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12/05/2015

Le projet Penthésilée d'après Henrich von Kleist

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THEATRE d'IVRY  

ANTOINE VITEZ

 

1, rue Simon Dereure

 

94200 IVRY

 

 

( M° Mairie d'Ivry)

 

 

tél. 01 43 90 11 11

 

 

http://www.theatre-quartiers-ivry.com/

 

Pl. 20€, T.R. 10 & 15€

 

 

Adaptation et mise en scène : Catherine Boskowitz

 

avec Lamine Diarra (Achille) - Adèll Nodé Langlois (Clowne) - Marcel Mankita (Ulysse) - Simon Mauclair (Diomède) - Nadège Prugnard (Penthésilée) - Fatima Tchiombiano (L'Amazone) - Nanténé Traoré (Prothoé)

 

 

Au moment où la pérennité de l'enseignement du grec et du latin est sur la sellette, évoquer le mythe de Penthésilée tombe à point nommé. Durant l'Antiquité, le peuple des Amazones a t'il existé ? Beaucoup se posent encore la question. Geneviève Pastre auteur de " Les Amazones, du mythe à l'histoire " après moult recherches en était quant à elle persuadée.

 

La rencontre qui opposa le bouillant Achille à cette reine au sein unique semble avoir inspiré plusieurs versions. On nous apprenait jadis que voulant venger la mort d'Hector, Pâris, " le beau Pâris " avait tué Achille en lui décochant une flèche au talon, seul endroit vulnérable après son immersion dans le Styx où sa mère l'avait plongé pour le rendre invincible.

 

Or ici, bien loin de tomber amoureux de celle qu'il venait de vaincre et de tuer, la version du Penthésilée de Kleist diffère puisqu'Achille cet amoureux transi, aussi vulnérable que Samson face à Dalila, sera finalement déchiqueté par la guerrière accompagnée de ses chiens. Féminisme oblige : un mythe pouvant être tordu à l'instar de l'acier sous le feu d'un brasier suffisamment ardent.

  

Catherine Boskowitz si elle préserve la blondeur " supposée " ( pardon pour cet anglicisme ) de la reine des Amazones confie en revanche les rôles d'Achille, d'Ulysse, de Prothoé et de celle qui est désignée sous le nom générique d'Amazone, à des interprètes d'origine africaine. Grecs et allemands devraient en toute logique contester ces choix mais en cette époque où le souci de vraisemblance n'est pas prioritaire, d'aucuns crieraient immédiatement au racisme ! N'en doutons pas puisque nous sommes en permanence confrontés à de tels raccourcis.

 

Un clown au féminin après s'être maquillée sous nos yeux viendra ponctuellement faire diversion en cet espace éclaté encombré de bâches de la couleur des sacs poubelle où une maquette de cité semble évoquer tout à la fois les h.l.m. d'Ivry, les immeubles de Gaza ou ceux de Beyrouth. Inutile de chercher le message …

 

Des écrans mobiles vont et viennent c'est ce que l'on a coutume de désigner par l'expression : thème réactualisé. J'ai personnellement une autre conception de la tragédie, plus sobre, plus altière aussi. Quelques spectateurs dérangés ont pris la porte avant la fin, d'autres ont applaudi par politesse et eu égard aux comédiens.

 

Pour ma part, je voudrais saluer la prestation de Nadège Prugnard qui en dépit de tout cet environnement scénique demeure une Penthésilée fort crédible. 

A voir … par pure curiosité et puis quand il n'est pas tripatouillé, le texte de Kleist vit de sa propre existence, fort heureusement ! 

 

Simone Alexandre

 

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12:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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