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11/02/2015

Voyage avec ma tante d'après Graham Greene

VOYAGES AVEC MA TANTE Affiche.jpg

 

 

PEPINIERE THEATRE

 

7, rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

 

(M° Opéra)

 

loc. 01 42 61 44 16

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Pl. 32€

 

A 19h. du mardi au samedi

 

 

Adaptation et mise en scène : Nicolas Briançon

 

avec Claude Aufaure, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier, Pierre-Alain Leleu

 

 

VOYAGES AVEC MA TANTE (perroquet) Photo Libre (c)Francois Berthier.jpg

 ( photo : François Berthier )

 

 

 

Ne traînons pas pour le dire « Voyages avec ma tante » de Graham Greene, qui se donne actuellement à la « Pépinière théâtre » est une merveille de bonheur théâtral !

Le roman, adapté pour la scène par Giles Havergal, parut en 1969 et donne ici lieu à une adaptation impeccable et une mise en scène sans faille du toujours efficace Nicolas Briançon, pour la plus grande joie d’une salle comble jusqu’aux derniers strapontins, hier soir.

 

Nous avons devant nous quatre comédiens de haute tenue, de grande qualité, au talent protéiforme qui revêtent devant nous, avec bonheur, une multitude de personnalités absolument différentes dont le carrefour est le personnage falot au début, un peu plus dessalé à la fin, de Henry Pulling.

 

Cette sotie moderne comporte plus de vingt personnages et tous sont interprétés par notre quatuor vibrionnant, sans un temps mort, sans que, dans ce maelström, le spectateur soit à un seul moment perdu dans l’identification des rôles ou le déroulement de cette histoire loufoque dont nous ne vous dirons rien à peine de vous priver du plaisir délicieusement canaille de la découverte finale, qui est progressive, avec ses avancées, ses reculades, ses sautillements.

 

Claude Aufaure campe une Tante Agatha merveilleusement foldingue, une sorte de compromis de grande bourgeoise éthérée et d’ancienne viveuse, qui ont souvent en commun de partager un vocabulaire peu châtié.

 

Ses comparses ne sont pas moins drôles, pleins de cet humour anglais que les Français savent si bien rendre, qui tinte si délicieusement à nos oreilles par le « suggéré », le non-dit, le sous-entendu, l’équivoque, et cet ensemble fait de subtilité et de rosserie est plein d’un charme un peu désuet auquel nous ne sommes pas insensibles. On dirait parfois du Mauriac à son meilleur dans l’acidité. Cet humour est à mille coudées au-dessus de ce que produisent certaines scènes parisiennes de palanquées de prétendus comiques au talent au ras des pâquerettes naines et à la vulgarité revendiquée.

 

Ici, rien de tout cela : de la hauteur, de la distance, du calme, dans un solide humour, comme une politesse ultime, une élégance nécessaire à la vie en société.

 

Graham Greene a eu une vie fantasque, plus ou moins recruté par les services secrets, auteur de carnets de voyages, trainant son charme britannique dans l’univers du cinéma. Il semble avoir mis un peu de tout cela dans son « Voyages avec ma tante », promenant son héros nonchalant et casanier dans un monde de plus en plus large qu’il semble ne pas comprendre pour, au final, s’y acclimater tout à fait.

 

Parce que cette pièce est une totale réussite, un moment de joie d’une heure trente sans repos, il faut y aller, vite, seul, avec des amis, ou… en famille.

 

 

© Frédéric Arnoux

 

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

10:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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