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06/02/2014

L'échange de Paul Claudel

AKTEON THÉÂTRE

 

11, rue du Général Blaise

 

75011 PARIS

 

(M° St-Ambroise)

 

Tél. 01 43 38 74 62

 

Pl. 18€ - T.R. 12 & 14 €

 

A 21h.30 vendredi & samedi

 

 

jusqu'au : 22 MARS 2014

 

 

Mise en scène, Ulysse Di Gregorio

 

 

avec Margaux Lecolier (Marthe) - Paul Enjalbert (Louis Laine) - Julie Danlebac (Lechy Elbernon) - Bruno Sultan (Thomas Pollock Nageoire)

 

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgLouis est unique aux yeux de la prude Marthe qui s'est donnée à lui sans l'ombre d'une hésitation.

Il faut dire qu'il est beau comme un dieu et que cet époux est toute sa raison d'être.

Le couple marié depuis six mois à peine, vit modestement, (chichement même) mais semblable situation a t-elle une quelconque importance quand on est amoureux ?

Un autre couple, nettement plus aisé, plus âgé également, va surgir dans la sphère de ces deux là. Le malheur vient toujours de l'extérieur, des comparaisons qui surgissent alors ... Thomas Pollock Nageoire est un homme d'affaires ( qui a su nager, précisément.) Il affiche en compagnie de son épouse, la comédienne Lechy Elbernon une aisance ostentatoire et une assurance sans faille. Ces deux êtres habitués à obtenir tout ce qu'ils veulent vont l'un et l'autre convoiter le bonheur de ce couple sans histoires. Perversion de l'âme humaine ! Marthe reste inflexible, tandis que son époux un peu plus jeune qu'elle et surtout plus influençable ne tardera pas à succomber au charme vénéneux de Lechy. 

Cette pièce pourrait engendrer une riche mise en scène, force est de reconnaître qu'ici, il n'en est rien. Il est vrai que les lieux s'y prêtent peu. Le phrasé tout particulier de Claudel a souvent  déclenché des redondances et dans sa détermination à échapper à ce travers, Ulysse Di Gregorio a imposé à ses interprètes un chuchotis qui, s'il aiguise l'attention du spectateur risque également de le lasser ...

Par sa blondeur et cette voix au timbre juvénile, Margot Lecolier fait plus penser à Violaine qu'à Marthe, cette épouse constante. 

L'élégante silhouette de Julie Danlebac sied à la morgue altière d'une femme qui se sait fatale et le prouvera avec une perversité incisive à la limite du supportable.

(Seul un obsédé du catholicisme pouvait inventer une créature aussi diabolique ! )

Bruno Sultan nous porte à évoquer le banquier David Golder  (décrit par Irène Nemirovsky) qui, de faillites en rebondissements a cultivé cette forme de fatalisme qui permet de tout supporter. Son physique levantin emplit ce costume clair dont toute élégance est bannie en dépit de sa volonté visiblement contraire.

Enfin, Paul Enjalbert loin de tous artifices est ce beau dieu grec qui, tout comme Zeus connaît peu la fidélité. Hélas, il n'est pas éternel et ce que nous récupérerons de lui s'avérera au final bien dérisoire, le metteur en scène ayant poussé le symbolisme jusqu'au christique linceul.

Vous aimerez (ou pas) ce parti pris délibéré auquel est soumis ici le verbe de Claudel. Pour ma part, je serais tentée de suggérer aux plus courageux de lire le texte après avoir vu la pièce. Ne serait-ce que pour rendre à César ce qui lui appartient ?

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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11:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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