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25/11/2013

Velouté de Victor Haïm

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


loc. 01 42 33 42 03


Pl. 24€ - T.R. 13€


A 21h. jeudi, vendredi, samedi.

A 17h. le dimanche


jusqu'au : 29 DECEMBRE 2013


 

Mise en scène : Nicolas LUBOZ et David BOTTET


avec Laurence PORTEIL, David BOTTET & Nicolas LUBOZ


 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgLa scénographie que nous découvrons en premier semble avoir été conçue par un tailleur de pierre mais reconnaissons que cet aspect froid et anguleux se révélera idéal puisque par voie de conséquence, nous focaliserons notre attention sur les personnages et uniquement sur eux. 

En outre, détail non négligeable, l'habillement de ces deux hommes puis de cette femme ne doit rien au hasard puisque judicieusement pensé, avec précision et un goût très sûr, ce qui est suffisamment rare à l'époque actuelle pour être souligné : contraste de noir et blanc avant que le rouge s'invite. Même dans une comédie moderne, on ne soulignera jamais assez l'importance de ces choix préalables.

A contrario l'habillement de celui qui se présente sera d'une évidente banalité : blouson de cuir, tee-shirt, jean et baskets. 

Rencontre de ces deux hommes en terrain d'embauche. Les dés sont pipés bien entendu et la lutte inégale. Ruse un peu " vicelarde " d'un côté et diplomatie obligatoire de l'autre. L'un a tous les pouvoirs, tandis que son vis-à-vis n'en a aucun. Ainsi va le monde ... Suprême raffinement de la part de celui qui est susceptible d'embaucher, faire dévier le discours en direction du dérisoire afin de constater comment son interlocuteur va réagir. Au réveil, chocolat ou café ? ...

Puis, avec une évidente insistance, il sera question de l'épouse de celui qui a toutes les clés en main. Il en fera l'éloge à diverses reprises afin que le candidat à ce banal poste de chauffeur de maître finisse par se demander : " mais où veut-il en venir ? " ... Notre postulant ne tardera pas à être renseigné et le piège à se refermer sur lui. 

David Bottet est fascinant d'onctueuse perversité. Maîtriser à ce point la manipulation d'autrui nous laisse pantois.

Laurence Porteil avec sa lisse et solide beauté, symbolise l'énigme que la femme représente aux yeux de presque tous les hommes. C'est la Sphinge réactualisée.

Nicolas Luboz joue habilement de la timidité de son personnage du début, pour s'affirmer au gré de l'évolution de l'action.

Il serait criminel de vous en dire plus, sinon que la pièce est à la fois onctueuse et vénéneuse comme un potage aux amanites phalloïdes, (ce dont personne ne saurait témoigner). En revanche, concernant le spectacle, je le puis et vous conseille même de le faire figurer au menu d'une soirée.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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12:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/11/2013

Fureur de Victor Haïm

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THÉÂTRE de l'ESSAÏON

6, rue Pierre au Lard

75004 PARIS


(M° Rambuteau ou Hôtel de Ville)


Réserv. 01 42 78 46 42


Pl. 20€ - T.R. 15€

 

chaque lundi à 19h.30



jusqu'au : 17 MARS 2013


 

Mise en scène :Stéphanie WURTZ


Interprétation : Benjamin BOLLEN



 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgLe malicieux Victor Haïm n'a pas choisi ce titre lapidaire par hasard et a dû plus d'une fois, se réjouir en écrivant ce monologue à valeur de pamphlet. 

Fureur revendicatrice d'un chef d'orchestre incompris de ses musiciens qui ont voté son éviction par 149 voix sur 150 ... Nous comprendrons très vite que le maestro est tyrannique mais c'est aussi ce qui arrive quand on met la barre trop haut, tous ceux qui passent en dessous percevant le challenge comme d'incontournables fourches Caudines.

La perruque mozartienne, le teint enfariné, ce Casanova des fosses d'orchestres, éructe sa rancoeur tous azimuts.

Il y a du De Funès dans la prestation de Benjamin Bollen, grimaçant, hurlant sa rage, sautillant d'impatience; personne n'est à l'abri des foudres de ce tyran en ut majeur.

S'adressant à ses musiciens, il ira jusqu'à leur dire,

" vos mamans n'ont pas tué leur mari, mais vous ont mis au monde, c'est pire " On ne fait pas plus aimable ! Pas étonnant si les stigmatisés en question finiront par lui dire d'aller voir ailleurs s'ils y sont.

