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31/05/2014

Hitler, son dernier secret de Christiane Marchewska

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THÉÂTRE DU NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS

 

(M° Grands Boulevards)

 

Loc. 01 47 70 32 75

 

 

Pl. 23€ - T.R. 13€

 

 

Mise en scène : Christiane Marchewska

 

avec : Christine Melcer et Jean Marzouk

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgPièce à trois personnages au cours de laquelle l'auteur (e) qui se défend de l'être … en tenue de brousse, téléphone au public, n'hésitant pas à demander son avis à la fin, après nous avoir narré cette histoire incroyable de dauphin nazi exécuté sur ordre de son géniteur au premier soupçon d'impureté raciale.

Christiane Marchewska fera ainsi la navette entre passé et présent en un exercice de théâtre dans le théâtre, adoptant un ton léger pour évoquer une atmosphère pesante, pour ne pas dire effroyable ! 

Car le problème est grave : peut-on, doit-on se libérer d'un serment solennel quand celui entre les mains duquel il fut déposé est indigne de toute considération, pire est un monstre ?

Ulrich Falk et son épouse sont détenteurs d'un lourd secret et le couple dans la dernière partie de son existence appréhende le Jugement dernier.

Ils vont donc décider de se confier à cette invitée afin de lui raconter l'irracontable ...

On ne joue pas aussi longtemps le rôle de " La Reine de la Nuit " inspiré du roman de Marc Behm sans que cette immersion ne laisse des traces …

Christiane Marchewska a donc lu tous les textes lui tombant sous la main qui relataient les faits de cette époque. Les ouvrages censés décrypter l'inacceptable abondent en ce domaine. Le christianisme prescrit le pardon des offenses mais tout est-il pardonnable ? D'autant que Celui qui a permis que ces choses se réalisent (s'il existe) ne doit-il pas alors trancher seul la question ?

 

Un extrait de Vigny me revient en mémoire,

 

" Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté

Le Juste opposera le dédain à l'absence

Et ne répondra plus que par un froid silence

Au silence éternel de la Divinité." 

 

 

Le thème est lourd, vous l'avez compris et c'est sans doute la raison pour laquelle celle que je persiste à nommer l'auteur (e) en dépit de ses dénégations (...) tente d'aborder le sujet avec une feinte légèreté.

N'importe, on nous a dit que Judas donna le baiser fatal, ici celle que l'on nommera : la visiteuse ou l'invitée, donnera à son tour une incroyable accolade après l'Aveu. Est-ce ou non le baiser du Pardon ? … J'en doute mais à vous de trancher.

La pièce se jouant de façon ponctuelle, il est recommandé de consulter le site du théâtre afin de connaître les dates de représentations.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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06:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/05/2014

LE CAVALIER SEUL de Jacques Audiberti

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THÉÂTRE 14

20, Avenue Marc Sangnier

75014 PARIS

 

(M° Pte de Vanves)

 

Loc. 01 45 45 49 77

 

Pl. 25€ - T.R. 18€

- 26 ans : 11€

 

mardi, vendredi, samedi à 20h.30

mercredi, jeudi à 19h

matinée samedi à 16h.

 

jusqu'au 5 Juillet 2014

 

Mise en scène : Marcel Maréchal

 

Dramaturgie : François Bourgeat

 

 

avec : Marina Vlady, Marcel Maréchal, Emmanuel Dechartre, Antony Cochin, Michel Demiautte, Nassim Haddouche, Mathias Maréchal, Céline MartinSisteron, Julian Peres, Henry Valette.

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgQuelle bonne idée que de remettre au goût du jour cette pièce de Jacques Audiberti ! Tout ici plaide en faveur du théâtre (du vrai) en rupture totale avec ces trop fréquentes approches difficultueuses que nous subissons à longueur d'année ...

Ici, nul risque que le spectateur s'ennuie car c'est un régal pour les yeux et les oreilles. Grâce à l'imagination de Jacques Angéniol, les costumes rutilent avec esprit. Le verbe audibertien bondit pour mieux illustrer cette épopée abhumaniste.

En ce tumultueux XIème siècle, nous suivons le cavalier Mirtus partant de son Languedoc natal pour Jérusalem qu'il nomme Jhébus-la-Sainte non sans avoir stationné quelque temps à Constantinople, dans le palais de l'empereur.

C'est même là que les contradictions du guerrier verront le jour car lui, le paillard, l'inconstant, le collectionneur de femmes, saisi par la ressemblance de la superbe Zoé avec sa mère, incitera l'autocrate à honorer l'épouse que ce dernier fuyait depuis longtemps.

