Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/01/2015

L'affaire de la rue de Lourcine d'Eugène Labiche

aff.Lourcine.jpg

THÉÂTRE 13 / SEINE

 

30, Rue du Chevaleret

 

75013 PARIS

 

(M° Bibliothèque F.Mitterrand)

 

Loc. 01 45 88 62 22

 

 

À 19h30 : mardi, jeudi, samedi

 

À 20h30 : mercredi, vendredi

 

À 15h le dimanche

 

jusqu'au : 15 FÉVRIER 2015

 

Mise en scène, Yann DACOSTA

 

avec : Jean-Pascal ABRIBAT, Pierre DELMOTTE, Hélène FRANCISCI, Benjamin GUILLARD, Guillaume MARQUET et les musiciens : Pauline DENIZE et Pablo ELCOQ

 

 

Lourcine-1.jpg

 

 

On se demande bien pourquoi les salles des boulevards s’évertuent à produire des comédies contemporaines ( hélas ! ) à l’humour douteux et au comique bas de gamme alors que le répertoire réputé plus classique recèle nombre d’auteurs modernes. Nous parlions ici même il y a peu de Feydeau et de « Chat en poche », aujourd’hui il s’agit de Labiche ( Eugène ) et de « L’affaire de la rue de Lourcine ». C’est la compagnie du Chat Foin, jeu de mot curieux tant le jeu franc et direct de chacun de ses membres fait démentir ce nom, qui est à la manœuvre dans une mise en scène nerveuse et rapide de Yann Dacosta.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgIl est inutile de raconter l’histoire, car cette pièce courte (1h15) ne tient que par un argument faible, ce qui en fait à la fois le charme et l’intérêt. C’est toutefois l’occasion de  contempler les ravages de la mésinformation, de l’erreur de jugement et des désastres liés aux approximations. On se croirait déjà devant nos écrans de télévision, hasardeux et ramenards, où chaque intervenant a une idée ferme sur tout, et ne répond de rien…

 

Nous avons là un bon bourgeois parisien, M. Lenglumé, qui rentrant de goguette ne se souvient de rien et s’enfonce dans l’erreur « comme un requin dans l’ombre», suivant le beau vers de Maurice Rollinat - je crois-,  avec lenteur et détermination.

 

Ce parvenu, mal dégrossi, assez vulgaire, affligé d’une épouse de la même farine, mais dont on sent qu’elle est profondément bonne et généreuse, va entraîner dans son délire sa maisonnée, sa parentèle et même au-delà.

 

C’est le triomphe de la sottise benoîte et satisfaite, où l’esprit de classe prend toute sa place, où les hiérarchies sont fixées, et où le bourgeois est sacralisé, fût-il une andouille absolue.

 

Labiche a écrit, seul ou moins seul et surtout moins, 176 œuvres répertoriées, ce qui ne constitue pas un exploit pour l’époque. « L’affaire de la rue de Lourcine » se situe à mi-parcours à peu près de sa vie d’auteur, c’est dire s’il avait alors acquis la grande maîtrise que nous aimons chez lui, cet esprit assez piquant qui fait que l’humour est toujours présent, la rosserie jamais bien loin, ce sens du rythme, cette connaissance de la prosodie qui lui a permis d’écrire des livrets d’œuvres lyriques.

 

On peut lui préférer d’autres textes plus connus, « Mon Isménie » ou « le Chapeau de paille d’Italie », mais cette rue de Lourcine, qui est l’ancien nom de l’actuelle rue Broca, dans le quartier du Val-de-Grâce, reste un texte solide et propre aux folies de mise en scène.

 

Il conviendra donc d’assister à ce spectacle également pour cette dernière, inventive, fondée sur des ressorts classiques mais avec une touche de modernité, musicale et poétique qui donne à l’ensemble un rythme, une cadence, un tempo.

 

Tout cela est vif, nerveux, bien mené et homogène, et nous emporte, le temps de la représentation, loin de l’hiver parisien.

 

C’est au Théâtre 13 Seine.

 

© Frédéric Arnoux

www.theatrauteurs.com

 

Lourcine-2.jpg

 ( photos : Julie Rodenbour )

 

1021653704.jpg

 

10:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.