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13/11/2014

Le Bonheur des Dames de Zola

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Vingtième Théâtre

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

 

(M° Ménilmontant ou Gambetta)

 

Loc. 01 43 66 01 13

 

 

À 19h30 : Jeudi, vendredi, samedi

 

À 15h le dimanche

 

 

jusqu'au : 30 NOVEMBRE 2014

 

 

Adaptation et mise en scène : Florence Camoin

 

 

avec : Alexis Moncorgé (Octave Mouret) - Olivia Demorge (Denise) - Olivier Hermel (Oncle Baudu) - Anna Strelva (Madame Lhomme) - Laurent Feuillebois (Bourdoncle) - Caroline Darnay (Madame Desforges) - Sylvie Guermant (Madame Bourdelais) - Clare Faurot (Pauline) - Alain Lawrence (Baron Hartmann) - Xavier Girard (Bourras) - Sarah Bloch (Clara) - Pierre-Marie de Lengaigne (Jean)

 

 

 

 

La seule perspective d'adapter puis mettre en scène les quatorze chapitres de ce roman de Zola ne constituait pas une mince affaire !  Florence Camoin loin d'être rebutée par l'énormité de la tâche semble au contraire avoir été stimulée par elle.

 

3763804959.4.jpgComme chacun sait, le XIX ème siècle correspond à la révolution industrielle. Les petits commerces et autres boutiquiers commencent à disparaître un à un, dévorés par la mise en place puis l'extension des Grands Magasins. 

 

Octave Mouret est le prototype de ces capitaines d'industrie qui n'en ont jamais assez, que rien n'arrête tant est grand leur appétit de réussite, leur besoin d'expansion. Le personnage est joué par Alexis Moncorgé ( cela ne vous rappelle rien ? ...) et l'interprète ne manque ni de charme ni de possibilités.

 

Une jeune provinciale (Denise) - Olivia Demorge à la ville - flanquée de ses deux frères dont un en très bas âge arrive à Paris avec l'espoir de travailler dans la petite boutique tenue par son oncle Baudu. Ce dernier peu hospitalier ( mais sans doute ne pouvait-il faire autrement ) lui conseille alors de s'adresser au grand magasin d'en face qui fait fureur : " Au bonheur des dames " …

 

C'était l'époque des patrons paternalistes et l'allure modeste de la jeune femme trouvera grâce aux yeux du directeur de l'établissement qui l'embauchera aussitôt.

 

Moins charitables seront les employés qui se gausseront de la tenue vestimentaire  de la nouvelle arrivée en ce temple du chic parisien. Mais Denise va se donner à fond dans son travail et attirer de plus en plus l'attention d'Octave Mouret ce qui bien évidemment fera jaser. D'autant que très rapidement le maître des lieux lui fait gravir les échelons à un rythme inhabituel donc suspect au regard des jaloux.

 

Dans le même temps le magasin prend de l'ampleur coulant littéralement les petites boutiques alentour dont celle de l'oncle Baudu.

 

Rien ni personne ne résiste à Mouret sauf Denise précisément. Est-ce une manoeuvre de cette dernière comme la plupart se plaisent à l'affirmer ou bien la jeune fille a t-elle des principes qui aujourd'hui prêteraient à rire ? 

 

Zola illustre parfaitement le contraste opposant l'absence de compassion en général et les sentiments éprouvés dans la vie privée.

 

Octave Mouret n'éprouve aucun état d'âme quand il ruine la concurrence et se trouve complètement démuni face aux sentiments que lui inspire cette jeune employée. Sans doute que la société du 19ème siècle n'était pas en règle générale aussi pervertie que la nôtre où les procès en matière de harcèlement sexuel ou simplement moral faisaient florès avant la raréfaction des emplois eux-mêmes. " Autre temps, autres moeurs " comme on dit.

 

La mise en scène est fluide, le rythme enlevé et les comédiens convaincants avec une mention spéciale pour Anna Strelva qui avec le peu de texte mis à la disposition de son personnage nous donne un aperçu de la perfection du jeu qui est le sien. 

 

Et puis, c'est peut-être aussi l'occasion rêvée pour se replonger dans la lecture de Zola car nous aurions bien besoin d'un écrivain de cette trempe actuellement au lieu de tout ce fatras d'ouvrages censés illustrer l'époque actuelle, lesquels (fort heureusement) ne passeront jamais à la postérité. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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14:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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