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31/03/2016

Un stylo dans la tête de Jean Dell

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MONTMARTRE GALABRU

 

4, rue de l'Armée d'Orient

 

(face au 53, rue Lepic)

 

 

75018 PARIS

 

 

(M° Blanche)

 

loc. 01 42  23 15 85

 

http://theatregalabru.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 10€

 

jusqu'au : 3 MAI 2016

 

Mise en scène : Marc Rizo

 

 

avec : Sandra de Jesus, Winnie Dhenin, Stéphanie Genvrin, Rémi Johnsen, Omar Mebrouk, Geoffrey Morhmann

 

 

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Une femme, un canapé et une bouteille qu'elle vide consciencieusement car c'est visiblement dramatique d'être l'épouse d'un auteur  … Mais le voilà qui arrive en retard comme d'habitude ( ? ) et uniquement préoccupé de la réception de ses mails … Adeline lui rappelle qu'ils ont des invités et que ceux-ci ne devraient pas tarder à être là, d'autant que ( soit dit en passant … ) c'est lui qui les a convoqués.

Peu lui chaut, car ce qui lui importe dans l'immédiat est la réponse consécutive à l'envoi de son dernier manuscrit.

Tout le reste peut attendre ! Et voilà que cette invention du diable ( entendez internet ) est débranchée … Discussion entre les deux époux, Adeline ne trouvant pas génial le fait de s'être inspiré de la vie de leurs proches amis pour alimenter le contenu de sa dernière pièce. D'autant que visiblement, personne n'est épargné.

A ces remarques, Victor objectera que lorsque Zola écrivit les Rougon-Macquart, il ne s'y prit pas autrement et beaucoup d'autres ont fait de même avant et après lui.

Un exemple : en remontant le plus loin possible, si les hommes préhistoriques n'avaient pas observé les mammouths, les célèbres fresques de la grotte de Lascaux n'auraient jamais existé. Argument imparable !

Les invités-amis vont arriver un à un, nous allons faire leur connaissance tandis qu'eux vont découvrir ce qui les attend.

( Une belle " soupe à la grimace " va leur être servie. )

Chacun sait que le portrait s'arrête là où commence la caricature, ce sera rapidement l'opinion de chacun puisque personne ne se voit tel qu'il est.

 

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Théâtre dans le théâtre : commençons par l'épouse qui va se retrouver muette et femme trompée ( le terme " cocu " s'appliquant uniquement aux hommes ) Cela dit, en douce … elle lui rend bien la monnaie de sa pièce puisque Victor qui se croyait très malin précipitant en imagination son épouse dans les bras de son ex - histoire de corser l'action - ne croyait pas si bien dire !

Beau couple de névrosées que ces deux soeurs : Karen qui gavée de tranquillisants depuis des années suit une psychothérapie aux effets pour le moins aléatoires et Olga, l'emmerdeuse de service, frustrée par sa vie de femme et de comédienne, cultive l'agressivité en aggravant son cas.

N'oublions pas les hommes : Raoul, homosexuel notoire, galiériste mondain ( forcément ) et Raphaël - l'ex, toujours d'actualité - en dépit de son obscur destin à la C.A.F, lequel passe aux yeux de presque tous pour le demeuré de service.

Beau portrait de famille ! 

Je vous laisse découvrir la suite bien entendu.
Les comédiens s'amusent comme des fous et le public s'esclaffe à tout bout de champ. C'est du théâtre de boulevard, pur jus et les spectateurs friands de ce mode d'expression ne seront pas déçus. Qu'on se le dise !



Simone Alexandre

 

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11:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/03/2016

ANA ou la jeune fille intelligente de Catherine Benhamou

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Artistic Théâtre

 

45 bis, rue Richard Lenoir

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Voltaire)

 

loc. 01 43 56 38 32

 

http://www.artistic-athevains.com/

 

Pl. 30€ - T.R. 15 & 20€

 

- 26 ans : 10€

 

A 20h30 : mardi & mercredi

 

A 19h : jeudi & vendredi

 

A 16h & 20h30 le samedi

 

A 15h le dimanche

 

 

jusqu'au : 17 AVRIL 2016

 

 

Mise en scène : Ghislaine Beaudout

 

 

Comédienne : Catherine Benhamou

 

Marionnettistes : Claire Vialon

 

ou Juliette Prillard

 

ou Natacha Stoyanova

 

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Ana est une jeune femme issue du Maghreb, laquelle vit en banlieue parisienne et fut mariée dès l'âge de 15 ans à un homme plus âgé qu'elle … Elle parle la langue du pays d'adoption mais ne sait ni lire ni écrire, jusqu'au jour où elle va s'inscrire à un atelier d'écriture, démarche qui lui ouvrira des horizons jusqu'alors insoupçonnés.

Les français ont la réputation d'être paresseux lorsqu'il s'agit d'apprendre une langue étrangère ( les choses changent depuis quelque temps, il est vrai.)
Ceux d'entre nous qui ont réfléchi au problème se déclarent paniqués à la seule perspective d'assimiler l'alphabet arabe, par exemple ?  Imaginez alors l'ampleur de la difficulté d'apprendre cette langue française, réputée difficile et que la plupart des autochtones sont déjà loin de maîtriser parfaitement !


Ana qui est intelligente ( comme le précise le titre ) va procéder par association d'idées et puisque le mot " mariage " est le point de départ de sa réflexion, sa pensée va ainsi rebondir et progresser de mot en mot. Vu de l'extérieur, la démarche paraît enfantine et pourtant, elle fera ses preuves.


