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28/09/2012

Volpone ou le renard de Ben Jonson

visuel-Volpone.jpgTHEATRE de la MADELEINE

19, rue de Surène

75008 PARIS


(M° Madeleine)


loc. 01 42 65 07 09


www.theatremadeleine.com


Pl. 54€, 44€, 34€, 17€


 

A 20h.30 du mardi au samedi

Matinées samedi & dimanche à 17h.


 

Adaptation: Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu


Mise en scène : Nicolas Briançon.


 

Volpone-Mosca.jpg

avec : Roland Bertin, Nicolas Briançon, Anne Charrier, Philippe Laudenbach, Grégoire Bonnet, Pascal Elso, Barbara Probst, Matthias van Khache, Yves Gasc.



 

Chaque adaptation est résolument conditionnée par l'époque à laquelle elle fut écrite. La sinistrose actuelle a de ce fait donné le ton aux soins conjugués de Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu. Leur Volpone se situe sous le double signe du profit et de l'absence de scrupules. Aucune trahison puisque Ben Jonson disait déjà cela à l'époque mais peut-être avec un peu plus de brio et de légèreté ? 

Nous enregistrons d'emblée la noirceur du décor. En fait, le maître des lieux vit couché dans une salle des coffres dont il est l'unique propriétaire,  au dessus de laquelle planent les oiseaux de proie. On ne vante plus depuis longtemps le talent de Roland Bertin qui est ici un opulent Volpone malicieux au possible face à un Mosca (Nicolas Briançon) à la rigueur quasi presbytérienne. Etrange vision du personnage lequel risque d'en déranger certains ... 

Cette demeure est l'aimant de toutes les convoitises et les visiteurs ne savent que faire pour être agréable à leur hôte en lui offrant des cadeaux dans l'espoir d'un retour imminent. Car messire Volpone feint d'être à l'agonie afin de mieux duper son monde et ce, avec la complicité de Mosca, bien entendu. Mais " rira bien qui rira le dernier." Ben Jonson étant le contemporain et le rival de Shakespeare on pense au Marchand de Venise et la scène du procès vient conforter cette impression,Timon d'Athènes nous vient également à l'esprit. Ce dernier trop généreux paya sa prodigalité très cher tandis que la féroce cupidité de Volpone en fera la proie de plus canaille que lui. 

Assez subtilement des allusions sont faites à des événements actuels et le spectateur qui les capte au vol s'amuse du rapprochement. 

Tous les vices (éternels) sont ici représentés, avarice, convoitise, lubricité,  mari dévoyé qui offre son épouse pour servir ses intérêts ... ainsi va le monde et ce n'est pas près de changer si l'on se réfère à ce noir constat. 

Une mention spéciale pour Anne Charrier, comédienne de talent, ici dame de petite vertu mais de haute volée qui vient par son élégance, sa joie de vivre et sa fantaisie égayer un peu l'atmosphère chaque fois qu'elle paraît.  

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(Photos : Bernard RICHEBE)


10:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/09/2012

A peine un souffle de Anne Kellen

Aff.apeineunsouffle.jpgTHEATRE de la HUCHETTE

23, Rue de la Huchette

75005 PARIS


(M° St-Michel)


loc. 01 43 26 38 99


www.theatre-huchette.com


Pl. 25€, -25ans : 16€ -

 

 

Texte et mise en scène : Anne KELLEN


avec : Christophe ALLWRIGHT (L'autre)


 

Ceux qui aiment se poser des questions à l'écoute d'un texte, vont être servis. Noirceur énigmatique de l'affiche un tantinet dissuasive, explication différée, voire pari impossible. Qui est cet homme ligoté sur une chaise avec les yeux bandés, hurlant son désarroi ? Il se présentera lui-même avec abondance de détails et pourtant nous n'en saurons guère plus.

Où est-il ? ... Fût-il réellement kidnappé ? Serait-ce au contraire un petit jeu sado-maso auquel nous assistons ? Le mystère pour beaucoup restera entier.

Le personnage qui s'égosille sous nos yeux fait partie de la caste des gens aisés, des laborieux aussi (il précisera être sous pression 15 heures par jour.)

Une poignée de références nous vient alors à l'esprit en passant par la fâcheuse expérience du baron Empain, sans oublier les quelques films vus, romancés ceux-là qui traitaient de kidnapping à intention plus ou moins érotique.

Une voix off vient s'inviter et ce ne sera pas celle d'une femme comme on pouvait s'y attendre mais au contraire un beau timbre mâle et bien entendu mystérieux. A moins que ? ... Serait-ce la voix de Dieu autrement dit celle de sa conscience ?

Arrivée à ce stade de suppositions, j'ai envie de dire : " à vous de choisir " ...

