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09/10/2015

Flaubert, lettres à Louise Colet

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Théâtre de l'île Saint-Louis Paul Rey

 

39, quai d'Anjou

 

75004 PARIS

 

 

(M° Pont-Marie)

 

loc. 01 46 33 48 65

 

http://www.theatre-ilesaintlouis.com/

 

Places : 15€

 

Etud. - de 25 ans : 10€

 

Chaque mardi à 21h

 

jusqu'au 8 DECEMBRE 2015

 

Durée ; 1h20

 

De et avec Marie-Stéphanie Sutter

 

 

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En juin 1846 Gustave Flaubert rencontra ( chez le sculpteur Pradier ) Louise Colet, poétesse en vogue ; le jeune homme n'avait alors que 24 ans.

 

Une liaison s'ensuivit, émaillée d'échanges épistolaires car si l'on est accoutumé à ce que les femmes se refusent ( le plus souvent par coquetterie ) cette fois, c'est l'amant qui jouera de la distance afin de protéger la concrétisation de ce projet d'écriture en direction duquel " La Muse " l'avait chaleureusement encouragé. 

 

Ce pessimiste qui ne croit à rien - pas même en lui - va rapidement lutter contre cet amour, se plaignant de façon significative : " je suis malade de toi " …

 

Par la suite, s'étant réfugié à Croisset qui restera son port d'ancrage, les courriers s'échangeront entre ce lieu ( où il se terre ) et Paris où Louise vit et a même un salon ouvert à tout ce que la capitale compte de gens célèbres dans le monde littéraire de l'époque, bien plus riche que la nôtre en ce domaine.

 

Plus sa maîtresse est passionnée et plus il se protège … et pendant tout le périple qu'il effectuera en Orient accompagné de Maxime du Camp, ( ce qui d'ailleurs, ressemblait fort à une fuite ...)  elle espérera vainement une lettre de lui. Il avait rompu leur liaison au préalable, en mars 1848 et ne renouera avec elle qu'à son retour, courant juillet 1851.

 

 

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 ( photos : Jean Reynes )

 

 

Commencera alors l'écriture pour le moins laborieuse de Madame Bovary ( tant il pousse le perfectionnisme à son point culminant ) et dont la rédaction durera trois longues et pénibles années jonchées de courriers explicatifs, bien sûr.

 

Car ce solitaire avait parallèlement la rage d'écrire des lettres de façon quasi quotidienne, souvent plusieurs heures d'affilée. Louise en bénéficiera mais également George Sand, Sainte Beuve, Tourguéniev, beaucoup d'autres et même Victor Hugo qu'il surnomme " le grand crocodile " faisant mention auprès de sa confidente d'une " lettre monumentale " sur laquelle il passa tant de temps qu'il avoua la savoir par coeur ... ( il est toujours permis de douter de la spontanéité d'un auteur quand il rédige un courrier ! )

 

Les échanges entre nos deux amants furent souvent houleux car cette républicaine féministe de surcroît, supportait mal d'être de la sorte délaissée.

 

En mars 1855, elle témoignera d'un peu trop d'impatience à le revoir et ayant cherché ( vainement ) à le rencontrer en se rendant à son domicile trois fois en une même soirée ( ! ) se verra - toujours par lettre - signifier son congé de façon bien plus que cavalière, injurieuse pour tout dire.

 

Si l'on admire l'écrivain, l'homme quant à lui est peu sympathique ce qui bien sûr, ne l'empêchera pas de passer à la postérité alors que le nom de Louise Colet n'est peut-être venu jusqu'à nous, plus à cause de cette liaison que grâce à ses écrits couronnés pourtant à trois reprises par l'Académie française.

 

Avec cette voix fraîche que beaucoup d'Agnès pourraient lui envier, Marie-Stéphanie Sutter arbore avec élégance la célèbre robe bleue qui lui permet d'évoquer tout à la fois, Louise Colet mais également Emma Bovary. C'était sans doute une justice à rendre à l'une et à l'autre. 

 

Portée par cette triple fonction d'adaptatrice, de metteur en scène et d'interprète, la comédienne mérite bien nos applaudissements. Ce n'est hélas, qu'un seul soir par semaine

( chaque mardi à 21h jusqu'au 8 décembre ) aussi ne manquez pas le rendez-vous ! 

 

Simone Alexandre

 

 

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10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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