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03/05/2016

GIACOMETTI, la rue d'un seul de Tahar Ben Jelloun

aff.Giacometti.jpg

 

 

A LA FOLIE THEATRE

 

6, Rue de la Folie Méricourt

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° St-Ambroise)

 

 

loc. 01 43 55 14 80

 

 

http://www.folietheatre.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

A 19h30 : vendredi et samedi

 

jusqu'au : 4 JUIN 2016

 

Adaptation et mise en scène : Sarah VAUSSIER

 

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avec : Valérie PUJOL et Sarah VAUSSIER

 

 

Giacometti et ses silhouettes étirées à l'extrême comme ces vêtements oubliés sur une corde à linge, un jour de pluie. Personnages énigmatiques, fantômes décharnés et comme débarrassés du légendaire linceul. Squelettique interrogation.

Tahar Ben Jelloun a découvert cette oeuvre grâce à Jean Genet, attirés l'un et l'autre par l'insolite.

Tout naturellement ces êtres étiques ne pouvaient qu'emprunter, se situer dans " la rue d'un seul " en cette Médina de Fez, où deux hommes normalement constitués ne peuvent se croiser.


On pense alors à ces rescapés d'Auschwitz, aux yeux immenses, silhouettes qui n'ont plus que la peau et les os. Rappel horrifique de la malédiction qui s'abat parfois sur certains. Fort heureusement pour nous, les deux interprètes féminines font preuve d'une belle santé physique et mentale ce qui nous épargne la perspective du cauchemar mais favorise la réflexion.

Le gris étant la couleur privilégiée de Giacometti, leur tenue scénique tout à fait identique a adopté cette teinte. Même coiffure également ou presque : on pourrait les assimiler à deux soeurs siamoises surtout quand elles se tiennent côte à côte avec sur un seul bras, cette manche flottante comme le discret étendard d'un bateau en partance.

Il n'est pas aisé de porter à la scène un texte fait pour être lu. La chorégraphie mise au point par Sylvaine Soldano est là pour suppléer à l'absence de didascalies ce qui permettra de suggérer tout ce qui n'est pas dit.

 

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Car ce spectacle privilégie l'onirisme en une invitation au voyage. Ici, tout s'imbrique comme ces deux voix qui murmurent, se chevauchent ou se répondent tel un écho. Réflexion sur le cheminement de l'artiste, sur son oeuvre, sur les personnages engendrés par elle et qui peu à peu s'animent de façon autonome avec pour maître mot,

 

- " ne pas s'installer ."

L'Art est un personnage en marche qui traverse les épreuves en direction d'un ailleurs de même consistance que la ligne d'horizon. Duo réussi entre Sarah Vaussier et Valérie Pujol qui se répondent en parfaite complétude, adoucissant les angles de leur présence féminine.

Spectacle atypique, digne d'être vu.



Simone Alexandre

 

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10:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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