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29/03/2013

L' Aigle à deux têtes

Félix-Edith-h.jpg


LE GUICHET MONTPARNASSE

15, Rue du Maine

75014 PARIS


(M° Montparnasse, Edgar Quinet, Gaité)


Réserv. 01 43 27 88 61


www.guichetmontparnasse.com


Du mercredi au samedi à 20h.30


jusqu'au : 11 mai 2013


 

Aménagement du texte,

Mise en scène et décor : Caroline Rainette

 

avec : Caroline Rainette (la Reine) - Sébastien Poulain (Stanislas) - Bruno Armand (Le Comte de Foëhn) - Cécile Rittweger ou Saâdia Courtillat en alternance (Edith de Berg) - Nicolas Hannetel (Félix de Willenstein) - Daniel Schröpfer (Tony)

 

" ... seul un duc peut toucher à la table de la reine si la reine soupe dans sa chambre " 


Tom-Stanislas.jpgCette phrase seule suffirait à indiquer le climat de la pièce et le niveau auquel elle doit être jouée. Nous ne sommes pas prêts d'oublier l'élégance altière d'Edwige Feuillère dans ce rôle et dans beaucoup d'autres, même si son jeu se résumait disaient les mauvaises langues à jouer du violoncelle ...

C'est dire la hardiesse qu'il a fallu à Caroline Rainette pour prendre en mains : texte, rôle principal, mise en scène et même décor, lequel parfaitement réussi nous plonge immédiatement dans l'atmosphère voulue.

Nul n'ignore que Jean Cocteau s'inspira du destin d'Elisabeth de Wittelsbach, plus connue sous le nom d'Elisabeth d'Autriche (dite Sissi) laquelle fut, ô coïncidence ! tuée par un anarchiste. 

Le style de cette pièce est hugolien car il y a du Ruy Blas en ce Stanislas à la fois poète et conspirateur. Eros et Thanatos ne font qu'un en lui.

Nous sommes au château de Krantz où la reine est de passage, puisqu'elle change constamment de lieu de résidence et ne couche jamais dans la même chambre deux soirs de suite. Elle est veuve et le portrait du feu roi est situé bien en évidence. L'orage gronde ... Un homme que la police recherche s'introduit en ces lieux, le drame peut commencer.

Pièce à 6 personnages au cours de laquelle les passions vont se déchaîner et les contradictions devenir curieusement logiques. 

Reprendre ce texte était une gageure si l'on considère que la " psychologie héraldique " a depuis longtemps déserté les esprits.

N'importe, cet hommage rendu à Jean Cocteau est bien plus qu'estimable et a le mérite de nous faire redécouvrir ce théâtre d'action qui n'est pas pour autant dépourvu de complications psychologiques.

Je voudrais signaler la prestation difficile mais parfaitement réussie de Daniel Schröpfer qui nous prouve que ce que l'on nomme " présence " au théâtre est un don pouvant aisément se passer du secours de la parole.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

Foehn-la-reine.jpg

 

16:14 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/03/2013

J'ai bêtement perdu Mariette à cause d'un sanglier qui aimait Chopin.

Mariette-1.jpg


THEATRE ESSAÎON

6, rue Pierre-au-Lard

75004 PARIS


(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)


Loc. 01 42 78 46 42


www.essaion.com


Pl. 20 € - T.R. 15€

 

du jeudi au samedi à 20 heures


jusqu'au : 15 JUIN 2013


 

Une pièce de et avec Jean-Michel MEUNIER


Mise en scène : Hervé Dubourjal



 

La mine joviale et le geste rond, Jean-Michel Meunier alias Charles de Pombrian cultive l'hospitalité ajoutée à l'art de séduire son public. 

Ce ci-devant tourangeau nous accueille par une chaude journée de juillet en ce superbe domaine qui fut celui de ses ancêtres mais que les vicissitudes de la vie et les débordements de son père, lui ont fait perdre. Ce qui est un moindre mal en regard de ce que ses semblables ont perdu quelques siècles au préalable, allez vous dire ? ...

