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29/10/2013

Gouttes dans l'océan de Rainer Werner Fassbinder

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A LA FOLIE THEATRE

8, rue de la Folie Méricourt

75011 PARIS


(M° Saint-Ambroise)


Réserv. 01 43 55 14 8O


Pl. 22€ - T.R. 17€


Jeudi, vendredi, samedi à 21h.30

Dimanche à 18h.


jusqu'au : 8 DECEMBRE 2013


 

Traduction : Jean-François Poirier

Mise en scène : Sylvain Martin

 

avec William Astre, Pierre Derenne, Juliette Dutent, Florence Wagner


 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgEn lisant le titre, je me suis dit,

- " tiens, l'eau s'est évaporée ! "

Il faut dire que l'atmosphère est parfois torride. Rencontre d'un petit brun et d'un grand blond.

Dans l'ordre inversé, l'un a 20 ans et l'autre 35. Pourquoi le plus jeune a t-il suivi ce parfait inconnu chez lui alors qu'il se réfugie comme il peut derrière son hétérosexualité ? Appréhension de ce qui va suivre ? ... Sans doute.

Léopold, le maître des lieux maîtrise parfaitement sa stratégie de séduction.  Il procédera donc par paliers, commençant par évoquer la femme avec laquelle il a vécu un bon nombre d'années, prenant bien soin de faire mention du climat conflictuel qui a mené à la séparation ...

Franz quant à lui parle d'Anna mais on comprend très vite que ce n'est pas la passion mais plutôt une sorte de conformisme qui a créé le couple.

Ces deux hommes vont boire un verre, puis plusieurs, jouer aux petits chevaux, ce qui prête à rire ... Assez nerveux, Franz fume cigarette sur cigarette mais peut-être est-ce son habitude après tout ? Tiens, il est mauvais joueur et apte à " monter comme une soupe. " Je vous laisse imaginer comment et où se conclura cette première rencontre. 

Nous allons les récupérer quelque temps plus tard, Léopold voyage beaucoup pour son travail, s'absente donc régulièrement et revient fatigué, de mauvaise humeur, tandis que Franz désormais installé, joue en son absence les fées du logis.

Rien n'arrive par hasard et le climat explosif que Léopold entretenait avec sa compagne, se répètera cette fois encore. Jeu ambigu du dominant-dominé ...

Les femmes feront tour à tour leur apparition. On ne peut s'empêcher de penser que cette pièce est aux trois-quart autobiographique car plus personne n'ignore la façon dont Fassbinder vivait. 

William Astre est un Léopold Bluhm cynique et pervers au possible, un seul petit reproche, le comédien boule parfois le texte qui alors peine à rester compréhensible mais le même se surpasse à d'autres moments. 

Pierre Derenne qui joue Franz Meister est absolument parfait, tant par son jeu porté par une voix solidement timbrée qu'une diction irréprochable. Quant au physique, il n'est pas exagéré de dire qu'il est beau comme un dieu grec.

" rien à jeter ! ... " comme dirait une de mes copines.)

Juliette Dutent est Anna Wolf et Florence Wagner,Vera et même s'il est évident que Rainer Werner s'intéressait plus aux hommes qu'aux femmes, les deux comédiennes tiennent  leur rôle respectif de façon irréprochable. 

On pense bien sûr à " The Servant " de Pinter,(*) en moins correct, en plus crûment agressif et avec un cynisme poussé au paroxysme. 

La mise en scène de Sylvain Martin fait mouche et les fans de cet auteur aussi génial que déglingué seront ravis car, si (comme je l'espère) vous allez voir cette pièce, gageons que vous direz en sortant :  ich bin begeistert ! 


(*) pour le scénario, film de Joseph Losey 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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08:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/10/2013

LES DEMINEUSES de Milka Assaf

VINGTIEME THEATRE

7, Rue des Plâtrières

75020 PARIS


(M° : Ménilmontant)


Loc. 01 43 66 01 13


Pl. 25€ - T.R. 20 & 13€


Du 23 OCTOBRE au 24 NOVEMBRE 2013


Du mercredi au samedi à 21h.30

le dimanche à 17h.30

Vendredi 8 novembre à 14h.30

 

Mise en scène de l'auteur


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avec Sabrina Aliane - Navel Ben Kraiem - Marine Martin Ehlinger - Sophie Garmilla - Ibtissem Guerda - Taïdir Ouazine.



 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgMettre à jour, parler de ce que, pour des raisons politiques, on passe trop souvent sous silence, la démarche est plus que louable, que Milka Assaf en soit remerciée. 

Qui, ici et maintenant, se soucie encore des séquelles de la guerre concernant un conflit qui, hélas n'est pas résolu mais perdure de façon endémique ... 

Je veux bien sûr, parler du conflit israélo-arabe que beaucoup évitent d'évoquer car il faudrait alors remonter à l'origine, ce qui en dérangerait certains. 

Personnellement, j'ai passé l'été 2006 scotchée à mon petit écran, horrifiée par les images de ce Liban dévasté une fois de plus et dont ensuite, le sol fut truffé de mines, prolongeant ainsi une guerre qui en théorie avait cessé. 

Là-bas, des femmes indignées ont décidé de s'attaquer au problème, risquant ainsi leur vie pour éviter que d'autres (des enfants, souvent) soient victimes.

Pas de décor, en fond de scène un grand écran nous livre le paysage libanais.

