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17/03/2015

Boesman et Léna d'Athol Fugard

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THEATRE de la TEMPETE

 

Cartoucherie de Vincennes

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

(M° Château de Vincennes + navette gratuite)

 

Tél. 01 43 28 36 36

 

http://www.la-tempete.fr/

 

Pl. 20€, T.R. 15/12€

 

Le mercredi, tarif unique : 12€

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 20h.30

 

Matinée le dimanche à 16h30

 

Salle : Copi 

 

Adaptation et mise en scène : Philippe Adrien

 

avec Christian Julien, Nathalie Vairac et Tadié Tuéné

 

scénographie et costumes : Erwan Creff

 

 

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Arrivée des deux personnages principaux, trainant avec eux tout leur barda, les épaules chargées, l'un et l'autre à la limite de l'épuisement. Seule la langue de Léna reste vivace ce dont Boesman se plaint car elle lui casse littéralement les oreilles mais le suit fidèlement. Ils ont une fois de plus été expulsés de l'endroit où ils s'étaient provisoirement posés. Nul besoin de remonter à l'époque de l'apartheid pour constater que ce genre de situation perdure, les Roms, nos réprouvés actuels en fournissent chaque jour, la triste illustration. 

Chaque fois que cela arrive, le couple revient en ce même endroit, désert, inconfortable au possible, situé à proximité d'un cours d'eau qui envahit ponctuellement les terres qui le jouxtent, réduisant le sol à l'état de boue. 

Léna est agaçante certes car elle ne cesse de parler, pour se plaindre bien sûr, comment pourrait-il en être autrement ?

A contrario, Boesman semble avoir sinon accepté la situation mais du moins faire avec. Le bulldozer de l'homme blanc lui a rasé son dernier abri, et bien il va en construire un autre, ailleurs, fait de bric et de broc, comme chaque fois mais il faut bien reconnaître, qu'il excelle à ce genre d'exercice.

Jusqu'à ces derniers temps, un chien les suivait lequel fait cruellement défaut à Léna car lui au moins l'écoutait. Boesman lui, préfère la battre. N'est-elle pas le seul bien dont il dispose ? … et certaines possessions sont cruelles.

Un troisième personnage va faire son apparition, situé tout en bas de l'échelle des fausses valeurs que les " humains " ont créées. 

Outa s'exprime en un mystérieux dialecte et Léna va le prendre sous sa protection, ce qui déplaît à son homme, lequel ne pense qu'à s'en débarrasser. Des comparaisons vont alors naître dans l'esprit de la femme qui va brusquement rêver de libération mais je vous laisse découvrir la suite ... 

 

 

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 ( photos : Antonia Bozzi )

 

 

Christian Julien (Boesman) est particulièrement bien dans ce rôle où il se distingue par un jeu tout à la fois mesuré et puissant faisant preuve d'une présence scénique indéniable.

Cassée en deux, ployant prématurément sous le poids de tout ce qu'elle a dû endurer, Nathalie Vairac (Léna) ne ménage pas ce qui lui reste d'énergie. 

Enfin, Tadié Tuéné nous prouve ici que les petits rôles n'existent pas. Son visage mobile à l'expression prenante capte l'attention du public avant celle de Léna. Le verbe d'Atol Fugard s'exprime avec cette force habituelle témoignant une fois de plus de la présence d'un monde que certains voudraient confortablement oublier.

L'adaptation, la mise en scène et la direction d'acteurs réalisées par Philippe Adrien constituent un sans faute. Nous n'en attendions pas moins de lui. 

 

Simone Alexandre

 

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08:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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