L'agnostique pour ne pas dire l'incroyant, parti en Croisade par simple goût de l'aventure restera sidéré face à L'Homme qu'il ne pourra sauver car le Destin est ce qu'il est.

Le spectateur ravi admire l'éternelle beauté d'une Marina Vlady qui incarne ici trois personnages différents tandis qu'en une identique démarche Marcel Maréchal virevolte à son tour d'un personnage à l'autre de façon éblouissante. Mathias Maréchal est le Cavalier : superbe stature et fougue incontestable !  Très curieux est L'Homme incarné par Emmanuel Dechartre  promis non à la croix mais au supplice du pal (chaque époque ayant ses spécifiques supplices) lequel passe et repasse tel une question non élucidée.

L'ensemble de la distribution fonctionne au quart de tour et si je n'en dis pas plus c'est afin de vous permettre de mieux découvrir ce moment de bonheur théâtral absolu.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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 ( photos : Lot )

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10:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/05/2014

Mes prix littéraires de Thomas Bernhard

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LUCERNAIRE

Centre National d'Art et d'Essai

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

 

(M° Vavin ou N.D.des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

Pl. 25€ - T.R. 10 à 20€

 

A 19h. du mardi au samedi

 

 

jusqu'au : 5 Juillet 2014

 

Mise en scène : Olivier Martinaud

 

avec Claude Aufaure et Olivier Martinaud

 

 

3763804959.6.jpgPour être écrivain on n'en est pas moins homme et les prix littéraires ont le mérite de permettre aux auteurs de vivre décemment en se consacrant à ce pour quoi ils sont faits, c'est-à-dire, écrire encore et toujours.

Ce n'est donc pas l'événement en lui-même qui est contestable mais plutôt son déroulement ...  

Thomas Bernhard était trop libertaire pour ne pas vivre assez mal ces instants au cours desquels d'autres à sa place, exulteraient. Ajoutons que ceux qui décernent les prix ne sont pas toujours capables d'en mesurer l'exacte pertinence et profitent de l'occasion pour se mettre eux-mêmes en valeur.

Il n'est donc pas étonnant que cet auteur dont nous apprécions l'esprit subversif ait été humilié de se voir confronté à une telle démarche, un peu comme l'écolier qui se voit octroyer un bon point alors qu'il n'a peut-être pas travaillé plus que les autres mais est tout simplement doué. Certaines personnalités échappent aux normes préétablies qui feraient le bonheur du commun des mortels, rendant celles-ci ridicules.

Pour tout dire, c'est une corvée que Thomas Bernhard s'apprête à affronter et brusquement il réalise qu'il convient pour la circonstance d'arborer une tenue adéquate. 

Il ira donc se choisir un costume trop étroit (ironique coïncidence !) deux heures avant la cérémonie d'attribution du prix en question. Heureusement, sa vieille amie qu'il a coutume de présenter comme sa tante est avec lui. Leur complicité l'aidera à surmonter l'épreuve bien réelle qui les attendait car curieusement, personne ne va le reconnaître.

Ils s'installeront donc au dixième rang et patienteront avant d'être enfin découverts ! ... 

Je vous passe la suite des péripéties afin que vous puissiez par vous-mêmes en savourer le déroulement. L'auteur quant à lui, utilisera bien sûr le vitriol pour décrire ces cérémonies car ce que d'aucuns assimilent à un honneur est vécu par lui comme une indécence et même une vilénie.

Or un écrivain a besoin d'être lu comme un comédien a besoin qu'on l'entende quelque soit l'auditoire ou le degré de compréhension du lecteur. Se voir décerner un prix équivaut à passer sous les Fourches Caudines d'un jury quand on ne fait que rendre à César ce qui lui appartient.

Notre homme réagira chaque fois de façon différente mais commentera ensuite avec un humour constant et dévastateur.

Olivier Martinaud qui a signé la mise en scène et Claude Aufaure se succèderont pour porter la parole du personnage à des âges différents. 

Le premier utilise le ton ironique de la confidence tandis que le second nous fait part de son amertume par le biais de cette voix timbrée que nous lui connaissons.

L'un et l'autre distillent les remarques vachardes en un bel exercice bernhardien, jubilatoire au possible.

Les fans de l'auteur (dont je suis bien sûr, faut-il le préciser ?) vont se régaler. Le spectacle est court, très court, une petite heure mais une suite est d'ores-et-déjà prévue, par conséquent restez attentifs.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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16:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent