Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/04/2014

L'Aide Mémoire de Jean-Claude Carrière

Bonnaire-Gregory_modifié-1.jpg

THÉÂTRE de l'ATELIER

1, Place Charles Dullin

75018 PARIS

 

(M° Anvers)

 

Loc. 01 46 06 49 24

 

T.l.j. sauf dimanche & lundi à 21h. 

Samedi suppl. à 16h.

Pl. de 15 à 39 €

 

 

( photo : Nathalie Hervieux)

 

 

 

Mise en scène, Ladislas Chollat

 

avec Sandrine Bonnaire et Pascal Greggory

 

 

 

« L’aide-mémoire » est un texte de Jean-Claude Carrière créé au théâtre de l’Atelier, avec Delphine Seyrig et Henri Garcin. C’est avec Sandrine Bonnaire et Pascal Greggory qu’il revient sur les lieux de sa création.

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgSi à la création en 1968 cette non histoire pouvait paraître novatrice, en 2014, elle a pris un sacré coup de vieux ! C’est un peu en dehors du temps, un peu ancré dans l’époque des sexualités sans question ni lendemains, et pour tout dire, un peu difficile à comprendre si tant est qu’il y ait quelque chose à comprendre. Peut-être ne faut-il qu’admettre sans se poser de question, à la manière d’un charbonnier fixant sa foi… 

 

Le talent des interprètes n’y est pour rien, Bonnaire reste lumineuse et tendrement rosse, Greggory ambigu et dissimulé, mais le texte a souffert des avancées de la modernité, et l’histoire ne tient plus que parce que nous voulons y croire. Pour reprendre la formule ultra célèbre de Cocteau « Quand un mystère vous échappe, il faut feindre d’en être l’organisateur ». Cette pièce paraît procéder de cette même logique, un peu facile, un peu roublarde.

 

La mise en scène de Ladislas Chollat n’arrange rien, qui semble demander aux deux personnages de se regarder jouer, mais pas se regarder l’un l’autre, ce serait trop simple,  mais se regarder eux-mêmes, et cette double distance n’est pas sans générer un long malaise, en dehors de cette interminable anecdote de la femme coucou qui fait son nid à la place des autres.

 

Ce dialogue entre surréalisme et incompréhension mutuelle, les deux personnages se croisant en fait sans vraiment se rencontrer, s’évitant aussi vite qu’ils se rapprochent, deux solitudes forcenées que la compagnie des autres  ne trouble pas, ces autres qui ne sont parfois que l’objet de note(s) sur un aide-mémoire, ce dialogue donc paraît être un morceau de choix, semble-t-il, souvent repris, en 1980 au Théâtre Saint-Georges par Caroline Cellier et André Dussollier, à la Comédie des Champs-Elysées en 1992 par Fanny Ardant et le merveilleux Bernard Giraudeau, au même endroit encore en 1993 par Jane Birkin et Pierre Arditi.

 

Ces reprises successives font de ce texte l’un des plus connus de la scène parisienne, et si nous vous conseillons d’y aller, c’est pour les comédiens, et rien que pour eux.

 

On a le sentiment que « l’Aide-mémoire » est entré au répertoire des dialogues du théâtre privé, un peu comme une pièce de passage, un relais que les générations successives de comédiens se repassent, comme une épreuve initiatique d’un rite qui nous échappe..

 

On peut y trouver son compte, ou passer complètement à côté.

 

Frédéric Arnoux ©

www.theatrauteurs.com

L'Atelier.jpg

14:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.