Sachant que l'auteur avait lui-même joué le personnage et ne l'ayant pas vu, j'avoue qu'au fil du texte je me demandais comment il avait interprété ce que j'entendais sur l'instant. Sans doute était-il moins dans le " furioso " et plus dans la vénéneuse subtilité car personne ne lui aurait pardonné de se livrer à un jeu pléonastique. Connaissant le talent d'interprète de notre auteur, je ne suis pas inquiète, juste un peu confuse de ne l'avoir pas vu mais l'ubiquité est pour plus tard  ... 

Le jeune comédien qui joue actuellement à l' Essaïon fait plus que mouiller le plastron, il se déchaîne comme un beau diable et le public lui emboîte le pas. 

Alors, allez-y car texte et interprétation valent le détour.

Un seul petit détail mais d'importance : ne vous trompez pas de jour car c'est seulement le lundi.

 

Simone Alexandre 

www.theatrauteurs.com 

 

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13:19 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/11/2013

OEDIPE ROI de Sophocle

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THÉÂTRE de L'AQUARIUM

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ de Manœuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes,

puis navette gratuite Cartoucherie)


Loc. 01 43 74 99 61


Pl. 22€ - T.R. 12 à 15€

 

du mardi au samedi à 20h.30

dimanche à 16h.


jusqu'au : 15 DECEMBRE 2013


 

Texte français et mise en scène : Antoine CAUBET


avec : Pierre BAUX (Oedipe) - Cécile CHOLET et Delphine ZUCKER (Le coryphée - Le choeur) - Eric FELDMAN (Le prêtre, Tirésias, le messager) - Antoine CAUBET (Créon) - Clotilde RAMONDOU (Jocaste) - Jean OPFERMANN (Le berger)


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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgComme chacun sait, l'action se déroule à Thèbes, en Béotie où une épidémie de peste vient de s'abattre sur la ville et sa proche agglomération.

Cette ville qui sera plus tard détruite par Alexandre le Grand est pour l'heure persuadée que la colère des dieux se manifeste et en signe de supplication, des rameaux sont déposés au pied du palais où vivent les souverains Œdipe et Jocaste. 

Le prêtre a déclaré que la cause de l'épidémie est due à la présence de l'assassin de Laïos, ancien roi, ancien époux de Jocaste, père d'Oedipe. Ce dernier triompha jadis de " la Sphinge aux chants perfides " et se propose à mener l'enquête, comme on dit actuellement.

Tirésias lui révélera la vérité qu'il refusera d'accepter sans preuves. Comment admettre qu'il fut cause de la mort de son propre père (ce qui lui avait pourtant été prédit) et ai parachevé ce crime en devenant l'époux de sa mère et le frère de ses enfants ? 

Ce thème récupéré, galvaudé par la psychanalyse, n'en conserve pas moins ses dimensions mythologiques. Or on ne saurait aborder cette forme d'expression à la façon d'une vulgaire enquête policière ou drame dostoïevskien.

Des siècles de pratique démocratiques ne peuvent faire oublier le caractère sacré que revêtait la royauté à l'époque où les souverains étaient persuadés d'être d'essence divine. Dieux et héros agissaient en parfaite symbiose ou en conflit (c'était selon) en cette Antiquité dont il semble que nous ayons perdu la perception. 

Antoine Caubet qui est pourtant tout à fait crédible dans le rôle de Créon a voulu que ses comédiens (ne parlons pas de tragédiens) rendent le discours le plus quotidien possible.

C'est un parti-pris à la mode, ce qui ne prouve nullement qu'il soit justifié. Comme décor, des gradins également sur scène et l'accès au palais sera symbolisé par un escalier.

Choryphée et chœur ouvriront des parenthèses sonores, micros sur pied ou à la main ... 

Bel exercice d'acteur triplement confié à Eric Feldman successivement ( Grand ) Prêtre, Tirésias et le messager.

A l'entendre dans ce dernier rôle je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il ferait un Sosie parfait. Il passera de la fantaisie la plus débridée au délire quasi épileptique offrant ainsi tout une palette de jeux mais Sophocle n'est pas Shakespeare.

( " Ouais, ouais ! " dit Œdipe )

Depuis le temps, le poète grec en a vu d'autres ... j'imagine seulement que Mounet-Sully a dû s'étrangler avec sa barbe, lui qui ne concevait les rôles tragiques qu'en majesté. 

Autres temps, autres mœurs ... mais à vouloir trop (comment disent-ils ?) " dépoussiérer " ne risque t-on pas de déconstruire ?. L'essentiel étant de ne pas vider le discours de son contenu et grâce aux dieux, Antoine Caubet reste quant au fond, fidèle à l’œuvre, c'est la forme qui l'est moins.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Hervé Bellamy )

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12:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent