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23/03/2012

Nord-Est de Torsten Buchsteiner

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LUCERNAIRE

53, rue N.Dame des Champs

75006 PARIS


(M° Vavin ou N.D.des Champs)


loc. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

Pl. 10 à 30 €


du mardi au samedi à 21h.30

 

jusqu'au 22 avril 2012

 

Traduction: Pascal Paul-Harang

(l'Arche, Editeur)


Mise en scène : Andréas Westphalen


avec Julie Dumas, Leila Guérémy et Béatrice Michel


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Le terrorisme est hélas, un thème d'actualité ! 

Or la caractéristique de cette action est que ceux qui s'y livrent nomment cela résistance. Nous le savions depuis toujours et ici, plus particulièrement depuis les années quarante. Là, il s'agit du problème tchéchène ... nous avons tous en mémoire les faits qui se déroulèrent à Moscou, fin octobre 2002 et la sanglante répression qui s'ensuivit. 

Trois femmes vont tour à tour se raconter, relater ce qui s'est passé, expliquer les raisons de leur présence en ce lieu. Afin de s'opposer au terrorisme d'Etat dont la Tchéchénie a été victime de la part des russes, un commando féminin a pris pour nom " les veuves noires " dénomination explicite, ô combien ! 

L'objectif ? ... Investir un théâtre, prendre les spectateurs en otages, la revendication étant que cesse cette guerre qui les opprime.

Le climat est âpre, bien entendu, les personnages déterminés. 

Nous allons alors découvrir Zura (Leila Guérémy) la plus impliquée de toutes, celle que rien n'arrêtera en fonction de ce qu'elle a vécu déjà et du lourd tribut qu'elle a payé. 

Tamara (Julie Dumas) infirmière lettone, qui ne ménagera pas sa peine pour venir en aide à ces spectateurs pris en otage, privés de tout, de nourriture, de boisson et d'hygiène puisque la fosse d'orchestre va peu à peu se transformer au fil des heures et même des jours en fosse d'aisance. Mais il s'agit de tenir bon ! 

Et puis Olga (Béatrice Michel) cette mère de famille qui a économisé l'argent pour venir avec son époux et sa fille, afin d'assister à une représentation qui s'annonçait joyeuse, une comédie musicale et son habituelle happy end.

Or l'effroyable réalité va s'imposer à chacune et tous les autres que nous ne verrons jamais mais qui seront évoqués.

L'auteur (Torsten Buchsteiner dont c'est la cinquième pièce) a privilégié le mode du récit sous forme de trois monologues. Il est vrai que mettre en scène ce qui s'est passé en réalité eut relevé de la mission impossible !  Aucun manichéisme ne se manifestera, chaque personnage s'exprimant librement et résumant la situation par le biais de son vécu.

Seule petite critique, le désir de réalisme, l'absence de théâtralité ne doivent pas pour autant exclure une diction parfaite ce qui n'est pas toujours le cas. Je ne citerai personne, l'amélioration étant toujours possible.

Enfin, si le thème peut paraître rébarbatif à certains, sachez que ceux qui choisiront de venir pourraient difficilement le regretter puisqu' ils repartiront avec la tête pleine de réflexions et le théâtre (selon moi) doit servir à cela également, pas seulement à une distraction légère ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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15:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/03/2012

Faire danser les alligators sur la flûte de Pan - d'Emile Brami -

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Théâtre de l'Epée de Bois

Route du Champ de Manoeuvre

(Cartoucherie de Vincennes)

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes puis navette gratuite)


Loc. 01 48 08 39 74


du mardi au samedi à 21h.

Dimanche à 16h.


jusqu'au : 15 AVRIL 2012


d'après la correspondance de Louis-Ferdinand-Céline

avec l'autorisation des Editions Gallimard.


Mise en scène : Ivan Morane


avec Denis Lavant.


