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12/11/2012

Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce

Lagarce-2.jpg


THEATRE de l'ETOILE du NORD

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS


(M° Guy Môquet)


loc. 01 42 26 47 47


Pl. 14€ - T.R. 10€ -

- de 30ans : 8€


 

A 21h. du mardi au samedi.


jusqu'au : 1er décembre 2012


Mise en scène : Serge Lipszyc


avec Cédric Appietto (Louis) - Marie-Ange Geronimi (la mère) - Nathanaël Maïni (Antoine) - Marie Murcia (Catherine) - Chani Sabaty (Suzanne) 


 

En son temps, Gide a résumé ce genre de situation en une seule phrase ...

Contrairement à son prédécesseur, Louis ne hait pas sa famille sinon pourquoi serait-il revenu ?  Il est et se sent différent d'eux, c'est tout. Cette différence faisait de lui tant qu'il était là " un vilain petit canard " mais en fait, pour exister, l'albatros a dû prendre son envol. Le voilà qui revient se poser avant l'ultime départ, celui qui mène vers un pays d'où l'on ne revient pas.

Voilà dix ans qu'il est parti, se contentant d'envoyer de loin en loin quelques cartes postales afin que le lien ne soit pas tout à fait rompu. Et il est là, à nouveau parmi ceux qui sont supposés être les siens : sa mère, sa soeur Suzanne, Antoine son frère et Catherine, sa belle-soeur. Les reproches directs ou indirects fusent de toutes parts. Il est venu pour parler et chacun se raconte sans s'inquiéter plus que cela de ce qu'il a fait de son côté, durant tout ce temps. 

Une sourde incompréhension toujours au bord de l'explosion couve entre les deux frères par trop différents. Antoine, lui est " normal " et ne s'est pas dérobé à ses obligations, il n'a pas fui, est resté un bon fils est un bon époux sachant faire face aux responsabilités alors que Louis ... Nous sommes très loin ici de l'accueil fait au fils prodigue dans la Bible ! L'atmosphère est pesante et les mots prononcés sonnent faux les trois quarts du temps. 

Quelques timides échanges entre Suzanne et Louis tourneront court et la mère prendra la parole, évoquant l'époque où l'on allait se promener tous ensemble le dimanche. C'est tellement ennuyeux tout ça que Catherine va finir par s'endormir.

Cette pièce n'est pas facile à jouer et le ton qui convient, difficile à trouver mais peut-être est-ce parce que nous avons tous connu quelqu'un qui ressemblait à Louis comme un frère jumeau, lequel avait envie de hurler et gardait le silence ?

Nous feignions alors de ne pas comprendre afin de ne pas mettre un nom sur le drame qui se déroulait sous nos yeux. Par le témoignage qu'elle véhicule, cette pièce est incontournable à qui veut regarder enfin la réalité en face.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(Photos : Eric Cucchi)


11:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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