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25/05/2014

Mes prix littéraires de Thomas Bernhard

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LUCERNAIRE

Centre National d'Art et d'Essai

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

 

(M° Vavin ou N.D.des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

Pl. 25€ - T.R. 10 à 20€

 

A 19h. du mardi au samedi

 

 

jusqu'au : 5 Juillet 2014

 

Mise en scène : Olivier Martinaud

 

avec Claude Aufaure et Olivier Martinaud

 

 

3763804959.6.jpgPour être écrivain on n'en est pas moins homme et les prix littéraires ont le mérite de permettre aux auteurs de vivre décemment en se consacrant à ce pour quoi ils sont faits, c'est-à-dire, écrire encore et toujours.

Ce n'est donc pas l'événement en lui-même qui est contestable mais plutôt son déroulement ...  

Thomas Bernhard était trop libertaire pour ne pas vivre assez mal ces instants au cours desquels d'autres à sa place, exulteraient. Ajoutons que ceux qui décernent les prix ne sont pas toujours capables d'en mesurer l'exacte pertinence et profitent de l'occasion pour se mettre eux-mêmes en valeur.

Il n'est donc pas étonnant que cet auteur dont nous apprécions l'esprit subversif ait été humilié de se voir confronté à une telle démarche, un peu comme l'écolier qui se voit octroyer un bon point alors qu'il n'a peut-être pas travaillé plus que les autres mais est tout simplement doué. Certaines personnalités échappent aux normes préétablies qui feraient le bonheur du commun des mortels, rendant celles-ci ridicules.

Pour tout dire, c'est une corvée que Thomas Bernhard s'apprête à affronter et brusquement il réalise qu'il convient pour la circonstance d'arborer une tenue adéquate. 

Il ira donc se choisir un costume trop étroit (ironique coïncidence !) deux heures avant la cérémonie d'attribution du prix en question. Heureusement, sa vieille amie qu'il a coutume de présenter comme sa tante est avec lui. Leur complicité l'aidera à surmonter l'épreuve bien réelle qui les attendait car curieusement, personne ne va le reconnaître.

Ils s'installeront donc au dixième rang et patienteront avant d'être enfin découverts ! ... 

Je vous passe la suite des péripéties afin que vous puissiez par vous-mêmes en savourer le déroulement. L'auteur quant à lui, utilisera bien sûr le vitriol pour décrire ces cérémonies car ce que d'aucuns assimilent à un honneur est vécu par lui comme une indécence et même une vilénie.

Or un écrivain a besoin d'être lu comme un comédien a besoin qu'on l'entende quelque soit l'auditoire ou le degré de compréhension du lecteur. Se voir décerner un prix équivaut à passer sous les Fourches Caudines d'un jury quand on ne fait que rendre à César ce qui lui appartient.

Notre homme réagira chaque fois de façon différente mais commentera ensuite avec un humour constant et dévastateur.

Olivier Martinaud qui a signé la mise en scène et Claude Aufaure se succèderont pour porter la parole du personnage à des âges différents. 

Le premier utilise le ton ironique de la confidence tandis que le second nous fait part de son amertume par le biais de cette voix timbrée que nous lui connaissons.

L'un et l'autre distillent les remarques vachardes en un bel exercice bernhardien, jubilatoire au possible.

Les fans de l'auteur (dont je suis bien sûr, faut-il le préciser ?) vont se régaler. Le spectacle est court, très court, une petite heure mais une suite est d'ores-et-déjà prévue, par conséquent restez attentifs.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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16:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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