de Proust, donner vie aux mots écrits par ce dernier.

En l'écoutant je me disais : " ce diable d'homme rendrait ludique l'énoncé d'une pierre tombale ! " car il cisèle chaque mot en véritable orfèvre, fait surgir paysages et personnages, tel un magicien.

Grâce à lui, nous croyons voir la tante Léonie qui ne quitte plus la chambre où elle est alitée - comme le sera Proust lui-même, quelques années plus tard - la grabataire questionne Françoise, sa fidèle servante afin de ne rien ignorer de ce qui se passe dehors et attend impatiemment Eulalie qui, bien que sourde entend tout, voit tout et lui rapporte ce qui se passe à l'église et même au delà …

Plus tard, se conformant à cet exemple, Marcel Proust de son lit, rédigera de multiples lettres afin de s'enquérir de ce qui lui échappe quand il aura besoin d'alimenter la précision de ses écrits.

Ici, à Combray, rien n'a lieu sans que tante Léonie ne l'apprenne. Du fond de son lit, elle sait tout ; car en province et surtout à l'époque, même l'apparition d'un nouveau canidé constitue un événement que tout le monde commente.

Tous ceux qui se sont intéressés aux écrits et à la vie de Proust savent qu'Albertine se nommait en réalité Albert ; l'époque à laquelle vivait notre auteur ne favorisait pas encore le " coming out " et la plus petite dérogation aux us et coutumes - à fortiori aux moeurs - prenait des proportions incroyables !  Pourtant l'être et le paraître différaient bien souvent.

Ainsi la sagacité de Proust remarquera chez Legrandin une gestuelle ainsi qu'une particularité physique dont la découverte l'amusera lui, qui s'efforçait de dissimuler sa véritable nature …

En cette dimanchade, le curé vient rendre visite à sa paroissienne désormais confinée à domicile et ne tardera pas à se lancer dans la description des vitraux de son église mais aux oreilles de la vieille dame : Dieu qu'il est épuisant !

Marcel Proust qui excellait à retrouver par le biais d'association d'idées tout ce qui lui permettait de décrire les impressions du passé, se livrait plus volontiers - sur l'instant - à la contemplation des fleurs que de ses semblables, ces miracles de la nature lui apportant mille fois plus de bonheur.

Eric Chartier déchiffre les textes sur lesquels il se penche, tel un musicien face à une partition. Grâce à lui, la parole devient musique, l'ennui proustien s'envole et seuls restent les instants de joie retrouvée.

Peu de comédiens sont capables d'animer de la sorte un texte comme celui là .
 
A déguster avec autant de subtil plaisir que Proust en ressentait face à ce petit morceau de madeleine que lui offrait tante Léonie après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.




Simone Alexandre

 

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15:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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