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05/12/2014

(GERTRUD de Hjalmar Söderberg

THÉÂTRE LE MONFORT

 

106, rue Brancion

 

75015 PARIS

 

( M° Porte de Vanves )

 

Tél. 01 56 08 33 88

 

Pl. 25€ - T.R. 16€

 

À 20h.30 du lundi au samedi

 

jusqu'au : 13 DÉCEMBRE 2014

 

 

Traduction : Jean JOURDHEUIL et Terje SINDING

 

Adaptation et mise en scène : Jean-Pierre BARO

 

 

avec : Jacques ALLAIRE (Gabriel Lidman) - Cécille COUSTILLAC (Gertrud Kanning) - Elios NOEL (Erland Jansson) - Tonin PALAZZOTTO (Gustav Kanning) - Michèle SIMONNET (Mme Kanning / la dame grise) 

 

 

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Lumières : Bruno Brinas - Scénographie : Matthieu Lorry Dupuy - Son : Loïc Le Roux- Costumes : Magali Murbach.

 

 

Sur une tonitruante bande son apparaît côté cour, une femme en longue et scintillante robe noire, chantant en même temps que l'enregistrement, se remémorant ce qu'elle fut jadis …

 

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Survient un homme en peignoir de bain rouge, crâne et jambes nus. Gertrud avouait deux passions : la politique et l'opéra, or Gustav, le mari annonce qu'il est sur le point de décrocher un ministère ... 

Soupçonneux bien qu'il s'en défende farouchement, le voilà qui parle de Gabriel Lidman, cet écrivain que Gertrud a quitté pour lui (du moins pense t-il que c'est la vraie raison). Voilà 6 ans qu'ils sont mariés or il lui semble que depuis quelque temps, son épouse s'éloigne de lui ... Nous ne tarderons pas à comprendre que depuis 3 mois, ils n'ont plus eu aucun rapport intime. Cherchant à être rassuré, il tente de l'embrasser et constate qu'elle se dérobe à son étreinte. 

Arrivée providentielle de la mère de Gustav, laquelle a emprunté les escaliers, ayant la phobie des ascenseurs. La dame semble engagée sur la pente glissante de l'Alzheimer mais l'oubli n'est-il pas une forme d'auto-protection ? Visiblement elle écarte tout ce qui pourrait la perturber allant jusqu'à ne faire aucun cas d'un homme qu'elle a aimé jadis et qui se meurt loin d'elle.

La pièce est à intervalles réguliers traversée d'extraits d'opéra un peu trop bruyants car ils couvrent les paroles des comédiens quand ceux-ci s'expriment dans le même temps. 

Dépouillée de son costume de soirée du début et protégée alors par la pénombre, on peine maintenant à imaginer la comédienne en diva et pourtant ...

Finalement, elle va accélérer le départ de la visiteuse pour déclarer à son mari qu'elle a décidé de changer de vie et surtout lui faire part de son intention de remonter sur scène.

Nous allons la retrouver chez son nouvel amant Erland, plus jeune qu'elle, compositeur de talent mais noceur impénitent et très volage. Il est séduit par la façon dont elle chante mais encore plus par la perspective d'une aventure facile. Gertrud ne conçoit pas les choses de même sorte. Depuis la perte de son enfant elle a tendance à tout dramatiser. Durant ce temps, l'époux angoissé par son absence attend, ne parvenant à se résigner. 

Nous allons faire la connaissance de Gabriel ( l'ex, l'écrivain-poète, revenu au pays récolter les lauriers couronnant son oeuvre mais pas seulement ) Celui qui a été abandonné et celui qui est sur le point de l'être vont se rapprocher l'un de l'autre. Dans un accès de lucidité aggravé par l'alcool, Gabriel constatera avec cynisme : " un échec rend malheureux, le succès rend ridicule ! " 

Il manquait le troisième larron lequel a été convié à accompagner Gertrud que l'on incite à chanter. Cela va très mal se passer, l'amour se fichant pas mal de la sagesse et de la raison.( dixit ) Scandale ! ...

Les amants se retrouveront quand même le lendemain. Gertrud fait désormais sienne la sentence entendue jadis, - " l'amour est souffrance, l'amour est un malheur " Conséquence, les ruptures vont succéder aux ruptures ...  

La mise en scène véhiculée par une scénographie ingénieuse à but esthétisant fut sans nul doute destinée à remplacer la très classique rigueur aristocratique d'un Dreyer dont le souvenir nous hante. Sur ce plan, la modernisation est réussie. En revanche, il m'a semblé que la direction d'acteurs était bien moins rigoureuse ce qui a tendance à nuire à la crédibilité de l'action, la durée de la pièce pesant son poids. Tonin Palazotto en dépit d'un rôle difficile est de loin celui dont le ton reste crédible de bout en bout. Saluons Michèle Simonnet pour sa double prestation de mère et de dame grise. Jacques Allaire est parfait dans la scène d'ivresse, un peu plus irrégulier par la suite mais être éconduit et revenir en mendiant est peu flatteur, il est vrai. Quant à Cécile Coustillac il semble qu'elle n'ait pas rencontré beaucoup de cantatrices desquelles elle eût pu s'inspirer car il y a des personnages que l'on ne peut ramener à soi au risque de les amputer de leur aura spécifique. Il appartenait alors au metteur en scène de le lui indiquer, voire de l'exiger sinon comment justifier l'amour même égoïste, même non prioritaire (en fonction de leur ambition respective) de ces trois hommes ? … Söderberg se situe de façon indécise entre Strindberg et Ibsen. Le spectateur quant à lui aime éprouver de la sympathie pour les personnages mais là, aucun n'est susceptible de déclencher ce sentiment. Ceci explique cela, sans doute ? Il n'empêche que cela reste malgré tout et en dépit de ces réserves, un texte à découvrir et un spectacle à voir.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

 

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 ( photos : Christophe Raynaud de Lage)

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10:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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