Quatre démineuses font alors leur apparition, casquées, bardées de protections qui, si l'engin en question explose risquent de s'avérer bien dérisoires ! 

On les surnomme là-bas " le club des cinglées " pourtant, combien de vies ont elles sauvées grâce à leur engagement héroïque ?

Nous allons faire leur connaissance, découvrir leur vie à chacune en ce pays patriarcal - ô combien ! - et nous apprenons qu'après cette longue guerre en plusieurs épisodes, ne reste sur place que 4 femmes pour 1 homme, ce qui suffit à expliquer le rôle qu'elles se sont assigné.

En ce Pays du Cèdre, 18 communautés de confessions différentes cohabitent, chacune ne croyant qu'en un seul dieu qui n'est pas forcément le même mais se veut unique, source (ou alibi) de tous les conflits. 

Parmi cette poignée de femmes, une agnostique - une seule - se révélera, incomprise bien sûr parce qu'il est plus facile d'accepter une réponse que de se poser des questions durant tout une vie. Le personnage de Shéra interprété par Marine Martin-Ehlinger de par sa singularité devient en quelque sorte le pivot de la pièce dont l'atmosphère changera du reste, du tout au tout en un basculement soudain après la mort accidentelle de la dernière arrivée. (la sixième du groupe)

Ne croyez pas cependant que l'action se déroule en une noire atmosphère, bien au contraire, ces femmes représentent toutes La Vie, elles rient, aiment, espèrent et s'impliquent corps et âme pour éviter les catastrophes afin que tous puissent connaître des jours meilleurs.

Allez voir cette pièce qui à l'origine devait être un documentaire mais que toutes les télévisions ont refusé. Inutile de demander pourquoi !  Allez-y car certaines choses méritent d'être dites et entendues.

Une double " mention spéciale " à Sabrina Aliane qui est Lina et joue avec enthousiasme, faisant preuve d'une vivacité communicative tout comme Navel Ben Kraiem qui nous campe une Leila au mode expressif, adepte d'un rythme entraînant. Et si je ne puis ici les nommer une à une, je me garderai d'oublier Sophie Garmilla, cette Amina qui fait presque preuve d'un courage incompréhensible puisqu'elle vient d'apprendre qu'elle porte un enfant et malgré tout poursuit la tâche qu'elle s'est fixée. Inch Allah ! 

Signalons à ceux qui voudront retrouver ces femmes admirables, que le texte est disponible aux Editions de l'Amandier depuis décembre 2012.

 

Simone Alexandre 

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Vincent Marit)
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11:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/10/2013

C't'à ton tour, Laura Cadieux de Michel Tremblay

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LES DECHARGEURS

3, Rue des Déchargeurs

75001 PARIS


(M° Châtelet)


Loc. 01 42 36 00 50


www.lesdechargeurs.fr


Pl. 24€ - T.R. 10 à 20€


(photo : Jean-François Mariotti)



les 24 octobre à 21h.30

01, 02, 08, 09, 19, 20 & 21 NOVEMBRE 2013


 

Adaptation et mise en scène : Christian BORDELEAU

assisté de Jérome SANCHEZ


Costume : Sylvie BLONDEAU


avec : Cécile MAGNET


 

 

Troisième volet de cette carte blanche : Michel Tremblay

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgCeux qui ne sont pas en surpoids ne peuvent imaginer à quelles vicissitudes les victimes de cette situation sont quotidiennement exposées ...

Ainsi, se lancer sur un tapis roulant peut s'avérer (pardonnez l'expression) éminemment " casse-gueule. " Surtout si on appréhende !

Laura Cadieux, flanquée de son rejeton doit précisément envisager cet exercice chaque fois qu'elle prend le métro pour aller chez le médecin. 

Sa panique irrépressible sera immédiatement remarquée par une poignée de jeunes, ce qui déclenchera leur hilarité et ces derniers ne se priveront pas de l'apostropher sans ménagement aucun, ajoutant ainsi un surcroît de confusion dans l'esprit de la dame. Durant ce temps le petit monstre qu'elle a mis au monde il y a de ça une demi-douzaine d'années, s'amuse comme un fou, courant, allant - venant, sur ce sol instable mais plus rapide et " très fun " (pour lui) jusqu'au moment où pfft ! plus personne ... Le bambin a disparu : grosse panique !  

Par chance, une connaissance de la dame va passer par là et se proposer très obligeamment à rechercher l'enfant tandis que la mère éplorée attendra sur place.

Seulement voilà, les choses ne vont pas se dérouler exactement comme il était prévu.

Tabernacle ! le trio va en connaître des anicroches (chacun de son côté) jusqu'aux retrouvailles finales et nouvelles péripéties, lesquelles se dérouleront dans la salle d'attente d'un cabinet médical où croyez-moi, l'ambiance n'est pas triste ! On se croirait presque dans un salon de coiffure parisien (en pire) -

Cécile Magnet vêtue de façon incroyable a comme on dit, le physique de l'emploi, le tout surmonté d'un beau visage très expressif. Ajoutez à cela une énergie et un abattage peu commun, vous aurez alors un petit aperçu des éclats de rire du public qui savoure ces expressions montréalaises (le joual) imagées et truculentes au possible.

Le spectacle étant programmé de façon ponctuelle tout au long du mois de novembre (se reporter aux dates) ne le laissez pas passer, l'humour de nos cousins de la Belle Province étant hautement communicatif et actuellement nous en avons bien besoin.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

09:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent