Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/01/2014

La contrebasse de Patrick Suskind

THÉÂTRE de PARIS

 

texte-suskind.jpg( Salle Réjane )

 

15, Rue Blanche

 

75009 PARIS

 

(M° Trinité/St-Lazare/Blanche)

 

Loc. 01 42 80 01 81

 

Pl. de 30€ à 40€

 

Du Mardi au Samedi à 21h.

Matinée, Samedi à 16h.

 

(relâche, dimanche & lundi)

 

 

 

Mise en scène et lumières : Daniel BENOIN

 

avec Clovis CORNILLAC

 

 

Contrebasse.jpg

 

 

C’est une scène vide tout d’abord, avec un décor bleuté dont on voit que les murs sont tous des placards, d’où sortiront au fil du temps, les accessoires, meubles ou objets, dont le personnage aura besoin.

 

3763804959.jpgSeule, de face, posée sur sa base, une contrebasse expose ses formes lourdes et assez féminines. Alors le personnage entre, le maître des lieux, mais pas de ses pensées, qui n’a pas de nom, n’en aura pas, parce que ce n’est pas lui le sujet de ce brillant monologue de 1h15, c’est la contrebasse et le mode de vie qu’elle a imposé à celui dont elle se sert pour faire entendre sa musique.

La pièce a été créée il y une trentaine d’années à Munich, capitale bavaroise dont on sait l’intérêt qu’elle porte à toutes les formes musicales, reprise souvent, et qui fait entendre la petite musique sourde et lancinante de la solitude face au vieillissement et aux angoisses du futur confrontées aux mauvais souvenirs du passé, comme un tapis de basses, comme dans un orchestre, qui a besoin de ce continuo pour faire saillir des parties plus claires, d’autres instruments.

Les doutes, les interrogations, la peur de l’échec, la recherche d’un conformisme discret qui puisse encore passer pour une sorte de marginalité, tout cela est parfaitement rendu par un Clovis Cornillac qui n’est jamais meilleur que quand il sent les planches sous ses pieds. Ce n’est pas un acteur de cinéma M. Cornillac , il est trop fin pour cela, c’est un virtuose de la scène, c’est un comédien, présent, très présent, qui sait faire vivre et vibrer un texte, qui en traduit la musicalité, qui en rend les harmonies, en fait percevoir les couleurs, crescendo et diminuendo. Pour sa performance, il faut aller au Théâtre de Paris, salle Réjane.

Mon plaisir n’a été entaché que par une mise en scène un peu plate, avec cette fâcheuse tendance de faire crier, parfois,  le comédien. En l’espèce c’est inutile. Derrière sa volubilité, nous entendons le son bas de l’instrument nous glisser ses frissons de désespoir et de crainte de vivre. C’est un peu la marque de Suskind, qui avec « Le Pigeon » et « le Parfum », ses deux autres oeuvres les plus connues, a posé différemment la même question : à quoi bon ?

Ce fut une belle soirée, un bon moment, un grand talent.

 

Frédéric Arnoux

www.theatrauteurs.com

 

Clovis-Cornilhac.jpg

( photos : Bernard Richebe )

Théâtre de Paris.jpg

13:14 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.