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02/05/2013

Un rapport sur la banalité de l'amour de Mario Diament

Heidegger-Hannah.jpg


THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS


(M° St-Michel)


Loc. 01 43 26 38 99


www.theatre-huchette.com


Pl. 25€ - T.R. 16 & 10€



du lundi au samedi à : 21h.

samedi également à 16h.30


 

Adaptation et mise en scène,  André Nerman


avec Maïa Guéritte (Hannah Arendt)


et André Nerman (Martin Heidegger)

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En fait, cette liaison, véritable passion amoureuse, fut tout sauf banale. Il ne suffirait pour s'en convaincre que de lire l'ouvrage que Laure Adler écrivit en mettant ses pas dans ceux d'Hannah Arendt.

Pourtant, quoi de plus banal effectivement, qu'une élève puisse tomber amoureuse de son Maître ? D'autant que lors de la première rencontre, celui-ci n'avait que 35 ans et Hanna 19. Ensuite, il deviendra de plus en plus difficile de dire lequel des deux eut plus d'influence sur l'autre ? ...

Car si Heidegger enseignait Aristote et Platon tout en se déclarant disciple d'Husserl et de Jaspers, Hannah avait quant à elle, réussi l'exploit d'assimiler la philosophie classique en l'étudiant seule, puis s'était inscrite un an plus tôt à l'Université de Marbourg où l'analyse de Kant était la spécificité. Cette élève n'était donc pas ordinaire et ne pouvait qu'attirer l'attention de cet homme brillant, doublé d'un impénitent séducteur.

André Nerman a conçu le spectacle en une succession de rencontres réalisées en des lieux différents, en des villes diverses car Heidegger mettait un soin quasi paranoïaque à garder cette liaison secrète, ayant de fort bonnes raisons pour cela. Cet homme très en vue était marié, père de famille et nourrissait les plus hautes ambitions, la montée du national socialisme fera le reste ...

Comme chacun sait, Hanna Arendt était juive et prendra rapidement la décision de rompre quand elle constatera que celui qu'elle aime adhère au nazisme mais une attirance comme celle-là ne saurait s'éteindre complètement et elle reviendra à lui sans cesse et réciproquement. 

Martin maîtrisait parfaitement le double langage mais ne pouvait abuser  l'esprit de cette jeune femme dont la pensée se voulait constamment aiguisée.

La présence d'un écran en fond de scène justifiera l'intervention ponctuelle d'un groupe d'universitaires commentant la démarche de ces deux personnages hors du commun.

Entre chaque tableau, dans la pénombre, sur fond musical, l'espace scénique sera aménagé en direct afin d'héberger la rencontre suivante. Vu la configuration des lieux, il n'y avait hélas pas d'autre possibilité mais fort heureusement, chaque fois l'action reprend vite ses droits.

Paul Nerman est un Heidegger plus beau que l'original, plus grand et d'une élégante sveltesse - pas ce " petit homme brun " que certains connaissent grâce aux documents photographiques - mais qui pourrait s'en plaindre ? 

A Maïa Guéritte incombe la lourde tâche d'être Hannah en moins sauvageonne et beaucoup plus lisse, pour incarner cette intellectuelle angoissée, passionnée de paroles et d'arguments. Cela dit, en dépit ou à cause de ce décalage idéaliste, on passe ici un excellent moment et si l'envie de nous plonger dans les écrits des deux nous taraude singulièrement en sortant, n'est-ce pas là une preuve de réussite ? 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( Photos : LOT )


06:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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