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20/09/2013

Le Soldat ventre-creux de Hanokh Levin

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CARTOUCHERIE de VINCENNES

Théâtre de la Tempête

Route du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes

+ navette gratuite ou autobus 112)


Réserv. 01 43 28 36 36


www.la-tempete.fr


plein tarif : 18€

T.R. 15€ et 12€

mercredi, tarif unique : 12€


du mardi au samedi à 20h.30

dimanche à 16h.30


 

Texte français : Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz  (Editions Théâtrales)


Mise en scène : Véronique Widock


avec : Stéphane Facco (Le Soldat Ventre-Creux) - Vincent Debost (Le Soldat Ventre-Plein) - Axel Petersen (La Femme) - Henri Costa (Le Soldat Ventre-à-terre) - Christophe Pinon (Le Grand-père, les Voisins) 

en alternance, Nicolas Couffin et Mateo Frey (L'Enfant)

 

 

Très critique en ce qui concerne le triomphalisme des israéliens après la Guerre des Six Jours, Hanokh Levin était trop intelligent pour ne pas s'être posé la question suivante,


- " si cela avait duré cinq ans, quel Sosie aurais-je été au retour d'une mobilisation générale ? " 


Or (comme chacun sait) tout auteur se projette dans les personnages qu'il crée. 

La pièce commence à la façon d'une parodie de cet Amphitryon de Molière  que nous connaissons tous. ( ceux qui veulent paraître plus savants même s'ils ne l'ont pas lu, feront référence à Plaute ... ) et cette lanterne n'est pas Alcmène mais son fils qu'il s'apprête à revoir et découvrir en même temps. Un père veut toujours faire figure d'exemple aux yeux de sa descendance. Notre Sosie va donc se parer des plumes du paon en une répétition de la rencontre qu'il appréhende et qui, bien entendu ne se déroulera pas comme prévu. ( sinon, il n'y aurait pas eu de pièce ! ) 

Dans la tragi-comédie antique - car tout ce qui nous vient des dieux est tragique - Mercure prenait les traits de Sosie pour mieux servir son maître Zeus, qui lui même avait emprunté ceux du Sosie en question. Ici, le roi des dieux est déjà dans la place puisqu'il se nomme dérisoirement : Ventre-Plein.

Il possède donc demeure, femme et enfant et notre soldat revenu de guerre le ventre-creux ( comme son nom l'indique ) n'a plus rien et ne parvient même pas à se faire reconnaître. 

Comble de malheur après s'être fait rosser de main de maître par l'occupant des lieux, il va se voir confronté à un autre reflet de lui-même sous les traits de Ventre-à-Terre agonisant, en un surcroît de malédiction.

Sa femme ne le reconnaît pas, son fils non plus puisqu'il n'avait que 3 ans au moment du départ, il a faim, est fatigué et n'a plus désormais aucun toit au dessus de sa tête. Connaissez-vous pire sort que celui-là ? En utilisant cette métaphore du ressenti de l'ancienne diaspora : nulle part chez eux, l'auteur en a dérangé plus d'un, ce, à un point tel, que la pièce ne fut jamais créée en Israël, ce qui permet au théâtre de la Tempête de nous la présenter grâce à une distribution brillante et une mise en scène allant jusqu'au chorégraphique donc, sollicitant l'engagement total des interprètes qu'il convient d'applaudir avec enthousiasme ce dont le public reconnaissant, ne se prive pas. 

Car nous portons tous le deuil d'Hanokh Levin dont l'humour allié à la justesse d'analyse a laissé un grand vide derrière lui. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

barrière Soldat.jpg

( photo : Myriam Drosne )


 

11:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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