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06/02/2015

Des souris et des hommes de John Steinbeck

 

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THEATRE du PALAIS ROYAL

 

38, Rue de Montpensier

 

75001 PARIS

 

(M° Bourse ou Palais Royal)

 

loc. 01 42 97 40 00

 

Pl. 15,50 à 36,50€

 

A 19h du mardi au samedi

 

Relâche les 10 & 20 Mars 2015

 

 

 http://theatrepalaisroyal.com/

 

Adaptation : Marcel Duhamel

 

Mise en scène : Jean-Philippe Evariste & Phiiippe Ivancic

 

Direction d'acteurs : Anne Bourgeois

 

avec : Philippe Ivancic, Jean-Philippe Evariste, Jean Hache, Jacques Bouanich, Agnès Ramy ou Alyzée Costes, Henri Déus, Emmanuel Lemire, Emmanuel Debbous, Augustin Ruhabura ou Bruno Henry, Hervé Jacoby ou Pascal Ivancic

 

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Il est désormais connu que John Steinbeck fut prix Nobel de littérature, en 1962, par défaut, et lui-même trouva cela surprenant, parce qu’il n’avait rien écrit d’important depuis bien longtemps. Reste néanmoins qu’il est l’auteur des « Raisins de la colère » de « A l’est d’Eden » et de « Des souris et des hommes ».

 

C’est dans une adaptation impeccable de Marcel Duhamel que cette dernière pièce est actuellement reprise du mardi au samedi à 19 heures au Théâtre du Palais Royal.

 

L’histoire de George et Lennie est célèbre et ce principe de deux hommes mal appariés, l’un traînant l’autre comme une pénitence, a été maintes fois repris, notamment au cinéma.

Il n’est que de se souvenir de « L’épouvantail », «  Macadam Cowboy » et jusqu’à « Rain man » pour comprendre le ressort sur lequel l’histoire fonctionne.

 

L’intelligence de l’auteur est de donner à voir neuf hommes et une femme pris dans le carcan de leur vie médiocre, éloignée de la ville, vue par les uns comme le lieu de rêve et de bonheur, crainte par d’autres, qui s’évadent de leur condition en pensant à un avenir rural autarcique.

 

C’est un grand texte sur les travailleurs pauvres, la dureté des rapports humains, entre blancs et noirs dans une Amérique en crise des années 30 (qui n’est pas sans évoquer des aspects que nous connaissons actuellement), la difficile communication hommes/femmes, les rapports possédants/travailleurs…

 

Il est bien évident que les rêves des uns ne sont pas ceux des autres et que ceux qui n’en ont pas tentent d’entrer dans la partie, ou s’essaient à la démolir.

 

Dans sa candeur puérile, pour n’être jamais sorti de l’innocence enfantine, Lennie aime à rêver et comme tous les enfants, demeurassent-ils dans un corps de colosse, rien ne le rend plus heureux que d’entendre toujours la même histoire racontée sans fin, parce qu’il peut y habiter comme en pays connu, ce qui le rassure et l’apaise.

 

Et George l’a bien compris aussi qui se plie à ce petit jeu, en toute conscience, certain d’emblée du caractère onirique, fantasmé et pour tout dire inaccessible de tout cela, mais qui y trouve un semblant d’équilibre. Pauvre, quasi désœuvré dans un pays malade, il feint de s’accrocher à son projet partagé pour le faire vivre. Il se fait conteur de ce futur auquel il croit un bref instant, fugace, irréel. Le drame est au bout du chemin.

 

Mis en scène par Jean Philippe Evariste et Philippe Evancic, qui jouent également, ce texte est une merveille d‘intelligence rapide et résonne comme un grand cri d’espoir déçu. C’est une forme rurale et impitoyable des illusions perdues.

 

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( photos : LOT ) 

 

 

Il faut aller sans tarder applaudir ces dix comédiens remarquables qui servent un auteur qui ne l’est pas moins, qui a marqué la génération des élèves des années 1940/1960 et qui mérite amplement d’être découvert et redécouvert.

 

Dans une économie de mots et de moyens il brosse à large pinceau les contours d’une société épuisée, folle d’ambition, perdue de valeurs et au bord de l’implosion.

 

© Frédéric Arnoux

 

 

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09:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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