Christophe Allwright réalise là une performance, c'est indéniable or certains risquent cependant de trouver l'épreuve insupportable. Le comédien étant seul en scène, un respect élémentaire nous conseillera de rester jusqu'au bout mais quelle épreuve ! Tant pour lui que pour nous. Ce moderne Prométhée excite pourtant notre curiosité ... alors quoi ? Métaphore allégorique de kidnapping d'une société tout entière ? Dénonciation d'un aveuglement coupable ? Secrète admiration invalidante ( ô combien ! ) de ceux qui en dépit du contexte parviennent à s'en sortir parce qu'ils foncent sans scrupules, les yeux fixés sur le but à atteindre ? ... 

Une seule évidence, mieux vaut ne pas s'en tenir à une lecture faite au premier degré mais allons nous au théâtre pour nous poser les mêmes questions que dans la vie ? Ce lieu ne serait-il plus destiné à nous changer les idées ? Il est permis de s'interroger. D'autant que lorsque nous sommes rivés à notre ordinateur qui nous ligote de façon virtuelle mais efficace, ne ressemblons nous pas à celui-là ? C'est peut-être la question qui dérange le plus et avouons le, nous aussi nous étions ligotés à ce texte ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

seuletligote.jpg

(photo LOT)


16:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Reprise de : " Aimez-vous la nuit ? " de Julien Séchaud


Théâtre : LE GUICHET-MONTPARNASSE


15, rue du Maine 75014 PARIS



(M° Montparnasse-Bienvenue - Edgar Quinet - Gaité)


 

Réserv. 01 43 27 88 61


 

 

 

" Emotion garantie avec cette jolie pièce qui traite de la vie, de la mort, de l'avant, de l'après ... Une situation étonnante et troublante pour un sujet fort avec des répliques justes et authentiques, souvent drôles, parfois décalées, toujours percutantes. En bref, une lueur d'espoir sur le comportement humain et le don de soi avec cette pièce faite de tendresse, d'amour et de poésie. " 



chaque dimanche à 15h.30 jusqu'au : 16 DECEMBRE 2012


(relâches les 28/10 et 04/11)



Dans Archives, voir chronique du : 26.01.2011

13:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/09/2012

Les 7 jours de Simon Labrosse de Carole Fréchette

visuel-Simon-L.jpgThéâtre de Belle Ville

94, rue du faubourg du Temple

75011 PARIS


(M° Goncourt ou Belleville)


Loc. 01 48 06 72 34


Pl. 25€, T.R. 15€ & - 26 ans : 10€


Du mercredi au samedi à 21h.

Matinée le dimanche à 17h.


jusqu'au : 11 NOVEMBRE 2012


 

Mise en scène : Claude Viala.


Musique originale : Sanséverino


 

avec Eve Rouvière, Hervé Laudière, Cédric Revollon.

Simon.jpg

 

Un chômeur ... ce n'est hélas, pas une espèce en voie de disparition.

Simon Labrosse est jeune et sans emploi comme beaucoup à l'heure actuelle.

Or Simon n'a rien d'un perdant, du reste le sourire qu'il arbore prouve qu'en dépit des épreuves il s'exerce à conserver le moral. Il faut donc trouver une solution ou du moins essayer. Pour cela, il convient d'aller à la rencontre des autres, au risque de rebuffades. Et puis il n'est pas complètement seul puisque nous le découvrons flanqué de deux partenaires Nathalie et Léo. Ce sont en quelque sorte les trois mousquetaires, version moderne et cette fois le nombre est respecté. 

Quand il n'y a plus de travail, il reste à inventer de nouvelles fonctions, c'est donc ce qu'il va faire et pour si farfelues qu'elles soient, force est de reconnaître leur utilité. Où le bât blesse, c'est qu'elles ont quelque peu tendance à rester ancrées dans le bénévolat car au moment de passer à la caisse ... et bien, il n'y a plus personne. Sale époque ! 

Carole Fréchette n'est pas un chantre de la désespérance et si elle frappe fort et juste c'est dans le but de nous émouvoir tout en nous mettant en face de la réalité. On nous dit que le monde s'est réalisé en 7 jours (repos dominical inclus) alors pourquoi ne pas essayer de rebondir sur une même durée ?  C'est une gageure et puis si ça ne marche pas du premier coup, il ne suffira que de recommencer. Hymne à l'optimisme par conséquent et pour cela on n'a encore rien trouvé de mieux que la musique. Un orchestre de fortune sera donc bricolé. 

Quand Léo s'exprime avec les mots, son âme de poète donne raison à tous ceux qui disent que la poésie est mortifère. En revanche quand il tape sur une batterie, l'espoir revient. Les préoccupations de Nathalie sont certes un peu nombrilistes mais à chacun sa façon de s'en sortir. Quant à Simon si parfois (forcément) il baisse les bras, c'est de courte durée et pour mieux rebondir donc rien n'est perdu.

Aller se réjouir du malheur des autres (ces trois là) est le conseil pas si paradoxal que ça que je vais vous donner et puis ce sera sans risques de remords puisque ce sont eux-mêmes qui nous y convient.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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(Photos : Corinne Marianne Pontoir)


 

14:54 Publié dans THEATRE | Lien permanent