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13/03/2013

La mort de Marguerite Duras d'Eduardo Pavlovsky

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, Rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


réserv. 01 42 33 42 03


manufacturedesabbesses.com


Pl. 24€ - T.R. 13€


DU 3 MARS AU 24 AVRIL 2013


les dimanche, lundi, mardi, mercredi à 21h.


 

Traduction, Françoise Thanas


Mise en scène : Bertrand Marcos


avec Jean-Paul Sermadiras


et la voix off d'Anouk Grinberg



 

Il est arrivé à (presque) tout le monde de mesurer l'étendue de la solitude humaine face à la mort d'un animal. Toutes les questions existentielles se bousculent alors.

Qu'est-ce que la vie ? ... Qu'est-ce que la mort ? ... Stupidité de l'existence pour les non-croyants tandis qu'une lame de fond envahit l'esprit où tous les souvenirs se bousculent en vrac.

Un homme est là, face à un mur sur lequel une mouche agonise et afin qu'elle ne disparaisse pas dans le complet anonymat, l'idée lui viendra de la baptiser : Marguerite Duras. Ironie puissante, désespoir profond, solidarité de ceux qui se résignent à ne pas comprendre ... La démarche devient kafkaïenne tant  " La Métamorphose " s'impose à la mémoire.

La grande silhouette du comédien apparaît en contre-jour. Les lumières mettent de l'or dans ses cheveux désormais argentés, il se tient debout dans son grand pardessus sombre, les mains bandées car cet homme a fait de la boxe un exutoire. 

L'auteur, Eduardo Pavlovsky est psychiatre et à ce titre transforme le personnage en mouche de laboratoire pour le disséquer au scalpel. Aucune complaisance n'est à espérer ! Nous saurons tout, jusqu'à ce flirt hors de saison qui révélera de façon cruelle la décrépitude cachée de l'homme et la perversité ludique de la jeunesse qui constate en s'amusant. Le public rit alors pour cacher sa gêne, c'est sa façon à lui de se protéger de l'impact. Spectateur, si tu vas au théâtre pour te distraire, ce monologue n'est pas fait pour toi. En revanche, ceux qui aiment réfléchir au risque de conclure à l'inanité du passage imposé qui a pour nom  la vie, trouveront ici de quoi illustrer le fameux " cogito ergo sum. "  

Pour ma part, j'ai eu l'impression d'avoir involontairement violé un journal intime ce qui, il est vrai risque d'en exciter certains  ... Et puis si le texte dérange (c'est voulu, bien sûr) le comédien en revanche s'acquitte de sa mission avec brio, faisant preuve d'une présence indéniable et (faut-il le souligner en cette époque d'imprécision ?)  offre à nos oreilles conquises, un beau timbre de voix agrémenté d'une diction précise. C'est déjà ça. Quant à la mise en scène, le moins que l'on puisse dire est qu'elle est minimale et ne risque donc pas de reléguer le texte au second plan. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : LILI )


10:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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