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27/05/2015

Extinction de Thomas Bernhard

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THEATRE de l'OEUVRE

 

55, rue de Clichy

 

75009 PARIS

 

 

(M° Place de Clichy)

 

Loc. 01 44 53 88 88

 

http://www.theatredeloeuvre.fr/

 

Pl. 17 à 28€

 

- 26 ans : 10€

 

jusqu'au : 24 JUIN 2015

 

A 19h du mardi au vendredi

 

Samedi à 15h

 

Dimanche à 19h

 

 

Adaptation : Jean Torrent

 

Réalisation : Blandine Masson et Alain Françon

 

avec : Serge Merlin

 

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Merlin l'enchanteur ? … Que nenni ! Merlin l'irascible, le râleur impénitent, le pourfendeur du monde alentour, celui qui se prend pour Thomas Bernhard en forçant le trait à l'extrême. Comment concevoir que cet auteur fut ainsi dans la vie ? Il eût alors tôt fait de mourir d'épuisement.

 

 

On l'imagine plus volontiers ( lorsque quelque chose ou quelqu'un lui déplaisait, ) se réfugiant dans un mutisme dont il ne pouvait sortir que par l'écrit et alors un ouragan se déclenchait.  C’est une sorte de jeu que l’on peut qualifier de pléonastique puisque l’expression, le langage viennent surabonder à la violence de l'écriture. Mais le public aime car cela va droit au but : il n’y a nulle question à se poser. C'est un Thomas Bernhard qui nous est livré à l'état brut : l'homme hait tout le monde sans exception aucune.   Il procède à des règlements de comptes tous azimuts !

 

 

L'Autriche ? … une abomination et ses natifs plus encore. Il est inutile et même superflu de s'embarrasser de nuances ou de particularisme : rien que des êtres obtus, belliqueux, ignares ou primaires et ce n'est pas par hasard si le personnage est allé se réfugier à Rome, berceau présumé de la culture occidentale.

 

Cet Alceste qui a mal vieilli ressasse sa rage jusqu'à s'en étouffer. Quand on déteste les lieux où le hasard nous a fait naître, il ne serait pas illogique que l'on désertât ; or Thomas Bernhard vivait dans la campagne autrichienne, signe ( mais, sauf à pratiquer la psychologie bon marché en faveur actuellement, on ne peut, sans présumer, rien en déduire au fond… ) qu'il lui était profondément attaché. Peut-être alors pensait-il que ses compatriotes ne méritaient pas un tel décor ?

 

Même si on a choisi de se séparer de sa famille, l'annonce de la mort brutale de trois de ses parents, géniteurs et frère ne peut laisser totalement insensible. Murau pour ne pas céder à la douleur se réfugie dans l'invective. Un homme en colère oublie de souffrir … Et puisque les souvenirs s'invitent de façon obligatoire, les deux soeurs seront évoquées avec un humour féroce bien sûr mais ce sera malgré tout, un peu de miel, un peu de baume venu adoucir toute cette aigreur.

 

Comment Thomas Bernhard aurait- il accueilli l'interprétation de son texte ? C'est bien difficile de le savoir et bien malin qui se risquera à le dire ! Les miroirs tendus sont souvent peu flatteurs et la naturelle tendance, le penchant irrésistible est de les désavouer.

Les spectateurs, eux adhérent complètement. Quant à moi, j'y mettrai quelque nuance, ce jeu excessif évoquant plus le personnage d'Antonin Artaud que celui de Thomas Bernhard, écrits et attitude logeant rarement à la même enseigne.

 

 

Le texte quant à lui est édité chez Gallimard et je ne saurais trop vous conseiller de le lire afin que votre sensibilité trouve à s’y exercer, soit que vous soyez séduits, soit que vous soyez effrayés, ce qui devrait être exclu car on ne va que rarement en direction de cet auteur par hasard ...

 

 

Simone Alexandre

 

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14:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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