Les mots déclenchent toujours des idées et depuis peu une d'elles a germé en son esprit : se rendre seule à Paris afin d'y découvrir la Tour Eiffel ce " porte-jarretelles en ferraille  " auquel seuls les gens de passage ou venus d'ailleurs prêtent encore attention. Les symboles ont la vie dure ...


Comme Ana bénéficie d'une solide logique et qu'elle n'est pas encore à même de décrypter le nom des stations, elle s'inquiètera du nombre la séparant du but à atteindre et partira avec en poche autant de petits cailloux que d'arrêts du métro.( Il fallait y penser ) A chaque pause, elle extirpe un caillou de sa poche droite pour le transférer dans la poche gauche ; ainsi quand celle de droite sera vide, elle saura qu'elle est arrivée ! 

Quelques esprits critiques diront " Heureusement qu'il n'y avait pas de correspondance " ... ou bien " si le fait de voir la Tour Eiffel rendait plus intelligent, ça se saurait depuis longtemps ! "  Certes, mais cette démarche naïve est plus lourde de signification qu'il n'y paraît. En fait, les petits cailloux sont comme les barreaux d'une échelle sur laquelle Ana s'est élancée pour ne plus redescendre. " le premier pas est fait, l'ascension commence " aurait dit Louise Ackermann.


 Chaque station fait mentalement surgir les images de sa vie, les petits cailloux sont un chapelet qu'elle égrène en évoquant le fil des jours … De même que la Tour s'élève dans le ciel, Ana marche vers la liberté sinon réelle du moins mentale.

 

A sa place, aurions-nous fait mieux qu'elle ? …

 

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( photos : Fabienne Rappeneau )

 



Ce monologue dit d'une voix fraîche, presqu'enfantine, illustré par l'animation d'une marionnette qui la représente quand elle était petite fille ou adolescente en attendrira plus d'un et pourquoi pas vous ? …



Simone Alexandre

 

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13:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/03/2016

ANNABELLA, dommage que ce soit une putain de John Ford

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THEATRE DE LA TEMPETE

 

Cartoucherie de Vincennes

 

Rte du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

(M° Château de Vincennes puis navette gratuite)

 

loc. 01 43 28 36 36

 

http://www.la-tempete.fr/

 

Pl. 20€ - T.R. 12 & 15€

 

le mercredi : 12€

 

A 20h30 du mardi au samedi,

 

A 16h30 le dimanche,

 

jusqu'au : 17 AVRIL 2016

 

Traduction et adaptation : Frédéric Jessua et Vincent Thépaut

 

Mise en scène : Frédéric Jessua

 

avec : Harrison Arevalo, Justine Bachelet, Jean-Claude Bonnifait, Baptiste Chabauty, Elsa Grzeszczak, Frédéric Jessua, Thomas Matalou, Tatiana Spivakova, Vincent Thépaut.

 

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Nous avons coutume de dire que les jumeaux ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Ici le raisonnement est poussé à l'extrême puisque le tabou d'inceste sera littéralement violé par Giovanni et Annabella, frère et soeur hantés l'un par l'autre.

La pièce commence sur la confession recueillie par un moine, Giovanni avouant son amour aussi dévorant que dévastateur, ce que bien entendu le religieux ne peut que désapprouver.

Or d'évidence, le jeune homme ne peut et ne veut lutter contre cette attirance qui finira en folie meurtrière.


En son temps, Alain Delon et Romy Schneider incarnèrent ces personnages hors normes sous la direction ( pardonnez du peu ) de Luchino Visconti, lequel avait également réalisé les somptueux décors destinés à servir d'écrin à cette terrible histoire. La distribution était immense et celle ci reste conséquente, quoique moindre.

Bien que les costumes ne soient pas d'époque, il faut reconnaître qu'un effort a été fait en direction de la scénographie avec un résultat plutôt flatteur !


John Ford, juriste de formation n'était pas insensible aux interdits et aux conséquences pénales engendrées par certaines situations ...

 
En outre, les auteurs élisabéthains dont il est le dernier grand représentant flirtaient volontiers avec les sujets sulfureux.

 

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( photos : C. Chauvin )



Cet amour interdit aura des conséquences et Annabella en désespoir de cause, se pliera à la volonté d'un père qui veut la voir mariée avant de disparaître.


Fou de douleur, Giovanni tuera cette soeur enceinte de ses oeuvres et reviendra vers nous en une scène horrifique dans le but de déclencher la vengeance qui le délivrera d'une vie qu'il ne saurait poursuivre sans l'objet de son amour, coupable aux yeux de tous.


Les intrigues se multiplient autour de ce couple, trahisons, rancoeurs alimentent le climat ambiant. C'est excessif, comme les sentiments évoqués ; la musique fait diversion à espaces réguliers et les lumières sont là pour mettre en valeur ce grand remue-ménage au rythme effréné.


L'adaptation de Frédéric Jessua et Vincent Thépaut se veut plus actuelle que celle de Georges Beaume bien sûr ; ici les comédiens sont amenés à jouer plusieurs personnages, travestissements inclus, bref c'est une autre vision qui nous est proposée, quelque peu décalée certes mais néanmoins respectueuse de l'oeuvre initiale. Donc, à voir …

Simone Alexandre

 

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07:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent