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22/01/2015

Un obus dans le cœur de Wajdi Mouawad

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Théâtre LES DÉCHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

(M° Châtelat)

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

ou 08 92 68 36 22

 

Tarifs de 10 à 25€

 

chaque lundi à 21h15

 

jusqu'au : 20 AVRIL 2015

 

(Texte édité chez actes sud papiers)

 

Mise en scène : Catherine COHEN

 

avec Grégori BAQUET

 

 

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La puissance de destruction d'un obus … Wajdi Mouawad connaît ( et là, il ne s'agit pas de littérature ) lui qui a passé son enfance au Liban avant que la guerre ne l'ait contraint à s'exiler. Aucun titre ne pouvait être plus explicite que celui-là.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgCe qui est évoqué ici est une catastrophe intime quoique prévisible, pire : annoncée et qui n'a jamais épargné personne, puisqu'il s'agit de la disparition de la mère. Il est notoire que les garçons vivent cela encore plus mal que les filles comme si ces dernières puisaient une consolation dans la ressemblance. 

- " Avant, c'est fixe comme la mort "

constatera t-il. ( seul l'après continuera à bouger succédant à un temps de quasi somnambulisme … )

Wahab a en pleine nuit reçu un coup de fil laconique car les discours ne sont pas de mise en pareille circonstance. Il part aussitôt et prend le chemin qui mène à l'hôpital où sa mère agonise. Un autobus peut l'y conduire mais dans l'intervalle, il lui faut patienter dans le froid canadien - Incident - parti en catastrophe bien sûr, il lui manque 25 cents pour payer le transport et une algarade aura lieu entre le conducteur et lui. Il ne faut pas contrarier un homme qui souffre car toute la colère qui est en lui ne demande qu'à sortir, à exploser !  

Quant il arrivera à l'hôpital, la famille au grand complet sera réunie autour de la presque morte qui râle à fendre l'âme. Ne pouvant supporter très longtemps cette vision, Wahad ira réfugier sa douleur dans la salle d'attente dont les décorations de Noël sont d'une cruelle ironie en pareille circonstance. " Tabernacle ! " Le juron canadien lui est venu naturellement sur les lèvres, lui, qui vient d'ailleurs … 

Grégori Baquet par son jeu sobre, précis est confondant de naturel. Le Molière qui lui fut attribué en 2014 était amplement mérité. 

La mise en scène de Catherine Cohen elle aussi est sobre, aucune sophistication, aucune fioriture, du reste la situation évoquée ne le supporterait pas. 

Nulle complaisance n'a été accordée à un quelconque pathos, c'est la douleur à l'état brut d'un homme confronté à la fatalité et qui en dehors de ses moments de révolte ne peut que subir puisque c'est hélas, le lot commun. 

Il convient d'ajouter que les spectateurs n'ont pas à redouter le texte dans lequel un humour discret parvient à se glisser par petites touches en ce monologue humain, terriblement  humain ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : iFou pour le pôle-média ) 

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11:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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