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03/11/2016

Vladimir Jankélévitch : la vie est une géniale improvisation

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

(M° N.D.des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. 11 à 26€

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 19h

 

dimanche à 15h

 

 

D'après Vladimir Jankélévitch

 

Mise en scène : Bruno Abraham Kremer & Corine Juresco

 

avec Bruno Abraham Kremer

 

 

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Dans sa tradition de théâtre contemporain très vivant et de curiosité intellectuelle heureusement jamais satisfaite, le Lucernaire produit actuellement et jusqu’au 11 décembre, à 19 heures du mardi au samedi et à 15 heures le dimanche une curiosité à laquelle il est essentiel de ne pas se soustraire : « Vladimir Jankélévitch, la vie est une géniale improvisation. »

Ce seul en scène d’une épatante vivacité de Bruno Abraham-Kremer, mis en scène par Corine Juresco, avec qui il signe l’adaptation, dans une économie totale qui confère au propos une force décuplée, comme mis à nu, exprimée au plus vif du texte, cherchant au plus près de son essence la pensée de Jankélévitch (qui voulait qu’on prononçât Jeankélévitch et non Yan –kélévitch, pour s’ancrer davantage encore dans la terre de France) ne laisse pas sortir indemne le spectateur, souvent ébloui par cette virtuosité.  

Disons-le tout net, on sort de la salle plus éveillé et attentif au monde que lorsque nous sommes entrés, et ne pas sortir indemne ne signifie pas que nous subissons quelque dommage, fort au contraire, nous bénéficions de nombreux bienfaits, ceux de la clairvoyance, ceux de l’intelligence, du questionnement, du doute, de la recherche intellectuelle, de l’insatiable curiosité.

Durant près d’une heure trente qui file comme une comète, Bruno Abraham-Kremer nous fait partager la correspondance de Jankélévirch et de son « co-turne » Louis Beauduc, soit 60 ans d’échanges épistolaires ininterrompus, d’amitié  et d’estimable affection réciproque.

A notre tour, nous partageons les moments d’espoir et de doutes de 1923 à 1985, date de la mort de Jankélévitch, Louis Beauduc étant mort  quelques années auparavant, en passant par la pénible période de la seconde guerre mondiale qui voit Jankélévitch à la peine « cachetonnant » à Toulouse pour garantir la survie de sa famille, déjà marquée par ses origines, dont il joue et se moque avec un humour un peu désespéré.

Il ne saurait être question de résumer ici , ce qui serait à la fois présomptueux et vain, la totalité des propos, si riches, profonds plus que souvent, échangés entre ces deux hommes, dont l’un est illustre et l’autre inconnu, demeuré toute sa vie professeur de philosophie à Limoges, mais si ces lignes pouvaient vous inciter à aller découvrir ces philosophes, ce serait un peu cause gagnée. Cette traversée de 60 ans de vie intellectuelle française dans un siècle plus que perturbé est une expérience à tenter.

Ce qui nous semble important dans le propos de Jankélévitch, c’est l’adéquation que nous trouvons entre ceux-ci et les actes, et cela constitue un appel, une exhortation en quelque sorte, à être acteur, c’est-à-dire l’être agissant de notre vie. Ce qui le rend si attachant, c’est qu’il tourne sans fin autour du concept de morale, et qu’il le fait vivre en lui donnant corps et esprit.

Quel formidable message d’espoir !

C’est à ce long voyage que Bruno Abraham-Kremer nous convie, avec retenue, modestie, ne cherchant pas à paraître plus intelligent que son auteur (et grâces lui en soit rendues, car ce n’est pas la tendance…), et on a véritablement envie de le suivre, en lisant (relisant pour certains, rares) les textes de Jankélévitch, pour aller encore plus loin.

C’est au Lucernaire, et c’est somptueux.



Frédéric ARNOUX ©

 

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10:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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