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12/03/2014

Léonce et Léna de Georg Büchner

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L’ÉTOILE du NORD

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS

 

(M° Guy Môquet)

 

Réserv. 01 42 26 47 47

 

Pl. 15€ - T.R. 10€

 

A 20h.30 les mardi, mercredi, vendredi

A 19h.30 le jeudi

A 17h. le samedi

 

jusqu'au : 22 MARS 2014

 

Adaptation et mise en scène : Eram Sobhani

 

Création de l'Etoile du Nord

 

avec : Stéphane Auvray-Nauroy, Olav Benestvedt, Laura Clauzel, Michèle Harfaut, Julien Kosseliek, Edouard Liotard Khouri-Haddad, Yuta Masuda, Sophie Mourousi et David Palatino

 

Création musicale : Yuta Masuda

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgQuel père n'a rêvé " d'un beau mariage " pour son fils, surtout si ce dernier est le dernier rejeton d'une dynastie ? Seulement voilà, Georg Büchner avait l'âme d'un révolutionnaire aussi va t-il user de la dérision pour narrer cette histoire.

Quand on a tout, l'ennui vient vite et ce prince désabusé fait peu de cas de sa promise.

Tel Siddhartha, il quittera le palais de son père pour aller découvrir sinon le monde, du moins autre chose, susceptible de le tirer de cette léthargie suicidaire.

Il partira donc, flanqué de son fidèle Valério lequel est son absolu contraire. 

Chacun symbolise à sa façon, l'abime qui sépare la noblesse de l'époque du petit peuple lequel se contente de peu mais parvient néanmoins à être heureux alors que les nantis stagnent submergés par leur opulence. 

Le personnage du père (le roi Pierre) est certes caricatural. Faux philosophe et songe-creux, ce dernier ne pense qu'à se dessaisir de sa fonction au profit de son fils, d'où ce mariage indispensable. 

Si les personnages manquent un peu de caractère, en revanche le verbe est imagé et l'ironie constante. Büchner réglait ses comptes avec la société. Hélas, il n'eut pas loisir de le faire très longtemps puisque le typhus l'emporta à l'âge de 24 ans. Il nous laisse donc une oeuvre relativement restreinte dont la figure de proue est incontestablement Woyzeck. 

Eram Sobhani a tiré le meilleur parti de ce texte tant sur le plan adaptation que sur celui de la mise en scène laquelle se révèle sobre, d'une efficace élégance dont la symbolique n'est pas exclue. Je ne prendrai pour exemple que ce savoureux moment où le roi, en petite tenue s'interroge sur ce noeud qu'il a fait à cette étole rouge, qu'il porte de façon altière, sorte de cape en raccourci baptisée ironiquement mouchoir.

La pièce est émaillée de pauses sonores agréablement chantées, la création musicale étant signée : Yuta Masuda qui se signale par des interventions particulièrement réussies. (un nom à retenir) 

Nous assistons ici à une vraie représentation théâtrale et non à ce compromis désormais à la mode voulant que l'on confonde en une même expression, théâtre et cinéma jusqu'à ne plus savoir où nous en sommes. 

Nous retrouverons bientôt (les 18, 19 et 21 mars) Eram Sobhani sur le plateau de ce même lieu avec cette fois, un texte de Maurice Maeterlinck " La vie des Termites " 

A suivre par conséquent  ... 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : Nicolas Grandi )

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09:22 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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