Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/03/2013

Bouvard et Pécuchet d'après Flaubert.


LUCERNAIRE


Centre National d'art et d'essai


53, rue Notre Dame des Champs


75006 PARIS


(M° N.Dame des Champs)


01 45 44 57 34


www.lucernaire.fr



du : 20 février au 26 MAI 2013


du mardi au samedi à 20h.

dimanche à 15h.


 

d'après le roman inachevé de Gustave Flaubert


Adaptation et mise en scène : Vincent Colin


avec Roch-Antoine Albaladéjo et Philippe Blancher

 

Bouvard-Pecuchet-1.jpg


 

Si aimer consiste à regarder ensemble dans la même direction, il y eut entre ces deux là, une recherche aussi inconsciente que misogyne de l'âme soeur ... 

Le hasard a créé la rencontre et la discussion révélera les similitudes. Même profession, même âge, même opinion concernant les femmes qu'ils jugent : " frivoles, acariâtres, têtues mais souvent meilleures que les hommes ... "  

Il y a tant chez les personnages que leurs interprètes : Philippe Blancher ( le grand ) et Roch-Antoine Albaladejo ( le petit ) du Don Quichotte et Sancho Pança, du Laurel et Hardy avant l'heure. L'un et l'autre se complètent merveilleusement et la mise en scène de Vincent Colin est réglée avec une précision de chorégraphe. Qu'ils sont drôles, émouvants aussi, leurs ridicules étant les nôtres, lorsque nous nous lançons dans un projet inatteignable, lorsque nous sautons brusquement du coq à l'âne tant est grand notre besoin d'action pour l'action. Flaubert savait par avance qu'il s'attaquait là à un sujet qui risquait de le dépasser et qui effectivement a eu raison de lui puisque ce roman pour le moins satirique restera inachevé tant le fait de se pencher sur la bêtise humaine débouche sur le vertige lequel sera fatal pour lui.  

L'adaptation scénique commence par l'intervention d'une voix off - à la présence indéniable - au phrasé impeccable, rien d'étonnant puisque nous avons le privilège d'entendre ici Edith Scob. Ensuite, viendra la rencontre entre " les deux cloportes " tel que Flaubert les désignait avec une tendresse teintée d'ambiguïté. 

Nul besoin de remonter aussi loin dans le temps pour trouver des gens qui las de la ville ont voulu s'installer à la campagne avant de comprendre qu'elle n'était pas faite pour eux. Or ici, l'expérience porte beaucoup plus loin puisque nos deux copistes vont curieusement se prendre pour des hommes d'action avec hélas peu de dispositions à le devenir. On admire leur enthousiasme chaque fois qu'ils se lancent dans une entreprise nouvelle qui comme les précédentes est vouée à l'échec. C'est le mythe de Sisyphe nonobstant les nombreux changements de cap,  ( la bonhommie en prime ) et puis illustrer la bêtise avec intelligence constitue un plaisir sans égal. D'autant que, soyons honnêtes, ces deux hommes ne sont pas sots, ils surestiment juste leurs possibilités, nous en connaissons tous de semblables … Contrairement à leurs personnages, les comédiens, eux sont brillants. Par conséquent, à voir d'urgence et en priorité.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

BP-Flaubert.jpg

(photos : Cie Vincent Colin)


15:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.