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01/12/2014

Mémoires d'un fou (le journal d'un fou de Nicolas Gogol)

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GUICHET MONTPARNASSE

 

15, Rue du Maine

 

75014 PARIS

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 43 27 88 61

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

Carte + 4 spectacles : 40€

 

2 spectacles le même soir, 30€

 

À 20h.30, vendredi et samedi

 

À 16h.30 le dimanche

 

jusqu'au : 4 JANVIER 2015

 

Mise en scène : Bruno Darou

 

avec Antoine Robinet

 

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Après la vision d'un décor d'attente tout à la fois minimaliste et surréaliste, une fois cet insolite rideau levé ou plutôt écarté, nous découvrons une chambre misérable avec juste un lit et une sorte de caisson tenant lieu de table basse et de siège, le sol étant jonché d'écrits. ( réel strict minimum pour un écrivain, lui permettant de travailler, dormir, rêver… )

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgEn fait, le personnage principal et unique est un petit fonctionnaire à l'époque du tsarisme, dont l'activité semble se résumer à tailler les plumes de son supérieur hiérarchique ( nous sommes en 1833 et le stylo feutre n'a pas encore été inventé, l'ordinateur encore moins ) tout en rêvant à la fille du directeur en question, la belle Sophie dont il est éperdument ( et vainement ) amoureux.

 

Comment pourrait-il lui plaire ? ...  alors qu'il a juste pour se présenter à elle, un vieux manteau usé jusqu'à la trame, absolument démodé et dont le remplacement n'est même pas envisageable, faute de moyens financiers.

 

Mais la jeune demoiselle a un chien, il se contentera donc de faire la conquête de ce dernier pour découvrir que - ô surprise ! - le toutou en question parle et est même susceptible d'écrire ? … Il est vrai que plus rien n'est étonnant quand on sait que la terre s'apprête à s'asseoir sur la lune ! …

 

Heureusement que le royaume d'Espagne va bientôt lui revenir puisqu'il est sur le point d'entrer en fonction sous le nom de Ferdinand VIII et en attendant son avènement, il se fabriquera derechef et sous nos yeux, un manteau de roi dans ce qu'il possède, à savoir son unique et douteux drap de lit ...

 

Deux ambassadeurs ne tarderont pas à venir le chercher et force est de constater que la cérémonie d'intronisation relève de bien étranges coutumes que la douleur de son dos ne peut hélas, que confirmer ...

 

Antoine Robinet joue le personnage au plus près de son public, et souvent les yeux dans les yeux. Le comédien en plus d'une présence indéniable, possède un atout rarissime pour sa génération : sa diction est impeccable ( le fait mérite d'être souligné tant cela est devenu rare ! ) 

 

Ici, aucune envolée à la Antonin Artaud, le personnage s'exprime calmement et seule l'étrangeté du propos est révélatrice de son état psychique, ce qui donne d'autant plus d'impact à ce qui est dit.

 

Il s'agit ici de la version inédite de 1845, traduction de Louis Viardot écrite avec l'aide de Tourguiéniev ( pardonnez du peu ) laquelle correspond à une nouvelle que Gogol rédigea sous forme de journal intime, récit quasi fantastique à l'indéniable théâtralité.

J'avoue pour ma part ne jamais avoir aussi bien entendu le texte et si j'ajoute que le comédien qui le porte est beau comme un dieu, ( ce qui ne gâche rien ) vous aurez toutes les raisons de vous rendre au Guichet Montparnasse où ce monologue est programmé jusqu'au 4 janvier 2015 mais n'attendez pas car il ne faut surtout pas bouder son plaisir.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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 ( photos : Jean-Claude Lallias, © Cie des Perspectives 2014 )

Le Guichet Montparnasse.jpg

09:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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