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13/02/2015

The Servant de Robin Maugham

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POCHE MONTPARNASSE

 

75, bd du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. 15 à 35€

 

(- 26 ans : 10€ selon disponibilités)

 

A 19h. du mardi au samedi

 

A 17h. le dimanche

 

(- 50 % jusqu'au 17 février)

 

 

 

Traduction : Laurent Sillan

 

Mise en scène : Thierry Harcourt

 

 

avec Maxime d'Aboville, Roxane Bret, Xavier Lafitte, Adrien Melin, Alexie Ribes

 

 

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On peut se poser la question de savoir si le spectacle d’une déchéance est vraiment un spectacle. On aura la réponse en allant applaudir « The servant » de Robin Maugham, dans une traduction de Laurent Sillan et une mise en scène de Thierry Harcourt au Théâtre de Poche Montparnasse.

Peu ou prou, chacun croit connaître cette triste et lamentable histoire, si anglaise, qui évoque tellement le monde d’Oscar Wilde et la tournée des bas-fonds d’un Dorian Gray pervertissant la délicate Sybil Vane, mais il est à craindre que ce soit au travers du film que le texte soit connu.

 

La pièce excellemment interprétée par cinq comédiens et comédiennes de bel avenir donne à voir une autre dimension.

 

Nous sommes dans une Grande Bretagne des années 50, où subsistent encore quelques fortunes suffisantes pour mettre à l’abri de toute activité mercenaire une frange oisive de la population. Tony est de celle-ci qui recrute Barrett, un butler modèle, déférent jusqu’à l’obséquiosité,  attentif et travailleur forcené. Ces qualités apparentes lui servent à poursuivre son but.

Barrett saura jouer de la paresse de son employeur, de sa faiblesse de caractère, de son indolence, et pour tout dire de sa veulerie, pour l’amener à ses fins. On pourrait presque penser qu’ « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » tant la personnalité de Tony est inexistante.

 

Ce grand bourgeois vit dans un monde fini, il est resté figé dans les mœurs du siècle précédent et cela lui est fatal. Barrett est un homme qui a une revanche à prendre sur la vie, sur la société qu’il rejette. Nous sommes dans un univers de lutte des classes, à une époque, l’après-guerre, où la prospérité s’entr’aperçoit et où les plus démunis d’hier commencent d’espérer en un avenir meilleur. Les moyens pour y parvenir sont plus ou moins honorables.

 

A l’heure où certains s’élèvent socialement, d’autres chutent, et c’est à ce croisement que nous assistons. Et tout cela est terrible, dépourvu de sentiment, cruel, sans humour, sans amour non plus bien que perdus dans leurs habitudes certains personnages se bercent de l’illusion de ce sentiment. 

 

Cette pièce est utile, parce qu’elle donne à voir des ressorts humains qui ne disparaitront jamais. Elle démontre que la résistance, le recul, la clairvoyance et l’analyse sont les armes utiles et nécessaires à la vie en société, qui, pour hiérarchisée qu’elle soit, ne saurait être un combat du jour contre la nuit.

 

La seule réserve que nous émettrons sur cet excellent spectacle, bien faible, est que nous eussions aimé davantage de perversité de ton. Cette pièce qu’on pourrait résumer à la prise de pouvoir par la médiocrité (ce qui n’est pas sans évoquer la société dans laquelle nous vivons désormais) reste néanmoins un parfait moment de théâtre auquel il faut aller sans tarder.

 

 

Paris produit en ce moment nombre de pièces regardant l’Angleterre ; c’est nous que nous voyons. Est-ce assez dire que nos sociétés sont similaires … et perfectibles ?

 

© Frédéric Arnoux

 

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09:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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