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06/11/2012

L'importance d'être Wilde de Philippe Honoré.

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Théâtre du Lucernaire

53, rue Notre-Dame-des-Champs

75006 PARIS


(M° N.Dame des Champs)


Réserv. 01 42 22 26 50


Places : 30/ 15/ 10 €

 

Du mardi au samedi à 20h.


dimanche à 17h et à partir du 25.XI à 15 heures.


 

Création d'après l'oeuvre et la vie d'Oscar Wilde


Mise en scène : Philippe Person


avec : Anne Priol, Emmanuel Barroyer, Pascal Thoreau.


 

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Le titre choisi en fonction de sa référence-clin d'oeil, illustre bien la constance de Wilde vis à vis de son combat pour la liberté. Ce dandy voulait faire de sa vie une oeuvre d'art. C'était bien sûr, compter sans les autres et il paya très cher sa fidélité à ses convictions. Apparemment léger, son acuité était redoutable et la lecture de ses aphorismes le prouve. D'une violence feutrée, sublimée par l'esprit, et en beaucoup plus élégant certes, ce Truman Capote avant l'heure * (sans jeu de mots) ne pouvait qu'être victime d'une société dont il dénonçait le caractère petit-bourgeois-étriqué. ( pléonasme ) -

Par sa distinction et son originalité, un tel homme nous fait cruellement défaut à l'heure actuelle où tout le monde ou presque se ressemble, où la liberté de paroles sinon de moeurs, joue les peaux de chagrin. Nous nous rapprochons chaque jour un peu plus de cette société victorienne, vaguement pudibonde, résolument hypocrite, éternellement dominatrice, néo-colonialiste et surtout amoureuse de l'argent !

C'est sans doute la raison pour laquelle Philippe Honoré a voulu donner un caractère intemporel à ce spectacle, ce que confirment les musiques. 

Cet agréable divertissement est construit à la manière d'un patchwork, composé d'une sélection des célèbres aphorismes, bien sûr mais également d'extraits de pièces, de contes ou bien de minutes du procès, lequel fit de cet être adulé un paria. 

Surtout pas " chochotte " car il fallait du courage pour faire ce qu'il fit : s'opposer à une société entière en revendiquant haut et fort ce que d'autres par prudence, cachaient. Or comme on le constate, le risque était grand sous le règne de Victoria.

Ici nous avons deux Wilde, incarnés successivement par Emmanuel Barrouyer et Pascal Thoreau symbolisant de façon non catégorique les deux faces de Janus. 

Entre eux deux, une femme (Anne Priol) tout à la fois spectatrice, commentatrice et approche humoristique de la grande Sarah lorsqu'elle joua Salommé.

Cette réalisation est conçue comme un parti-pris, disons une vision à la fois distanciée et ludique de ce que fut Wilde, sa vie, son oeuvre ... survolée bien sûr.  J'ignore si le poète aurait été d'accord avec ce qui nous est montré mais comme il disait lui-même, " personne n'est assez riche pour racheter son passé. "

Selon la connaissance préalable que l'on avait ou pas des écrits de Wilde, les spectateurs sortiront du lieu ravis, peut-être un peu déroutés, d'autres un tantinet frustrés. Que les uns et les autres se rassurent, l'oeuvre de l'auteur en question les attend à la sortie, le Lucernaire fournissant à ses visiteurs un large choix d'ouvrages portant sur le théâtre en général et sur les pièces jouées dans le lieu, en particulier.

 

* Wilde est mort à 46 ans ... 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com  

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15:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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