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08/04/2015

Le Faiseur d'Honoré de Balzac

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THEATRE DE LA VILLE

LES ABBESSES

 

31, Rue des Abbesses

 

75018 PARIS

 

(M° Abbesses)

 

Loc. 01 42 74 22 77

 

aux-abbesses

 

Pl. 27 & 30€

 

- 30 ans : 18€

 

jusqu'au : 11 AVRIL 2015

 

du mardi au samedi  à 20h.30

 

 

Mise en scène : Emmanuel Demarcy-Mota

 

avec : Serge Maggiani, Valérie Dashwood, Sandra Faure, Jauris Casanova, Philippe Demarle, Sarah Karbasnikoff, Gérald Maillet, Charles Roger Bour, Walter N'Guyen, Stéphane Krähenbühl, Pascal Vuillemot, Gaëlle Guillou, Céline Carrière.

 

 

 

Honoré de Balzac n’est pas célèbre pour son œuvre théâtrale mais bien pour sa foisonnante « Comédie humaine ». Sous ce titre global, on peut néanmoins ranger « Le Faiseur », qui date de 1840 et dont le thème central, l’argent, l’escroquerie, le mensonge, est bel et bien, et comment !, un sujet balzacien.

Le personnage de Mercadet, tout en cautèle et en bassesses, est une sorte d’aventurier de la finance, il serait trader aujourd’hui, qui cherche à se refaire en permanence, ruiné un jour sur deux, l’autre jour millionnaire, c’est assez dire combien il vit, et il fait vivre sa famille, dans l’inconfort, le doute, l’incertitude, la petite semaine.

 

Naturellement, Balzac utilise les ressorts propres du théâtre, que nous retrouverons chez Mirbeau, ou chez Labiche, Courteline ou Feydeau, parce que c’est bien une comédie qui se joue devant nous, avec ses invraisemblances moliéresques, ses surprises météoritiques et ses effets des plus classiques.

Il est naturellement de bon ton de se dire que Balzac décrit notre époque, et ceux qui le font avouent leur méconnaissance de l’auteur : il l’a toujours fait, et Mercadet n’est pas si éloigné de César Birotteau en faillite, également chassé par son bailleur, très proche de Vautrin qui roula jusqu’à la pègre, et tous les personnages du « Faiseur » se retrouvent nécessairement dans l’un des 2400 et quelques personnages créés au travers des romans. Balzac est moderne, c’est là une de ses grandes vertus !

 

Ce monde clos de l’argent, Balzac le connaissait bien qui n’a cessé de fuir ses créanciers, soit que ces derniers dussent assurer son train de vie confortable, soit qu’ils fussent contraints de lui prêter de l’argent pour financer ses entreprises des plus hasardeuses. Il n’est que de faire un tour rue Raynouard, à son domicile, pour en aviser la double issue propice à l’échappatoire…

« Le Faiseur » c’est un peu lui-même à cela près que, sans enfant, il bénéficie du doute : il n’eût pas marié sa fille pour satisfaire sa fortune.

 

Mais que Adolphe Minard, élu du cœur de Julie Mercadet, pauvre et sans avenir, devienne d’un coup le fils Godeau (ô similitude phonétique des noms…), riche et généreux, n’est pas sans évoquer le sort d’Esther Gobseck morte dans la misère dans les bras d’un Lucien de Rubempré non moins ruiné, alors qu’elle devenait, à son insu, la plus riche héritière de Paris !

Il faut à tout cela un rythme vif, pour marquer cette course à l’abîme qu'est la vie de Mercadet, et Emmanuel Demarcy-Mota s’y est employé avec efficacité, plaçant par ailleurs ses comédiens dans le total inconfort d’un plateau mu par un système que n’eût pas renié Carlo Vigarani…

 

Belle prouesse de la troupe du théâtre de la Ville, au théâtre des Abbesses, à 20h30 jusqu’au 11 avril, et il faut se précipiter car les jours sont désormais comptés de ce « Faiseur » peu délicat mais si finement mis en spectacle.

 

© Frédéric Arnoux

 

 

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12:19 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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