 

Je vais vous faire un aveu : depuis longtemps, je souhaitais voir Denis Lavant s'emparer du personnage de Louis-Ferdinand Céline. J'ai même dû l'écrire quelque part ... et bien, les dieux m'ont entendue et exaucée car il est là, ressuscité en quelque sorte, cet incroyable Dr Destouches et l'incarnation est hallucinante ! 

Pour la circonstance, Denis l'échevelé est même allé jusqu'à se raser le crâne. 

Je n'avais encore jamais vu Céline sans cheveux mais cela lui est sans doute arrivé. Moins fréquentes sont les visites chez le coiffeur et plus la coupe est courte, c'est bien connu or l'homme ne devait pas fréquenter souvent cette corporation lui qui à la fin de sa vie, retenait ses pantalons par une ficelle nouée autour de la taille. Cet anti-dandy avait bien mieux à faire ! 

Capharnaüm des lieux d'écriture ... les feuillets de son manuscrit sont suspendus à une corde à linge, à la façon de ces photos que l'on développaient soi-même à l'époque. Symbole de l'écriture prise sur le vif !  Et pourtant, l'auteur se décrira comme un galérien capable de rédiger 80.000 pages pour n'en conserver que 500. Sans nul doute, c'est cela le secret du mot qui fait mouche, de la pointe acérée qui se fiche en plein coeur de la cible. Oh ! certes, le verbe est outrancier car l'ennemi déclaré est cette vieille littérature bourgeoise qui cisèle des phrases déjà mortes avant d'être lues, sort réservé à l'académisme. Céline lui, impose le langage parlé mais avec quelle force et quel rythme ! 

" De la musique avant toute chose " disait Verlaine et c'est bien la seule leçon que notre impénitent anar' ait accepté de retenir. Tous ses confrères contemporains basculeront sous la guillotine de son jugement tandis que le couperet s'active, tel un hachoir.

" Quelle vanité, quelle stupidité ignoble ... écrire ! " s'exclamera t-il, lui qui prétend ne s'être livré à cette activité que dans la perspective de l'argent que sa notoriété lui procurerait. 

Le jeu de Denis Lavant va l'amble avec le texte. Nous sommes scotchés au moindre de ses gestes, à la plus subtile intonation, persuadés que nous assistons là, à un grand moment comme il en est peu. 

Un immense bravo et ... merci ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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22:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/03/2012

Peggy Guggenheim, femme face à son miroir de Lanie Robertson.

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PETIT MONTPARNASSE


31, rue de la Gaité

75O14 PARIS

(M° Gaité ou Edgar Quinet)


loc. 01 41 22 77 74


Pl. 30€ & 18€

Moins de 26 ans : 10€


du mardi au samedi à 19h. 

dimanche à 15h.


 

Adaptation : Michael STAMPE


Mise en scène et scénographie : Christophe LIDON


avec : Stéphanie BATAILLE;

 

On aime ou pas le personnage de Peggy Guggenheim mais si une chose est certaine, c'est que la comédienne est formidable ! Pas un seul temps mort durant ce monologue qu'elle investit au moyen d'une présence indéniable. 

Destin d'une héritière dont le père a disparu lors du naufrage du Titanic et qui a utilisé sa fortune à faire connaître des artistes dont - peut-être, sans elle - personne ne parlerait encore. Certes, ses goûts peuvent ne pas être partagés par tous, éternelle querelle entre les Classiques et les Modernes et Peggy n'était délibérément attirée que par ces derniers. 

En dépit du mauvais goût exposé par la présence de ces robes toutes signées certes mais au clinquant dérisoire, il faut reconnaître que les noms évoqués symbolisent tous l'expression d'un vingt et unième siècle triomphant. 

