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07/02/2017

ABIGAIL'S PARTY de MIKE LEIGH

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THEATRE de POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

Tous les jours à 21h

(sauf dimanche et lundi)

 

Matinée le dimanche à 15h

 

Places de 10 à 38€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

 

Adaptation : Gérald SIBLEYRAS

 

Mise en scène : Thierry HARCOURT

 

avec : Cédric CARLIER - Dimitri RATAUD - Alexis RIBES - Lara SUYEUX et Séverine VINCENT

 

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La scénographie ne laisse aucune place au doute, l'action se déroule en plein milieu des années 70. Décor et costumes nous rappellent le mauvais goût de l'époque et apparemment celui-ci était identique de chaque côté de la Manche.

Il fallait alors pour " avoir l'air branché " en décorant son appartement adopter ces dessins géométriques et ces teintes souvent automnales quand on ne revêtait pas les murs de papier métallique ou cuivré.

La mode vestimentaire n'était guère mieux : coiffures volontiers sophistiquées pour les femmes, cheveux mi-longs pour les hommes et costumes à pantalons " pattes d'éph ' "

( quelques nostalgiques y reviennent parfois)

Mai 68 appartenait déjà au passé et un début de libéralisme prenait sa revanche en s'installant dans le " m'as-tu-vuïsme " car pour être considéré, il fallait étaler son aisance.

Les personnages dont nous allons faire la connaissance habitent dans une cité pavillonnaire située en banlieue londonienne. Là, les femmes le plus souvent restent au foyer tandis que le mari part travailler au volant d'une voiture qu'il souhaite changer le plus souvent possible. Standing oblige !

Et l'intellect dans tout ça ? …

 

Une bibliothèque figure dans le salon bien sûr - rien que des livres choisis en fonction de reliures modernes mais avec du doré sur la tranche. Gageons que seul le plumeau est intime avec les ouvrages en question.

Peter et Beverley ont ce soir là invité pour un cocktail-maison, un jeune couple de voisins nouvellement installés … on pense immédiatement à une certaine pièce d'Albee et on se dit qu'il va y avoir " de la rumba dans l'air " …

Nous ne serons pas déçus.

 

 

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( photos : Victor Tonelli )



Un cinquième personnage ne tardera pas à faire son apparition en la personne de Susan - la doyenne du groupe - laquelle a fuit son domicile car sa fille Abigail ( qui pour nous jouera les arlésiennes ) a organisé une petite sauterie à domicile dont la mère est exclue.

Ce dont Mike Leigh joue avec brio, c'est de la confrontation de ces êtres appartenant à des milieux sociaux différents car d'évidence, ces gens n'ont strictement rien en commun et bien entendu rien à se dire, ce que nous constaterons très rapidement.

Beverley ( Lara Suyeux ) reçoit son monde en longue robe d'intérieur qui ne déparerait pas une soirée mondaine, parle beaucoup mais n'émet que des banalités.

Peter ( Dimitri Rataud ) est l'homme d'affaires qui n'a pas un instant à lui. Nous découvrirons un peu plus tard qu'il est le seul du groupe a posséder un semblant de culture dite classique.

Après les maîtres de maison, passons aux visiteurs maintenant,

Antony ( Cédric Carlier ) est le beau gosse qui va immédiatement et sans rien faire, séduire Beverley laquelle lui donnera familièrement du Tonio. Il est évident qu'elle ne détesterait pas avoir un flirt avec lui, voire plus le cas échéant …

Angela ( Alexie Ribes ) est elle aussi du genre qui inspire la remarque " sois belle et tais-toi " Elle deviendra intéressante à la suite d'un certain incident qui lui permettra d'utiliser ses capacités professionnelles.

Enfin Susan ( Severine Vincent ) a tout de la ménagère sur le retour qui bénéficie sans nul doute d'un solide bon sens mais qui se situe un peu en décalage car contrairement aux autres, elle ne cherche à prouver quoi que ce soit.

L'alcool coule à flots - on se dit même qu'ils ont un sacré entrainement - sauf Susan bien sûr qui arrivée à jeun contrairement aux autres … ne tardera pas à être malade.

La tension va monter et je vous laisse bien entendu découvrir la suite ...

L'auteur est un fin observateur de cette société qui n'a pour idéal que l'argent. Nous connaissons tous quelques spécimens du genre et ne savons que trop où tout cela mène.

Thierry Harcourt signe une fois de plus une mise en scène efficace au rythme enlevé permettant à chacun de donner du meilleur de soi pour camper son personnage au plus près.

Sans l'ombre d'une hésitation, allez-y ; il est exclu, voire impossible que vous le regrettiez.


Simone Alexandre

 

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16:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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