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04/02/2017

L'amante anglaise de Marguerite Duras

Lamante-anglaise-h.jpg

 

 

THEATRE LUCERNAIRE

 

53, rue Notre-Dame-des-Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D.des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 19h

 

Matinée le dimanche à 15h

 

Mise en scène : Thierry Harcourt

 

avec Judith Magre, Jacques Frantz et Jean-Claude Leguay

 

Amante-anglaise.jpg

( photos LOT )

 

 

A l'origine de la pièce, un fait divers : des morceaux de corps humain furent retrouvés dans des wagons de marchandises ce, à la fin des années 40.

On constatera bientôt que chaque train était passé par le pont de la Montagne Pavée à Viorne. ( Corbeil-Essonnes )

Le corps une fois reconstitué, il manquera la tête ... Celle qui n'a pas tardé à avouer être l'auteur des faits refusera d'en dire plus, de donner la moindre précision à ce sujet.

- Qu'a t'elle fait de la tête de sa victime ? ...

Comment cette femme a t' elle pu - seule - sans complice, parvenir à découper ce corps, l'assassinée étant bien plus que plantureuse ? Précisons que cette dernière ne pouvait alerter le voisinage lors de l'assassinat puisqu'étant sourde et muette.

Face à un tel degré d'horreur, les enquêteurs s'obstinent.

Le juge d'instruction n'a rien pu obtenir ou presque quant aux motivations de Claire Lannes sauf à conclure à la folie pure et simple. Un interrogateur mi-policier, mi-psychologue va tenter d'en savoir un peu plus. Jean-Claude Leguay mène l'interrogatoire sans brusquerie aucune utilisant patience et méthode.

Droite sur sa chaise comme elle le fut sur ce banc de pierre où elle avait coutume de s'installer dans le jardin pour contempler inlassablement ce plant de menthe poivrée dite menthe anglaise ( d'où le jeu de mots facétieux de Marguerite Duras ) Judith Magre avec une obstination malicieuse subit l'interrogatoire sans céder un pouce de terrain.

Au préalable, ce fut son époux, Pierre Lannes qui avoua son impuissance à comprendre ce qui avait bien pu se passer dans la tête de cette femme  qui n'était présente à ses côtés que pour la forme, complètement énigmatique et dont il s'était peu à peu détaché ... L'imposante stature de Jacques Frantz apporte une dimension supplémentaire au personnage.

 

Jacques-Frantz.jpg



La victime, Marie-Thérèse Bousquet était sa cousine et le jour où il avait constaté son absence, elle qui faisait tout dans la maison en lieu et place de l'épouse sur laquelle il ne pouvait compter était d'après cette dernière retournée à Cahors, leur ville natale à tous trois.

Claire consentira à livrer un peu de sa vie d'avant, celle précédant son mariage alors qu'elle était follement éprise de celui qu'elle nomme " l'agent de Cahors " mais qui n'était pas libre, ce qui avait débouché sur la rupture.

Ceux qui connaissent la cadurcienne légende, pensent immanquablement à ce petit diable de pierre accroché à une tour du pont Valentré qui comme la meurtrière, ne lâche pas prise, rivé à ses regrets et à son échec.

Alors oui, la dame eut ce coup de folie meurtrière qu'elle ne peut expliquer que par un immense écoeurement créé par la vie et par les autres aussi ...

Dans la réalité, c'est le mari qui fut assassiné puis découpé en morceaux.
 
Ici, en tuant puis dépeçant Marie-Thérèse, Claire mettait en pièces tous ceux qu'elle avait rencontrés en s'incluant elle-même mentalement. Pour preuve n'ira t'elle pas jusqu'à souhaiter la guillotine en vigueur à l'époque, persuadée de la mériter ?

Mais comme le personnage est complexe et contradictoire elle refuse obstinément de dire où est passé cette tête comme si elle voulait que le doute subsistât éternellement.

C'est donc ici un grand rôle, à la mesure de cette immense artiste qu'est Judith Magre et pour tout le plaisir que son jeu nous apporte ... Merci, Madame.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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