Où commence l'Art et où finit le commerce,(?) il est certes permis de se poser la question mais c'est tout de même grâce à elle que le grand Musée de la Cité des Doges fut créé. Cette collectionneuse impénitente fut à sa façon une résistante puisqu'elle permit que bon nombre d'oeuvres qualifiées par Hitler d'art décadent puisse échapper à la destruction pure et simple. Ensuite, et  au delà des noms désormais célèbres ce n'est plus qu'une question de choix personnel.

Grâce à cette femme (on peut s'en féliciter ou le déplorer) l'Art pictural moderne a pris une nouvelle direction. Cubisme, Surréalisme, Dadaïsme, Art Abstrait tous ces modes d'expression méprisés par certains lui doivent beaucoup.

Sa vie privée fit scandale car elle ne faisait jamais rien à moitié et puisqu'elle défrayait la chronique prononcer son nom avait  pour conséquence de poser un projecteur sur tous ceux auxquels elle s'intéressait. Humour et culture se conjuguent ici allègrement, deux raisons d'aller voir ce spectacle.


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : LOT )

15:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/03/2012

Vol au dessus d'un nid de coucou

THEATRE 13 / Jardin

103A boulevard Auguste Blanqui

75013 PARIS


(M° Glacière)


Loc. 01 45 88 62 22


Pl. 24€ - T.R. 16€

le 13 de chaque mois, tarif unique : 13€


mardi, jeudi et samedi à 19h.30

mercredi, vendredi à 20h.30

dimanche à 15h.30


jusqu'au : 15 Avril 2012

 

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Electrochoc d'humanité de Dale Wasserman

d'après le roman de Ken Kesey




Mise en scène : Stéphane Daurat.



avec Patrick d'Assumçao, Olivier Baucheron, Stéphane Daurat, Olivier Deville, Pierre Giraud ou Hervé Jouval, Catherine Hauseux, Sandra Honoré ou Gwenaël Ravaux, Thierry Jahn ou Jérôme Ragon, Audrey Langle, Richard Leroussel et Arnaud Perrel.


 

Le projet était ambitieux car si la pièce est relativement peu connue, en revanche le film de Milos Forman (après le livre), a marqué les esprits et quatre décennies ou presque ne sont pas parvenues à effacer son impact.

En outre la distribution est nombreuse ce qui constituait une difficulté supplémentaire. Il fallait donc tout l'enthousiasme d'une jeune compagnie pour se lancer dans une telle aventure ! 

Bien sûr, le message se décrypte à plusieurs niveaux car rien ne ressemble plus à la société que ces lieux où l'on enferme les gens qu'il s'agisse de prison ou d'asile psychiatrique. Nous verrons comment un homme seul (Mc Murphy) peut alors déstabiliser l'administration.

C'est le chef indien qui ici joue le fil conducteur en de ponctuels monologues en s'adressant à son père tandis que tout le monde le croit sourd et muet. Nous découvrirons ainsi les moeurs de l'établissement qui loin de libérer ceux qui sont considérés comme des malades, les aliène un peu plus tout en permettant à ceux qui sont à l'extérieur d'être rassurés.

Comme le thème pourrait paraître à certains angoissant, le metteur en scène Stéphane Daurat a souligné certains aspects ludiques de la situation et c'est peut-être là que nous rechignons à le suivre, notamment quant aux conséquences de la distribution quotidienne de médicaments dont les effets semblent ici assez légers voire inexistants. Les conséquences de ces camisoles chimiques ne sont plus un secret pour personne et ont tendance à laisser des traces bien plus lourdes qu'ici.

Mais nous sommes au théâtre bien sûr et le message qui doit passer tout en dénonçant les excès du pouvoir reste malgré tout l'espérance.

N'importe, en sortant j'ai eu comme le regret de ne pas avoir été dérangée plus que cela. Que voulez-vous, les spectateurs sont masochistes parfois, ce qui me permet de rassurer ceux que le thème aurait peut-être tenus éloignés d'autant que le résultat général est plus qu'honorable ! 


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : BM Palazon )

 

 

14:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent