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20/01/2017

Moi, Caravage de Cesare Capitani

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame-des-Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

 

Pl. de 14 à 20€

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 18h30

 

Dimanche à 16 h.

 

 

Mise en scène : Stanislas Grassion

 

avec Cesare Capitani et Laetitia Favart ou Manon Leroy

 

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( photo : Philippe Bruchot )

 

 

Ce n’est pas un spectacle nouveau qui se donne actuellement dans la salle Rouge du théâtre du Lucernaire, puisqu’il a débuté en 2010, mais pour autant, cela reste une nouveauté pour tous ceux qui ne l’ont encore vu.


Dans une adaptation de lui-même de l’ouvrage de Dominique Fernandez, paru en 2002, « La Course à l’abîme », Cesare Capitani donne à voir et à entendre la vie triste et chaotique de Michelangelo Merisi, dit Le Caravage, peintre italien né en 1571 à Milan et mort à Port Ercole en 1610.


C’est peu de dire que cette vie somme toute assez brève a été semée d’aventures, ponctuée de faits divers dont notre peintre fut l’auteur ou la victime, de séjours en prison, de réussites et d’échecs !


A la manière de François Villon en France, pour la littérature, comme plus tard Jean Genêt, Caravage eût-il eu le même rayonnement s’il avait eu la vie installée d’un Titien ? C’est fort douteux.


On l’a décrit comme l’inventeur du clair-obscur, dans sa volonté de ne jamais placer de lumière vive dans sa peinture, dont les thèmes, souvent imposés par les commanditaires, le renvoyaient le plus souvent à des scènes violentes, toutes inspirées des Ecritures saintes. Mais la Bible n’est-elle pas un ouvrage plein de fracas et de fureurs, d’atrocités, de meurtres et de passions ?


Homme du peuple, et ne cherchant jamais à courtiser, bien qu’il bénéficiât de protections tantôt aristocratiques, tantôt cardinalices voire papales, Caravage cherche ses modèles dans le peuple, et St Matthieu prend les traits d’un aveugle mendiant, la Vierge ceux d’une prostituée enceinte et retrouvée noyée, un archange ceux d’un gigolo.


Il lui en est fait grief, et ses toiles, parfois, assez souvent, sont refusées, ce qui le renvoie d’une part à ses démons que le doute alimente, d’autre part à une gêne qui le pousse à tenter tout et n’importe quoi.

 

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( photo : B. Cruveiller )

 


Dans une mise en scène sobre et pleine d’inventions, de suggestions, avec une grande retenue de mouvements et sans effet d’esbroufe ni de déclamations intempestives, Stanislas Grassin met en scène, dans une direction d’acteurs de Nita Klein un Cesare Captitani qui vit son personnage, qui devient Michelangelo Merisi, avec, en alternance, la participation Ô combien fine et délicate, toute en subtilité et en esquisse explicite de Laetitia Favart ou Manon Leroy.


Marcel Proust a écrit quelque part « Sa jeunesses lui fait du bruit, il n’entend pas ». Caravage veut, lui, que sa peinture soit toute de bruit, et que ce bruit fracasse tout. Il n’a toute sa vie entendu que cela, les bruits et les fracas du monde, et il veut les donner à voir, les jeter aux yeux de qui le regarde.


L’évocation subtile et réussie de nombre de ses oeuvres nous fait voyager de France avec « Le Christ à la colonne » qui est au musée des Beaux Arts de Rouen, en Italie bien sûr, que ce soit à St Louis des Français avec le triptyque de saint Matthieu, ou à la galerie Doria Pamphilj.


C’est là une jolie prouesse de théâtre que suggérer la peinture, et donner au public d’entrapercevoir , par fragments, les tableaux, souvent fort grands, que Caravage a peints.


Ce spectacle, osons le jeu de mots, joue sur plusieurs tableaux, et il importe vraiment d’aller l’applaudir. L’oeuvre littéraire de Dominique Fernandez, foisonnante, y est rendue dans l’essentiel de la vie de son héros, avec ses excès et ses faiblesses, son peu d’espoir et ses blessures profondes.

Cet homme, Caravage, qui semblait ne pas s’aimer beaucoup est sous nos yeux un être déchiré qu’on a tous envie d’aider, d’aimer et d’applaudir.


C’est jusqu’au 12 mars au Lucernaire, la représentation étant donnée en italien, le mardi.



Frédéric Arnoux ©

 

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11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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