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30/11/2016

Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute

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THEATRE de POCHE MONTPARNASSE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 38€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 19h

 

Matinée le dimanche à 17h30

 

 

Mise en scène : Léonie Simaga

 

avec : Nicolas Briançon et Nicolas Vaude

 

 

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Pour tout décor un mur à la blancheur de porcelaine, symbolique ô combien car tout comme elle, l'amitié est fragile … presqu'autant que l'amour.


Entre deux êtres par trop sensibles, il suffit parfois d'un mot qui a été prononcé d'une certaine façon ( voire d'un non-dit, alors que l'on attendait une réponse ) pour tout gâcher, pour tout compromettre, parfois à jamais.

Que l'espèce humaine est donc compliquée !

 

Nathalie Sarraute le confirme et comme tout écrit est par essence autobiographique, celui qui lira ou entendra ce texte ne manquera pas de se poser la question : a t'elle voulu témoigner ici d'un fait dont elle fut témoin, ou bien est-ce sa propre complexité qu'elle a voulu mettre en scène ?

Les personnages sont désignés par H1 et H2 ce qui nous ferait presque penser à des virus pour lesquels on n'a pas encore trouvé de vaccin. Alors on cherche, forcément.

H1, alias Nicolas Briançon est l'homme solide, doté d'une bonne santé mentale qui s'évertue à comprendre alors que H2,

( Nicolas Vaude ) fait figure ici de grand malade , angoissé au possible lequel pourrait bien contaminer l'autre si son vis-à-vis n'y prenait garde  ...

Il n'existe pas de contraste plus grand qu'entre ces deux là !


Deux amis d'enfance, presque deux frères qui allaient l'amble jusqu'au jour où ...

 

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( photos : Brigitte Enguerand )

 


C'est finalement une histoire banale qui peut arriver à n'importe qui. Souvent les gens disparaissent sans crier gare et on n'en entend plus jamais parler. Cela a dû vous arriver sans doute ? Seulement voilà, l'auteur décortique, examine au scalpel avec obstination et une évidente complaisance …

Nathalie Sarraute reste un auteur très clivant. On adhère ou on rejette. Il ne saurait avec elle, y avoir de moyen terme.
Visiblement les adeptes sont nombreux et je n'en prendrai pour preuve qu'une salle pleine à craquer. Il me semble qu'il en est ainsi tous les soirs  …

Alors certes, avec un tel texte, le choix des interprètes est déterminant.


Le jeu sûr, assuré de Nicolas Briançon fait merveille face aux excentricités de l'autre Nicolas ( Vaude ) que nous allons toujours voir en nous demandant " que va t-il trouver cette fois ci ? " et ce diable d'homme faisant figure d'éternel adolescent ne déçoit jamais.

Face à ces deux amis en plein conflit, une femme sera sollicitée pour donner son avis. Tâche difficile au possible, rôle éphémère dont Roxana Carrara s'acquitte avec une parfaite sobriété et une justesse de ton qui n'était pas évidente à trouver en pareille circonstance.

La mise en scène de Léonie Simaga est sobre, permettant une pleine et entière mise en valeur du texte. Impossible de rester indifférent !




Simone Alexandre

 

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17:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/11/2016

Le chant du cygne : ANTON TCHEKHOV / Robert BOUVIER Création

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Théâtre LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

(M° Châtelet)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Pl. de 10 à 26€

 

Salle Vicky Messica

 

Tous les jours à 19h

(sauf dimanche et lundi)

 

 

jusqu'au : 22 DECEMBRE 2016

 

 

d'après TCHEKHOV,

 

" Le plus petit drame au monde "

 

 

mis en scène par Robert BOUVIER

 

avec : Roger JENDLY et Adrien GYGAX

 

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( photo : Fabien Queloz )

 

 

Cette expérience est sûrement arrivée à quelques uns … un comédien ivre d'alcool et de succès ( réel ou non ) s'est endormi dans sa loge et se réveille en pleine nuit dans le théâtre désert. L'homme est vieux, sans famille et depuis 57 longues années ( il est âgé de 78 ans ) le théâtre est incontestablement devenu sa maison.

Or si le lieu est durant le jour un ventre chaud, l'endroit peut devenir inquiétant une fois que tout le monde en est parti.

De nombreux fantômes y ont élu domicile ...
Pris de désarroi, Svetlovidov va - pour se rassurer - convoquer ses souvenirs. Il sera aidé en cela par l'arrivée inopinée d'un technicien qui se trouvait incroyablement là, lui aussi ( mis à la porte par sa copine ) le jeune homme a trouvé en ce lieu, le refuge idéal.
 
L'instant de surprise passé, il essaiera de convaincre le vieil homme de rentrer chez lui ce que ce dernier refuse obstinément car une complète solitude l'attend là-bas.

