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12/01/2017

Résister c'est exister de Alain GUYARD

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STUDIO HEBERTOT

 

78 bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

 

(M° Villiers)

 

 

Loc. 01 42 93 13 04

 

 

https://www.studiohebertot.com/

 

Pl. de 10 à 28€

 

Tous les jours à 19h

 

( sauf dimanche & lundi )

 

Dimanche à 17h

 

Du 10 JANVIER au 19 MARS 2017

 

D'après des témoignages authentiques

 

sur une idée originale de François BOURCIER

 

Mise en scène : Isabelle STARKIER

 

avec François BOURCIER

 

et les voix d'Evelyne BUYLE, Daniel MESGUICH, Yves LECOQ, Stéphane FREISS

 

 

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( photo : Caroline COSTE )

 

Si on entend par le mot « spectacle » un moment de pur divertissement, il faut ici passer son chemin. Mais si on entend derrière ce mot, toute représentation visant à tenir éveillée la conscience, il faut s’y précipiter.

Le Studio Hébertot, avec « Résister, c’est exister » donne à voir et à entendre une violente charge contre l’oppression, et au travers d’une multitude de très brefs dialogues parfois, de transformations de personnages, rappelle que la résistance c’est savoir, parfois avec de minuscules actions, faire comprendre ou témoigner d’une opinion contraire.

Certains des personnages évoqués se sont parfois opposés au prix de leur vie, certains ont traversé l’époque de l’Occupation et ont continué de vivre ensuite avec le souvenir de leur résistance personnelle; chaque témoignage porte sa charge d’émotion.

 

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( photo : Emilie Genaedig )



Ecrit par Alain Guyard et fondé sur des témoignages authentiques ainsi qu’il en rappelle au début de la représentation, ce spectacle met en scène un seul comédien, François Bourcier, qui donne vie à tout un peuple d’anonymes parfois, de personnages plus célèbres aussi, Colonel Fabien, Olga Bancic du groupe Manoukian, Jean Moulin, silhouette aperçue, avec une force et une conviction telles que le public est comme figé.

Cet effet de quasi sidération n’est pas sans évoquer celui dans lequel les Français de l’époque, du moins un certain nombre, a dû se trouver face à la capitulation si rapide du pays à l’armée réputée la plus puissante du monde d’alors ! Est-ce assez dire qu’il faut toujours commencer par se méfier des discours, et des apparences…

 

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( photo : Emilie GENAEDIG )



Et justement, les apparences ne sont pas pour peu dans les figures que François Bourcier nous donne à voir.

Qui présumerait que tel monsieur promenant son chien prend en fait des notes sur les mouvements des militaires ennemis dans sa ville ? Qui penserait que cet ouvrier agricole normand serait celui qui paralysera un moment les communications de l’Occupant, que cette femme de ménage est en fait un agent infiltré, que ce policier n’est pas antisémite ?

Ils sont multiples et sur tout le territoire, ces héros parfois minuscules qui vérifient l’adage que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Est alors posée la question de savoir si la résistance peut être quantifiée, si véritablement il y a de petits et de grands actes de résistance ? Sur le fond, il nous est donné à comprendre que c’est au final un tout, un ensemble cohérent qui ne demande qu’à être consolidé pour en garantir l’efficacité. Et c’est fort à propos que l’évocation de Jean Moulin intervient en fin de représentation.

 

 

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( photo : Emilie GENAEDIG )

 



Le travail  littéraire  et historique de l’auteur est indéniable et grande est la difficulté de fédérer ainsi des témoignages divers. Le texte final auquel il parvient est cohérent, construit et passionnant de bout en bout, à cela près que l’évocation d’une célèbre actrice quasi centenaire maintenant est inopportune et infondée au regard de la réalité.


Il serait inconvenant de ne pas saluer la performance d’acteur de François boursier, partout à la fois, un peu Frégoli, poignant souvent, inquiétant parfois, juste et profondément humain toujours.

C’est une pièce qu’il faut recommander à tous, et à tout le monde, qui prouve que le théâtre  a également une mission pédagogique et, disons le mot à la mode, même s’il est galvaudé, mémorielle. Nous vivons des moments difficiles, certes pas à la hauteur de ceux que nos grands-parents ont connus, mais il est utile et nécessaire de savoir ce qu’ils ont vécu pour tout mettre en œuvre afin de ne pas , à notre tour, connaître des moments d’angoisse.

Tout engagement est respectable ; celui qui consiste à lutter contre l’intolérance, l’abus, la malfaisance est indispensable

Le Studio Hébertot au travers de « Résister, c’est exister » est un bel agitateur de conscience. C’est salvateur.



Frédéric Arnoux ©

 

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19:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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