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21/02/2015

Blind date (L'amour à perte de vue) de Marie Diament

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THEATRE de la HUCHETTE

 

23, rue de la Huchette

 

75005 PARIS

 

(M° St-Michel)

 

Loc. 01 43 26 38 99

 

http://www.theatre-huchette.com/

 

Pl. 25€ - de 25 ans : 16€

 

du mardi au samedi à 21h

 

Matinée le samedi à 16h

 

traduction de Françoise Thanas

 

Mise en scène de John McLean

 

 

avec : Dominique Arden, Raphaëlle Cambray, Ingrid Donnadieu, Victor Haïm, André Nerman

 

 

Ecrivain-joggeuse.jpg

 

 

 

L'amour est aveugle - c'est bien connu - et se nourrit d'illusions ...

 

Un homme atteint de cécité, assis sur un banc dans un jardin public à Buenos Aires est accosté par celui qui se présentera comme un homme d'affaires (directeur adjoint d'une banque) lequel était tout simplement à la recherche d'un moment de quiétude en ce lieu. La conversation s'engage aussitôt. Le premier parle des arbres qu'il ne voit plus, l'autre de son métier et de l'argent désormais virtuel avant que les confidences ne deviennent un peu plus intimes de part et d'autre.

 

L'aveugle est un écrivain connu et sera reconnu par tous (nous autres spectateurs pensons forcément à J.L.Borgès )  Viendront les réflexions philosophiques,

- l'inévitable existe t-il ? … avons nous une influence déterminante sur notre destin ? … des mondes parallèles peuvent ils sérieusement être envisagés ? Autant de questions qui resteront de simples suppositions, faute de preuves tangibles, évidemment.

 

Entre l'amour coup de foudre pour une personne entrevue " l'espace d'un instant " et l'amour réel mais sans doute non partagé, existe t'il une différence ? (l'imagination en ce domaine faisant tout.)

 

Quand le banquier repart vers sa vie devenue compliquée, l'écrivain reste seul sur son banc. Pas très longtemps car une joggeuse passablement essoufflée, ne va pas tarder à le rejoindre. 

 

- " Incroyable ! " diront les enthousiastes, 

- " peu crédible " préciseront les sceptiques, 

 

puisqu'il s'agit précisément de la jeune personne évoquée par l'homme qui vient de s'en aller  ... 

 

Autant dire une chance sur un million pour que cela arrive ! 

 

Pourtant il existe parfois dans la vie des coïncidences plus grandes que celle là et puis, (simple supposition) peut-être nous est il donné de voir l'imaginaire du vieil homme assis sur son banc ? A vous de choisir l'option qui vous convient le mieux. et c'est bien là que se situe le charme de cette pièce pour peu que notre sens onirique n'ait pas complètement disparu.

 

Car toutes les situations sont criantes de vérité et cependant l'imaginaire a le pas sur tout.

Nous abordons un monde fantastico-réel permettant à l'auteur de construire le chassé-croisé auquel nous assistons.. 

Certes, si on veut ratiociner, l'épouse en sa qualité de psy' enfreint toutes les règles de déontologie, violant le secret professionnel auprès de son mari mais dans le même temps, comme elle est impliquée, disons que sa réaction est humaine !

 

Référence est faite de façon récurrente à " l'Education sentimentale " de Flaubert qui devient sinon le fil conducteur de la pièce, du moins le prétexte à certaines situations réactualisées.

Nous le savons tous, l'amour enlève toute clarté de jugement et celui ou celle qui ne partage pas ce sentiment rend l'autre ridicule pour peu qu'il (ou elle) s'obstine. Cette situation déclenchera en coulisse un drame quasi shakespearien ... 

 

Victor Haïm, que nous connaissons depuis longtemps en qualité d'auteur est reconnu unanimement comme un excellent comédien.Une fois de plus ce dernier se révèle à la hauteur de sa réputation. Quand en fin de pièce accompagné de toute l'équipe il vient saluer nous retrouvons son regard empreint de malice et ce sourire qui fait de lui un être éternellement jeune !

 

Rafaëlle Cambray joue la psychologue ( épouse du banquier infidèle)  en parfaite adéquation avec les situations que son personnage doit affronter. De bout en bout, son interprétation sonne parfaitement juste.

 

Après le personnage d'Heidegger en ce même lieu, nous retrouvons le fougueux André Nerman dans le rôle de l'homme en proie à ce que l'on nomme dérisoirement " le démon de midi " tout à la fois séducteur et victime.

 

Le caractère implacable de la jeunesse sera ici exprimé avec vigueur par Ingrid Donnadieu.

 

 

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 ( photos : LOT )

 

 

Quant à Dominique Arden, cette dernière s'acquitte du rôle - pas très facile - de l'ex-jeune femme, amour imaginaire qui hantait la pensée de l'écrivain et que le Hasard va remettre sur sa route de façon assez inimaginable après toutes ces années …

 

Il n'est pas facile de terminer une pièce et c'est peut-être l'invraisemblance de trop mais comme je l'ai suggéré plus haut, quelle est la part de réalité et celle de rêve qui se déroule sous nos yeux ? …

Borgès avait en réserve des situations plus fantastiques et irréelles que celle là !

 

Et puis, n'allons nous pas au théâtre pour rêver ? Pour ma part, ce fut le cas, idem pour ceux qui y prirent le plus grand plaisir.

 

 

Simone Alexandre

 

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08:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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