Les deux personnages du fait de ce qu'ils vivent ont les nerfs à vifs et l'angoisse gagnera le spectateur quand un trou de mémoire s'invitera dans le spectacle.
Le texte partira alors en vrille et un désarroi teinté d'appréhension nous gagnera tous. Redites, télescopages, le montage est habile et par les soins de Robert Bouvier la mystification se fait malicieuse …

Le partenaire de Roger Jendly en la personne d' Adrien Gygax fournit la mise en perspective de deux générations de comédiens. Le premier riche d'une longue expérience se voit confronté à la fougue du second car le technicien en question est également comédien et s'est frotté tant à Shakespeare qu'à la comédie musicale.
 
La pièce sert de prétexte à l'analyse du métier, aux difficultés rencontrées, à ce lent travail d'assimilation du texte, à l'incarnation des personnages …
La mise en scène ludique met en valeur la personnalité de chacun et Tchekhov est ici revisité avec humour et sensibilité.

L'habileté des éclairages, la beauté de cette toile peinte qui fait son apparition remplacent l'angoisse par la féérie.

Ce chant du cygne est une ode à l'immortel théâtre tout en rappelant que les personnages sont vivants " ont du sang et pas de l'eau dans les veines."

Alors m'est revenu en mémoire cet extrait de Lily Passion : " le silence des théâtres, c'est comme un lac " oui mais sur lequel passent parfois de bien beaux orages !

A voir, absolument.




Simone Alexandre

 

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10:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/11/2016

LES DELICES DU BAISER de Attilio Maggiulli

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COMEDIE ITALIENNE

 

17, Rue de la Gaité

 

75014 PARIS

 

(M° Gaité)

 

loc. O1 43 21 22 22

 

Pl. 15 à 25€

 

http://www.comedie-italienne.fr/

 

Tlj sauf dimanche et lundi à 20h30

 

Mise en scène : Attilio Maggiulli

 

avec : Hélène Lestrade, Vincent Morisse, David Clair,

Noëlle Salomon et Alexis Long

 

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Ils sont cinq et se démultiplient avec une énergie incroyable dans un chatoiement de couleurs, l'inventivité ayant présidé à l'élaboration des costumes.

Ce théâtre est peut-être le plus vivant de tous ; ici tout bouge, la cabriole est volontiers au rendez-vous et l'élégance du geste recouvre le tout.
Car si le spectacle est fait pour nous instruire, la priorité réside dans le divertissement.
Son but ? … Améliorer la vie, la rendre par l'exemple plus supportable.

Ce n'est hélas pas toujours l'impression que l'on retire certains soirs en certains lieux ...

Fort heureusement pour nous, le temple de la Commedia dell'arte vient après bien des vicissitudes de rouvrir ses portes. Ici, en dépit des circonstances, nulle morosité et pourtant le lieu - faute de subventions - resta fermé durant de longs mois. On imagine aisément le désespoir des artistes mais son directeur, Attilio Magguilli a toujours fait preuve de courage, d'intrépidité même ! ... Il en paya cruellement les conséquences mais on n'abat pas facilement un homme tel que lui.

 

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Il a donc écrit et mis en scène ce texte destiné à faire l'éloge du baiser au travers des siècles.

Quelques mots du thème : imaginez une grande dame aristocrate comme notre époque n'en connaît plus, laquelle écrit pour le plaisir de ses invités et le sien.

Hélène Lestrade et son élégance naturelle incarne ce personnage en roulant les R comme une princesse russe. A son côté, un majordome " proud as Artaban " l'assiste en toutes circonstances. Ici, la grande silhouette de Vincent Morisse et sa belle voix grave font merveille.

Après être sortis de l'époque des cavernes nous traverserons gaillardement celle des Croisades pour ensuite nous transporter à Vérone où une parodie drolatique de la célèbre scène du balcon nous offrira un Roméo benêt, face à une délicieuse gourde prénommée Juliette. La scène est hilarante au possible portée par la fantaisie du duo : Noëlle Salomon / Alexis Long.

" Baiser menteur " quand les années de mariage ont quelque peu émoussé les sentiments de l'époux, ce dernier se prendra pour un Ulysse des tavernes après avoir fait fi des prescriptions de la loi Evin.

Alors, lasse de jouer les Pénélope, la comtesse se consolera platoniquement grâce au mythe de l'Ange gardien.

Dracula s'invitera ensuite de façon inattendue à cette sarabande puis nous reviendrons à des moeurs plus charmantes par les soins conjugués du célèbre trio : Pantalon, Arlequin et Colombine.

David Clair, tour à tour cuisinier en chef qui rate ses plats, tant son attention est bousculée par les projets théâtraux de la Comtesse, sera successivement un mari parti en Croisade, frère Laurent et Pantalon, sa bonhommie naturelle convenant parfaitement à tous ces personnages.

 

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Spectacle ludique et joyeux par excellence ce dont nous avons le plus besoin par les temps qui courent …

Bravissimo ! ! !

Allez-y nombreux car ils le méritent bien.




Simone Alexandre

 

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10:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent