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30/11/2012

Richard III, simulation magistrale d'un mégalomane. (d'après) W. Shakespeare.

scene-epique_modifié-1.jpgThéâtre 13 / Seine

30, Rue du Chevaleret

75013 PARIS

 

(M° Bibliothèque F. Mitterrand)


Loc. 01 45 88 62 22


Pl. 24€ - T.R. 16€ - 

le 13 du mois, tarif unique : 13€


A 19h.30 : mardi, jeudi, samedi,

A 20h.30 : mercredi, vendredi,

A 15h.30 : dimanche.


 

jusqu'au : 23 DECEMBRE 2012


 

Adaptation et mise en scène : Jérémie Le Louët


avec Julien Buchy ( Clarence, le roi Edouard, la Duchesse) - Anthony Courret (Hastings, un assassin) - Jonathan Frajenberg (Buckingham, un assassin) - Noémie Guedj (Lady Anne) - Jérémie Le Louët (Richard) - David Maison (Rivers, Brackenbury) - Dominique Massat (Elisabeth) - et Stéphane Mercoyrol (Marguerite, Richmond)


 

S'attaquer à une oeuvre de Shakespeare n'a jamais constitué une mince affaire. Loin de tenter de se hisser au niveau de l'ouvrage écrit, la plupart de nos metteurs en scène a tendance à « ramener » la pièce à son propre niveau.

La distribution est énorme ? Qu'à cela ne tienne, on taille dans le texte tout en supprimant des personnages. Jérémie Le Louet n'a pas fait exception aux moeurs actuelles. Les costumes, trop riches si l'on respecte la vérité historique, seront dans la foulée remplacés par des costumes contemporains. Que le verbe ne s'accorde plus à l'époque constitue, si je comprends bien, un détail négligeable puisque les anachronismes viendront pimenter le tout. (un micro par exemple ?) Pardonnez ma ringardise mais quand je vois ce genre d'accessoire traînant sur un texte d'époque, j'ai envie de hurler !

Il faudrait être le dernier des béotiens pour ignorer que le théâtre shakespearien fut tout d'abord joué par des hommes mais le recours à deux travestis est une facétie dont on eut pu aisément se passer ; or Michel Fau a fait école et ce clin d'oeil lui est d'évidence destiné. Comme vous pourrez le constater, ce Richard III n'est pas laid et sa claudication plus voulue qu'effective. J'avoue que le physique de Jérémie le Louët m’incline à le voir davantage chez Federico Garcia Lorca plutôt qu'égaré en direction de ce personnage que Denis Lavant avait si totalement investi. D'aucuns m'objecteront que cette « lecture » peut se justifier à l’égard des scolaires qui du reste étaient nombreux dans la salle. Mais étudie-t-on vraiment la littérature en version expurgée ? Chacun sait que le grand Will excellait à faire passer ses spectateurs du rire aux larmes or ici, le ridicule le dispute souvent au tragique grandiloquent, caricature de ce vieil Odéon dont plus personne ne se souvient depuis belle lurette ! ... 

A côté de cela, il convient de saluer la beauté des lumières et de ce décor hors du temps. Un plus grand investissement en direction du travail sur le texte qui reste somme toute et ne l'oublions pas le fondement de l'action eut donc été préférable et souhaitable. Que la représentation durât deux heures  " sans entracte " était prudent  car et en dépit de tous mes principes, j'eusse risqué de prendre la tangente avant la fin. Grand Will, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font ... 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

néon.jpg

(photos : Jean-Louis Fernandez)


 

10:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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