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24/02/2015

Histoire vécue d'Artaud-Mômo d'après la Conférence du Vieux Colombier

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THEATRE des MATHURINS

 

36, rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

( M° Havre-Caumartin )

 

Loc.01 42 65 90 00

 

 

 

http://www.theatredesmathurins.com/

 

Pl. 32€ - 26ans : 10€

 

Mise en scène : Gérard GELAS

 

avec Damien REMY

 

 

Artaud-Momo-1.jpg

 

 

Il n'est pas rare que le génie flirte avec la folie. Ce fut le cas pour Nietzsche et pour Artaud. Rude épreuve pour un comédien que d'incarner un tel personnage !

 

C'est un rôle qu'il faut prendre à bras le corps, mentalement et physiquement, situation perturbante au possible car si un acteur aime séduire, il sait ici qu'il va engendrer la répulsion. Seule l'admiration que déclenchera sa prestation peut le sauver.

Le cheveux long, gras et pendant, la silhouette voutée, les mains tremblantes et les doigts crispés, l'envoûtement du public passera obligatoirement par le regard : fixe, halluciné du personnage ...

 

En ce dimanche après-midi ou succédant à un jour de pluie, il y avait grand soleil dehors, les spectateurs n'étaient pas nombreux dans la salle. Difficulté supplémentaire car un monologue se nourrit des réactions du public.

 

Après 9 longues années d'internement, Antonin Artaud devait se produire pour donner une conférence sur la scène du Vieux Colombier. Un public averti composé d'intellectuels, d'artistes et de curieux, quelques amis aussi ( autant qu'il ait pu en conserver ) se pressaient sur place ce jour là.

 

 

C'était le 13 janvier 1947. Parmi les figures les plus connues : Gide, André Breton, Picasso, Dullin et Adamov étaient présents. La consternation et un malaise pesant ne tardèrent pas à s'emparer de l'assistance confrontée à ces cris, à ces gesticulations convulsives qui l'empêchèrent d'articuler une seule phrase. Artaud n'avait alors que 50 ans mais l'accumulation de drogues de toutes sortes, les nombreux électrochocs subis avaient eu raison de lui.

 

C'est ce texte qu'il fut incapable de prononcer que nous allons découvrir ici, lequel est le triste bilan de sa vie et le constat halluciné d'une société qu'il dénonce avec l'acuité d'un écorché vif.

 

 

Artaud-D.Remy.jpg

 ( photos LOT )

 

 

Visionnaire apocalyptique, Artaud victime d'une époque dont la conscience n'est pas libre, dénonce le mensonge " cette honnêteté de façade " Lui qui exécrait le théâtre bourgeois rappelle que cet art est avant tout, un débordement passionnel. Qui - en dehors de lui - aurait été plus apte à exprimer cela ?

Quand il conclut " et je n'ai pas l'intention de me soumettre " on pense à Céline également ...

 

Damien Rémy utilise tous les ressorts de la technique pour mener à bien l'incarnation de son personnage. Certains déploreront peut-être l'inclusion de cette parole off qui vient interrompre le crescendo direct mais force est de reconnaître que ce à quoi nous assistons ici constitue un exploit.

 

 

Simone Alexandre

 

 

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09:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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