Car lui - à quelques cheveux près - a toute sa tête, même quand il a un peu bu, ce dont nous ne saurions lui en vouloir car il cultive l'esprit de partage, qualité exceptionnelle pour un aristo. 

Mais quelle idée d'être né un 14 juillet quand on bénéficie d'une particule ! 

Bref, ça s'annonçait plutôt mal et le reste a suivi car à l'inconséquence paternelle s'est ajouté le suicide de celui qui en principe avait la charge de son âme, entendez l'abbé du village, consécutivement à des circonstances, disons scabreuses - pour rester pudique - même si l'on sait que contrairement aux oies, les voies du Seigneur sont impénétrables.

Or, Charles n'est pas particulièrement téméraire pire, timide, il meurt d'amour pour Mariette, son amie d'enfance devenue administratrice du château qu'il ne possède plus. Quant à elle, ... c'est pratiquement sans espoir !  

Notre homme pourrait faire appel à un psy' ce dont il ne se prive pas du reste, tout en souhaitant vivement ne pas le trouver.

En revanche, il nous conviera à une visite discrète des lieux, au cours de laquelle nous bénéficierons d'un petit aperçu de ce qui eut pu demeurer sa gloire si cette dernière ne lui était pas passée devant le nez. Nous nous consolerons en constatant qu'il est patient car ce hobereau-philosophe souhaite que " les femmes célibataires tout comme les girouettes se fixent quand elles sont rouillées. "  or s'il n'a plus vingt ans, Mariette non plus.

Elle s'est certes quelque peu égarée à cause d'un sanglier qui aimait Chopin mais souhaitons qu'il la retrouve en cette vie ou en une autre et c'est à regret mais le coeur allègre, que nous quitterons les lieux avec en mémoire les bons mots de cet auteur-interprète qui prône l'esprit rabelaisien lequel constitue comme chacun sait, nos lettres de noblesses à nous, pauvres manants que nous sommes. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

Mariette-L.jpg

( photos : Richard Baltauss )

 

15:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/03/2013

La vie de Galilée de Bertolt Brecht

visuel-Galilée.jpg


Théâtre le Lucernaire

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° N.D.des Champs, Vavin, St-Placide)


Réserv 01 45 44 57 34


Pl. 30 €, T.R. 25, 15 & 10€


Du mardi au samedi à 21h.30

dimanche à 17h.

(relâche le lundi et le 4 avril)


jusqu'au : 28 avril 2013

 

Mise en scène : Christophe Luthringer


avec : Régis Vlachos, Aurélien Gouas, Charlotte Zotto, Philippe Risler, Jean-Christophe Cornier


 

Certains évitent Brecht, le trouvant rébarbatif. Ceux-là devront réviser leur jugement après avoir vu la pièce mise en scène par Christophe Luthringer qui a réussi le tour de force de nous fournir la quintessence d'un texte d'une durée initiale de 4 heures ( ! ) limitant les 43 personnages initiaux à 5 interprètes hyper-actifs, virevoltants et drôles au possible, ce, sans trahison aucune; du reste le seul nom d'Eloi Recoing qui a signé la traduction éditée à l'Arche constitue à lui seul un gage de validité.

L'auteur initial ne saurait se déclarer trahi lui qui a prôné la distanciation au théâtre illustrée ici avec tant de brio. Les anachronismes sont de malicieux clins d'oeil, à ce titre nullement gênants, bien au contraire ! Nous voyons les personnages surgir d'un coffre comme des diables, abolissant ainsi le temps car la préoccupation humaine est toujours la même et si la Science grâce à des hommes tels que Copernic ou Galilée a effectué quelques pas en avant, les questions existentielles et métaphysiques demeurent identiques. C'est effectivement une " synthèse magistrale " à laquelle il nous est donné d'assister. Le tout est ludique, hilarant tout en restant respectueux du message politico-social que Brecht avait voulu. 

Une heure vingt de plaisir intense qui déclenche l'enthousiasme du public lequel de toute évidence ne se ferait pas prier pour revenir tellement ce qui nous est montré ici est jubilatoire. Inutile d'en dire plus, le bonheur est au Lucernaire, vous l'avez compris. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

La vie de Galilée.jpg

 

08:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent