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31/05/2017

LUCRECE BORGIA de Victor Hugo

Lazarini-Dechartre.jpg

 

 

 

THEATRE 14

 

20, avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

Loc. 01 45 45 49 77

 

 

http://theatre14.fr/

 

Pl. 25€ - T.R. 18€

 

Mardi, Vendredi et Samedi à 20h30

Mercredi et Jeudi à 19h

Matinée le samedi à 16h

 

jusqu'au : 1er JUILLET 2017

 

 

Mise en scène : Henri et Frédérique LAZARINI

 

avec,

 

- Emmanuel DECHARTRE : Le Duc Alfonse d'Este

- Frédérique LAZARINI : Lucrèce Borgia

- Didier LESOUR : Gubetta

- Marc-Henri LAMANDE : Rustighello

- Louis FERRAND : Ascanio

- Hugo GIVORT : Gennaro

- Clément HEROGUER : Apostolo

- Pierre-Thomas Jourdan : Jeppo

- Kelvin Le Doze : Maffio

- Adrien VERGNES : Oloferno

 

 

Borgia-poison.jpg

 

 

Quand Hugo écrivit Lucrèce Borgia, Freud n'était pas encore né. Il est donc logique que nous ayons une lecture différente de l'oeuvre, désormais …

Après l'échec du Roi s'amuse, Lucrèce Borgia connut un succès réparateur et quoi de plus porteur en effet, que l'histoire de cette diabolique famille " revue et corrigée par … "

bien entendu.

Puisant ( entre autres ) dans l'énorme " Essai sur les moeurs et l'esprit des nations " dans lequel Voltaire avait consacré aux Borgia un chapitre entier, Victor Hugo se pencha tout spécialement sur le personnage de Lucrèce faisant reposer sur ses féminines épaules, les crimes de César, lesquels ne connaissaient aucune limite !

Aux yeux de notre auteur, la femme criminelle à plus d'un titre ( débauches multiples n'excluant pas l'inceste, ajoutées aux crimes de sang ) n'en restait pas moins une mère qui protégeait amoureusement dans l'ombre et à distance, son enfant.

Notre actuelle lecture entachée de freudisme dérive en direction de la mère adultère ;
c'est Phèdre convoitant Hippolyte et le malheureux Gennaro lui ressemble à plus d'un titre.

Le théâtre du XIXème siècle ne lésinait pas sur le nombre de personnages et les décors étaient alors somptueux. Notre époque est plus sobre, un immense fond rouge situera de prime abord le climat et dans l'aventure, quelques figurants passeront à la trappe.

C'est Carnaval à Venise et les masques anticipent l'action qui ne tardera pas à se dérouler sous nos yeux. Accompagnée de Gubetta, complice de bien des crimes, Lucrèce masquée elle aussi, se mêle à la foule. Un groupe de jeunes seigneurs l'ayant reconnue, l'insultera en lui jetant au visage les abominations commises …

A ses yeux, un tel affront ne pouvait que se laver dans le sang et l'engrenage infernal se déclenchera aussitôt. Or parmi ces jeunes seigneurs se trouvait le fils caché de Lucrèce et le mélodrame trouvera ici sa pleine expression.

 

 

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( photos : LOT )

 



L'orgie-traquenard prendra des allures de " binge drinking " et le célèbre poison des Borgia aura raison des jeunes insolents.

On aime ou pas le théâtre hugolien et ses envolées lyriques. Il convient de le replacer dans le contexte de l'époque où le but était de substituer le romantisme à la tragédie traditionnelle en haussant le drame ( considéré alors comme un genre mineur ) à un niveau élevé, ce qui nous est peut-être difficile de comprendre à l'époque actuelle où le simple fait divers est plus largement exploité, certains le compliquant d'états d'âme inextricables.

Quoiqu'il en soit, il est toujours utile de s'évader en direction de ce théâtre, reflet des splendeurs passées - ces dernières fussent-elles criminelles - car le sordide en est miraculeusement exclu.




Simone Alexandre

 

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11:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent